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Accueil > Netsources > Bloc-notes de Jean-Michel Salaün : http://blogues.ebsi.umontreal.ca

Netsources, Numéro de Septembre-Octobre 2008 - n°76


Bloc-notes de Jean-Michel Salaün : http://blogues.ebsi.umontreal.ca

Directeur de l'Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) à Montréal, Jean-Michel Salaün anime également un “bloc-notes” qui a pour sous-titre “Repérage de données sur l'économie des documents dans un environnement numérique”.(...)

Auteur : Béatrice Foenix-Riou

 
Dans un billet publié le 31 juillet et intitulé “Livre et journal : danseuse et entraîneuse de Google”, il revient sur l’accord que la Bibliothèque municipale de Lyon a signé avec Google, pour la numérisation de son fonds patrimonial (voir Netsources n°75).
   
Le point de départ de son analyse est en fait la réaction (négative) à cette annonce de Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparée à l'Université de Montréal et vice-président de la Fédération des sciences humaines du Canada, qui s’est exprimé à ce sujet sur la liste Biblio-fr.
   
Pour Jean-Claude Guédon, “la numérisation à la Google est un piège.* (...) Ce que Google recherche actuellement, c'est un monopole sur la capacité d'appliquer toute forme d'algorithmique à la documentation numérique mondiale. En bref, Google veut devenir le système d'exploitation de la documentation numérique et pourra ainsi contrôler toutes les opérations de récupération, identification, analyses sémantiques, etc. que l'on peut effectuer ou imaginer dans le monde numérique.”**
   
Jean-Michel Salaün n’est pas d’accord avec cette analyse. Pour lui, Google est une “organisation apprenante, c'est à dire qu'elle tire rapidement les leçons des ruptures qu'elle provoque par sa capacité d'innovation, leçons dont les conséquences sont parfois divergentes.” Deux exemples étaient ses dires : celui du livre et celui de la presse.
   
Le programme de numérisation de Google a ainsi très vite rencontré diverses difficultés, tant d’ordre juridique (face aux réactions d’éditeurs et d’auteurs), technique (difficultés d’une numérisation de qualité), que bibliographique (pour le repérage des éditions). A l’heure actuelle, ces difficultés ne sont pas résolues et l’on peut donc s’interroger sur les motivations de Google dans le domaine du livre.
   
Pour J.M. Salaün, il est peu probable que la motivation de Google soit d’attaquer le marché du livre (numérique ou papier), d’autant qu’Amazon y occupe une position dominante. Il pense plutôt que “le livre est devenu, bon gré mal gré, une danseuse pour Google. (...) Il en tire prestige grâce à l'aura toujours forte de l'ordre du livre, se fait quelques alliés prestigieux dans l'intelligentsia et du côté des bibliothécaires, quelques ennemis aussi, mais l'important est qu'on associe son nom à la culture.

Et il reste que, bien entendu malgré ses défauts, il s'agit d'un service supplémentaire accessible par son moteur, parfois très utile.”

   
Les relations de Google et de la presse en revanche sont d’un tout autre ordre. Si certains titres et associations ont attaqué Google News, un consensus s’est globalement installé, car le service génère la plus grosse partie du trafic vers les sites de presse.
   
Et si Google News ne procure pas à Google de revenus directs – puisqu’il ne contient pas de publicités –, il est source de revenus indirects très importants, car il oriente ses lecteurs vers Google Web et ses liens commerciaux.
   
Marissa Mayer, vice-president of search products and user experience de Google, a ainsi déclaré lors d’une conférence Fortune’s Brainstorm Tech que Google News rapportait ... environ 100 millions de dollars par an de revenus indirects*** !
   
Cette rentabilité du service – d’autant plus grande qu’elle utilise la classification établie par les journaux et ne demande in fine qu’une maintenance légère – fait dire à Jean-Michel Salaün que “la presse est une des entraîneuses de Google”.
   
Riche de nombreux liens et citations, ce billet apporte un éclairage intéressant sur le sujet délicat et controversé qu’est Google Books. D’autant qu’outre les avis contraires et argumentés des deux experts, il contient  – c’est là l’un des atouts des blogs – des mises et à jour et commentaires tout aussi intéressants.
   
Pour notre part, on aurait envie d’ajouter en guise de “commentaire” que le livre est peut-être, comme le dit Jean-Michel Salaün, “la danseuse” de Google, mais il ne faudrait pas pour autant croire que cette initiative est purement philanthropique...

Les liens commerciaux ont fait leur apparition sur le service (tant dans les pages de résultats que sur la description des ouvrages) et l’on peut penser que les liens permettant d’acheter le livre ne sont pas là “gratuitement”...
   
http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2008/07/31/506-livre-et-journal-danseuse-et-entraineuse-de-google
   
* Jean-Claude Guédon fait ici référence aux termes du contrat qui lie Google et les bibliothèques participant à Google Books : la numérisation est effectuée gratuitement par Google, qui remet à chaque bibliothèque une copie des ouvrages numérisés. Ces copies peuvent être mises en ligne sur le site des bibliothèques, mais doivent rester inaccessibles à toute autre indexation externe ; seul Google peut donc agréger l’ensemble des données. ndlr
   
** http://listes.cru.fr/sympa/arc/biblio-fr/ 2008-07/msg00140.html
   
*** http://bigtech.blogs.fortune.cnn.com/2008/07/22/whats-google-news-worth-100-million/



 

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