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Netsources, Numéro de Septembre-Octobre 2007 - n°70 Quelques pistes pour identifier des chercheursLe verbe “to google” a fait l’an passé son entrée dans plusieurs dictionnaires – notamment l’Oxford English Dictionary et le Merriam-Webster – et signifie “rechercher des informations sur quelqu’un ou quelque chose en interrogeant Google”.
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Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
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Pour éviter les résultats non pertinents, on pensera à saisir le
nom et le prénom “entre guillemets” et à combiner l’ordre “nom prénom” OR “prénom nom”,
voire à compléter la requête par OR “nom initiale du prénom” OR
“initiale du prénom nom”.
Mais les choses se compliquent si l’on souhaite, non plus se renseigner sur une personne, mais identifier plusieurs personnes dans un domaine. Nous l’illustrerons à travers le traitement de la question “comment identifier des chercheurs dans le domaine des astroparticules, en France”. On insistera sur le fait que l’objectif de cet article est de montrer quelques pistes de recherche, notamment via l’utilisation de syntaxes spécifiques et l’identification de sources spécialisées. Il n’est en aucun cas question d’identifier tous les chercheurs travaillant sur ce thème, ni de repérer les plus compétents. Pour ce faire, il serait bien plus efficace d’interroger les grandes bases de littérature scientifique sur des serveurs comme STN International ou Dialog et de tirer parti de leurs diverses possibilités de classement (par auteur, selon le nombre d’articles écrits, selon le nombre de citations(1)...). Il va sans dire que si l’on souhaite obtenir une liste de chercheurs travaillant dans le domaine des astroparticules(2), il faudra utiliser une autre stratégie que la simple requête chercheurs astroparticules dans Google – même si cette dernière permet d’identifier, au fil des résultats, quelques pages citant le nom de certains chercheurs dans ce domaine... Il convient ici de prendre du recul et de se demander quels types de sources seront les mieux à même de répondre à une telle question. Plusieurs peuvent en fait se révéler pertinents, parmi lesquels : - les sites des organismes institutionnels, qui peuvent contenir la liste de leurs chercheurs ; - les sites universitaires, susceptibles quant à eux d’héberger des laboratoires de recherche spécialisés sur le sujet ; - la presse scientifique, qui devrait permettre d’identifier les chercheurs ayant publié sur ce thème ; - les programmes de conférences enfin, pouvant contenir des noms d’experts du domaine... PREMIERE PISTE : LES ORGANISMES INSTITUTIONNELSParmi les organismes institutionnels susceptibles de travailler dans le domaine des astroparticules, le CNRS est sans doute celui qui vient le plus rapidement à l’esprit. Pour repérer les chercheurs du CNRS qui travaillent sur ce thème, on peut bien sûr interroger Google avec des mots comme chercheur OR chercheurs cnrs astroparticules – on obtient d’ailleurs quelques résultats pertinents –, mais l’on peut aussi tenter sa chance en partant du postulat qu’il existe peut-être un annuaire des chercheurs du CNRS – ou un annuaire des laboratoires –, avec pour chacun le nom des chercheurs. La requête annuaire cnrs laboratoires OR chercheurs affiche en premier résultat : Annuaires Annuaire des laboratoires et des personnels du CNRS ... La recherche se fait par intitulé de l'unité, par noms des chercheurs ou par critères thématiques, ... www2.cnrs.fr/band/4.htm. Cet extrait est issu d’une page présentant différents annuaires du CNRS, dont l’Annuaire des laboratoires, accessible à l’adresse http://web-ast.dsi.cnrs.fr/l3c/owa/ annuaire.recherche. Cet Annuaire des laboratoires du CNRS propose d'accéder “aux unités du CNRS, aux activités de ces unités et au personnel permanent.” Plus de 55 000 chercheurs, enseignants-chercheurs et ITA (ingénieurs, personnel technique, administratifs) y sont référencés. La recherche peut se faire par sections. Six chercheurs sont référencés dans la section Astroparticules, quand 775 sont indexés dans la section Interactions, particules, noyaux du laboratoire au cosmos. La liste des chercheurs indique leur nom et leur prénom, le code de leur unité et leur appartenance (CNRS, CEA, Université...). Un clic sur leur nom affiche en complément leur mail, numéro de téléphone et lien vers la fiche descriptive de leur unité. LA PISTE DES UNIVERSITESLes universités peuvent abriter dans leurs murs des laboratoires, rassemblant un nombre quelquefois important de chercheurs, ingénieurs, doctorants... travaillant sur un domaine très précis. Plusieurs de ces laboratoires donnent accès à la liste de leurs chercheurs, mais leur identification n’est pas toujours très aisée. Certes, une recherche sur Google avec les mots université astroparticules, ou encore université laboratoire astroparticules permet de repérer des laboratoires, mais le bruit est visiblement important et le manque de rigueur de la requête gêne un peu – on notera d’ailleurs qu’à ces deux questions, on obtient pour la première 55 400 résultats, et que ce nombre est porté, après voir ajouté “laboratoire”, à ... 67 200 pages ! Google a une façon bien à lui d’utiliser les opérateurs booléens ! On peut aussi affiner la requête en la limitant aux pages hébergées sur des sites universitaires. Mais cette restriction n’est pas si simple à faire qu’il y paraît. Google dispose en effet d’un opérateur site:, qui peut être utilisé pour limiter la recherche à un nom de domaine particulier, ou à une partie d’un nom de domaine (ex.: statistiques site:gouv.fr pour repérer les pages parlant de statistiques sur les sites gouvernementaux français...). Mais cet opérateur impose d’inscrire au minimum l’extension du nom de domaine. Autrement dit, on peut lancer la recherche avec site:industrie.gouv.fr, avec site:gouv.fr, avec site:fr, mais pas avec site:gouv ou site:industrie. Or, et contrairement aux sites universitaires américains qui disposent d’une extension qui leur est propre (edu), les universités françaises n’ont pas de nom de domaine particulier. Tout au plus peut-on remarquer que la majorité d’entre elles utilisent l'abréviation “univ” dans leur adresse, comme par exemple www.univ-paris1.fr, www.univ-angers.fr, www.univ-nancy2.fr, etc. Si l’opérateur site: ne peut être utilisé pour les raisons que l’on vient de voir, il reste en revanche la solution d’employer l’opérateur inurl:, pour limiter la requête aux URLs des pages, en indiquant ici inurl:univ. La sélection ne sera toutefois ni exhaustive (certaines universités n’emploient pas cette abbréviation, comme l’université Joseph Fournier de Grenoble (www.ujf-grenoble.fr), l’université Paris-Sud11 (www.u-psud.fr), etc.), ni totalement rigoureuse (on pourrait obtenir une URL telle que www.tartempion.com/dossier/univ/...). Dans notre cas, une requête avec astroparticules inurl:univ identifie 91 pages, toutes issues de sites universitaires. - La première présente le laboratoire Astroparticule et cosmologie de l’université Paris 7 (www.apc.univ-paris7.fr/), et offre un accès aux deux versions du site : pour la communauté scientifique et pour le grand public. Le module professionnel contient notamment un annuaire du personnel, recensant une cinquantaine de chercheurs, avec pour chacun leur nom, leurs coordonnés (tél., mail) et leur groupe de recherche (cosmologie et gravitation, neutrinos...). - Le deuxième résultat est la page du Laboratoire de physique théorique & astroparticules de l’université de Montpellier II (www.lpta.univ-montp2.fr/). Une rubrique Personnels propose à la fois : • un organigramme classant les chercheurs selon leurs axes de recherche (astroparticules expérimentales...) et donnant pour chacun leurs coordonnées, la liste de leurs publications et un accès à leur “page perso” ; • un Annuaire du personnel (doctorants, chercheurs, chargés de recherche...), classé par ordre alphabétique, avec pour chacun son nom, sa fonction, son domaine, son numéro de téléphone, et l’accès à d’autres informations complémentaires (publications...). IDENTIFIER DES CHERCHEURS PAR LEURS PUBLICATIONSSi l’identification d’un annuaire des chercheurs s’avère difficile, on peut aussi interroger la presse scientifique, en tentant de repérer les chercheurs à partir des articles qu’ils ont publiés. De nombreux agrégateurs de littérature scientifique et technique existent en effet sur le Web, parmi lesquels on peut citer : - l’un des plus connus, Google Scholar, lancé en novembre 2004 et qui dispose depuis un an d’une interface en français (http://scholar.google.fr, voir Netsources n°63). Le service permet notamment d’identifier les travaux universitaires, puisqu’il indexe des articles revus par des comités de lecture, mais aussi des thèses, des livres, des résumés analytiques, etc. Pour de nombreux documents, les références sont en accès libre, mais le texte intégral est payant ; - lancé en 2001 par Elsevier Science et la société norvégienne Fast, Scirus permet quant à lui de lancer une requête sur plus de 250 millions de pages scientifiques, comportant à la fois des pages web en accès libre et des références bibliographiques et autres documents issus de sources payantes (www.scirus.com, voir Netsources n°36 et 39) ; - beaucoup plus récent, Scitopia.org est un portail vertical réalisé à l’initiative de quinze sociétés savantes et qui indexe plus de trois millions de documents scientifiques (références en accès libre et achat du texte intégral). L’utilisation de ces agrégateurs au contenu fort riche n’est toutefois pas aussi satisfaisante qu’elle pourrait l’être. Dans notre cas en effet, nous tentons d’identifier des chercheurs dans le domaine des astroparticules en France. Or, pour bénéficier d’une plus grande visibilité, les chercheurs publient de préférence leurs travaux dans la littérature scientifique anglophone. Et il va être difficile de repérer, dans cette presse anglophone, les articles rédigés par des chercheurs situés en France. Certains agrégateurs offrent néanmoins des moyens de contourner la difficulté. Scirus.com et Scitopia.org possèdent à ce titre une fonction bien appropriée : depuis leur grille de recherche avancée, on peut en effet limiter la requête au champ Author Affiliation(s) sur Scirus et Affiliation sur Scitopia. Une recherche avec astroparticle OR astroparticles dans le texte des articles et france dans le champ Affiliation, obtient 140 références dans Scirus et 208 dans Scitopia. Depuis la liste des résultats, on identifie alors aisément des auteurs appartenant notamment au Centre de physique théorique de l’Ecole polytechnique, au Laboratoire de physique théorique de l’université de Paris-Sud, au Laboratoire de physique des particules d'Annecy-le-vieux, etc. On notera toutefois que Scitopia est moins rigoureux dans cette requête que Scirus, et l’on trouve parmi ses résultats plusieurs références ne comportant aucun auteur affilié à un organisme français. Ce dysfonctionnement vient sans doute du fait que contrairement à Scirus, qui interroge son propre index, Scitopia fonctionne comme un métamoteur et lance simultanément la requête sur les sites des 15 sociétés savantes partenaires. Or, la recherche par champs peut être conçue différemment d’un site à l’autre et les résultats de certains sites seront alors moins bien filtrés. Quant à Google Scholar, bien que couvrant majoritairement la littérature anglo-saxonne et disposant de critères de recherche moins sophistiqués, il peut aussi se révéler pertinent, et ce pour plusieurs raisons : - il indexe un nombre non négligeable de sources en français, comme par exemple le catalogue de l’Inist (voir Netsources n°63), le site d’archives ouvertes Hal, etc. - il indique pour chaque référence le nombre de fois où l’article a été cité – par les autres articles indexés par Google –, ce qui est un bon indicateur de la “valeur” de l’article ; - il indique, sur la gauche de la page de résultats, les cinq auteurs les plus cités ; - il permet de restreindre la recherche aux pages en français (la requête “astroparticule OR astroparticules” obtient en effet 685 résultats lorsqu’elle est lancée “sur le Web” et 254 lorsqu’elle est limitée aux “pages en français” – de nombreux résultats en anglais étant sélectionnés car le mot “astroparticules” est présent dans l’affiliation de l’auteur. Au final, même si les possibilités de recherche de ces trois agrégateurs sont très inférieures à celles de grands serveurs comme STN ou Dialog, il n’en reste pas moins qu’ils permettent d’identifier relativement aisément des chercheurs publiant sur le sujet. REPERER DES EXPERTS VIA LEURS CONFERENCESPour ce genre de questions, les conférences scientifiques peuvent être aussi une piste intéressante à suivre, de nombreux chercheurs utilisant ce moyen pour faire connaître les résultats de leurs travaux. Comme toujours sur le Web, cette identification peut se faire en utilisant différentes tactiques. La plus simple est, bien sûr, d’interroger Google avec les mots conference astroparticule OR astroparticle, pour tenter de repérer directement des conférences sur le sujet – on notera ici que bizarrement, Google effectue une recherche stricte sur les mots astroparticules, astroparticle ou astroparticles, mais qu’il utilise une troncature implicite pour astroparticule. Pour notre part, nous estimons que cette lemmatisation effectuée par Google “lorsqu’il le juge utile” est tout simplement insupportable (voir Netsources n°59)... Cette requête obtient un nombre de réponses bien trop important (1 610 000), mais l’on peut toutefois localiser, au fil des pages, le programme de certaines conférences contenant le nom de chercheurs en France. On peut aussi tenter de repérer des annuaires répertoriant les conférences, afin de regarder s’ils recensent quelques événements dans le domaine des astroparticules. Google peut, là encore, être interrogé, mais la requête devra être formulée différemment. Le mot directory devra être présent et astroparticle pourra être remplacé par un terme plus générique, comme scientific par exemple. La requête directory scientific conferences obtient une fois de plus un nombre de réponses trop important (1 840 000), dont beaucoup ne sont pas pertinentes, mais l’on découvre néanmoins en 5ème position le site Scientific and Technical Conferences (www.conference-service.com), qui recense près de 3 800 conférences scientifiques et techniques à venir, dans les domaines de la physique, chimie, sciences de la terre... En interrogeant ce site avec le mot-clé astroparticle, on obtient une liste de dix conférences – principalement européen-nes – sur ce thème, avec pour chacune l’adresse de leur site web, sur lequel on trouve le plus souvent le programme, et quelquefois des intervenants en France... -:-:-:-:-:-
Au final, ces quelques pistes montrent que le Web permet de repérer relativement aisément des experts sur un sujet, dès lors que l’on a défini préalablement le type de sources susceptibles de répondre et que l’on a construit sa requête afin de les identifier. Cet article illustre également la variété et la diversité des chemins permettant de répondre à une question. Toutes les pistes n’ont pas été exploitées ici, loin s’en faut. Pour élargir les résultats, on aurait pu tout aussi bien interroger la blogosphère, utiliser des sites de partage de signets, explorer les réseaux sociaux, etc. Cela fera peut-être l’objet d’un prochain article... (1) On pourra lire à ce sujet l’article “Identifier les meilleurs partenaires académiques”, paru dans le n° 202 de BASES (Février 2004) et en accès libre sur notre site : http://www.bases-publications.com/revues/bases/archives/edocs/00/00/00/5C/document_article.phtml (2) D’après l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (www.in2p3.fr), “le domaine des astroparticules se situe aux frontières de la physique de l’infiniment petit, de l’astrophysique et de la cosmologie. Il associe l’étude de la genèse, de la forme (dimensions, géométrie), de l’évolution (contenu en matière et énergie) et des points singuliers de l’Univers, aux connaissances sur la structure de ses constituants (particules élémentaires, champs d’interaction, cordes).” |
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