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Accueil > Netsources > De la nécessité d'innover

Netsources, Numéro de Juillet-Août 2007 - n°69


De la nécessité d'innover

Lorsque l’on souhaite s’implanter dans un domaine – celui de la recherche sur le Net – où le leader détient plus de 89,5 % de parts de marché en France et 49,5 % aux Etats-Unis, il est impératif de disposer de fonctionnalités innovantes, si l’on veut avoir la moindre chance de percer. Les nouveaux moteurs font donc preuve d’originalité en proposant, avec plus ou moins de bonheur, des alternatives à l’incontournable Google. Parmi les outils récents, nous avons ainsi retenu trois initiatives intéressantes. ...

Auteur : Béatrice Foenix-Riou

 

PAGEBULL.com : L’INDEX DE YAHOO! EN VIGNETTES


D’après plusieurs études, près des deux tiers des internautes ne consultent que la première page de résultats des moteurs et, dans 98 % des cas, cette page n’affiche que dix résultats (alors que des moteurs comme Google ou Yahoo! proposent, via le lien Préférences, de choisir le nombre de résultats affichés par page – sur Google : 10, 20, 30, 50 ou 100 pages).

Pourtant, les traditionnelles pages de résultats ne sont guère explicites et les extraits proposés ne donnent pas toujours une bonne idée de la pertinence des pages (les mots-clés peuvent apparaître proches dans les extraits alors qu’ils sont éloignés dans la page...).

Pour aider les internautes à identifier aisément les résultats pertinents, Pagebull.com a donc eu la bonne idée de présenter ces derniers de façon visuelle.
En lançant une requête par mots sur Pagebull, on obtient en fait un écran composé des “vignettes” des différentes pages obtenues, dans lesquelles les mots de la recherche sont surlignés.

Dans le bas de chaque vignette, deux symboles – une loupe et un point d’interrogation – permettent d’obtenir des informations complémentaires, en glissant simplement le curseur sur eux :
- la loupe agrandit la vignette, et l’on peut ainsi vérifier sa pertinence sans quitter la page de résultats ;
- le point d’interrogation quant à lui ouvre une petite fenêtre contenant le titre, l’extrait et l’URL de la page, ainsi que des liens vers Google Translate (pour traduire le contenu de la page), Del.icio.us (pour l’ajouter à ses signets), More from this site (pour afficher les autres pages du site), etc.

Par défaut, Pagebull affiche quatre rangées de trois vignettes (soit douze résultats par page), mais l’on peut choisir de les afficher sous la forme de deux rangées de six ou de trois rangées de quatre.

A côté de la zone de saisie, un menu déroulant propose de limiter la requête aux pages d’un pays donné, à choisir dans une liste  (Allemagne, Australie, Canada, Italie, Espagne, Etats-Unis, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie ou tous les pays).

Pour répondre aux questions, Pagebull interroge l’index de Yahoo!. Nos tests ont montré qu’il est possible d’utiliser les différents opérateurs pris en compte par Yahoo! (intitle:, inurl:, filetype:, site:...), même si cela n’est pas indiqué dans le site.

Au final, l’interface peut séduire car elle se révèle effectivement performante pour repérer la pertinence des résultats. Les temps de chargement des vignettes peuvent néanmoins être un peu long, selon la connexion dont on dispose.

Enfin, pour le moment, Pagebull ne prend pas en compte les liens sponsorisés. Il sera intéressant de voir comment, le moment venu, il distinguera sur son interface les liens commerciaux des liens organiques...

www.pagebull.com


QUINTURA.COM : LES TERMES ASSOCIES DANS UN NUAGE


Afin d’aider l’internaute dans la formulation de sa requête, plusieurs outils de recherche offrent aujourd’hui des “termes associés”, qui correspondent le plus souvent aux mots et expressions apparaissant le plus fréquemment dans les pages pertinentes. On citera parmi ces outils Exalead – dont la technologie est à notre avis l’une des plus performante (voir Netsources n°67) –, mais aussi Vivisimo (voir Netsources n°36), Kartoo (voir Netsources n°39), Polymeta (voir Netsources n°59), etc.

On peut désormais ajouter à cette liste Quintura.com, dont l’utilisation nécessitait jusqu’ici le téléchargement d’un logiciel, mais qui a lancé il y a peu une version Web très originale.

Quintura.com utilise lui aussi l’index de Yahoo!, mais il offre comme page de résultats un écran scindé en deux parties.
La partie droite affiche les résultats de Yahoo.com (même ordre, même présentation), quand la partie gauche se distingue et propose un nuage de mots.

Ces mots correspondent aux concepts qui reviennent le plus souvent dans les pages de résultats et entourent le terme de la requête, généralement placé au centre du nuage et écrit en rouge.

Lorsque l’on glisse le curseur sur l’un des mots, on déclenche deux actions :
- on affiche dans la partie droite les résultats d’une recherche avec le mot d’origine + le mot-clé survolé ;
- on affiche dans la partie gauche d’autres concepts associés au mot survolé.

D’autre part, lorsque l’un des mots est impropre, on peut le supprimer de la page en cliquant sur la petite croix orange, qui s’affiche à droite de chaque terme.

Les résultats enfin peuvent être sauvegardés ou envoyés par email.

En complément de cette recherche sur l’index Web de Yahoo!, on peut aussi lancer sa requête sur d’autres modules, accessibles depuis des onglets dans le haut de l’écran : Images (fournies par Yahoo!), vidéos (fournies par Blinx), ou Amazon.

Dans tous les cas, la présentation des résultats est similaire : nuage de mots dans la partie gauche et liste des images, des vidéos ou des ouvrages pertinents dans la partie droite.

On peut enfin, via le lien Settings proposé dans le haut de l’écran, personnaliser la présentation du nuage de mots (emplacement du nuage – à gauche ou en haut –, nombre maximal de mots, etc).

www.quintura.com


KOOLTORCH.COM : L’OPEN DIRECTORY EN CERCLES


Des trois outils présentés ici, KoolTorch est sans aucun doute celui qui possède l’interface la plus originale et la plus aboutie. Contrairement à Pagebull et à Quintura, qui utilisent l’index de Yahoo!, c’est l’annuaire de l’Open Directory (ODP, www.dmoz.org), disponible en licence gratuite, qui est interrogé par KoolTorch.

L’interface est conçue de façon à permettre la lecture, depuis une page unique, des cinquante ou des cent premières réponses – au choix de l’internaute – et le résultat est somme toute satisfaisant.

Après avoir saisi les termes de sa requête et cliqué sur Web Search, l’outil affiche 50 ou 100 petits ronds, regroupés dans des cercles de taille et de couleur différentes. L’aspect d’ensemble est assez proche de ce que propose Grokker.com, qui interroge le moteur Yahoo! et classe les résultats dans divers cercles, selon une “clustérisation” générée automatiquement (voir Netsources n°57).

Sur KoolTorch, les grands cercles correspondent aux grandes rubriques de l’annuaire ; le thème de la rubrique (World, Business, Reference...) est d’ailleurs indiqué dans le centre du cercle. Chacun de ces cercles, d’une couleur qui lui est propre, rassemble sur son pourtour de petits ronds pleins de la même couleur, comportant un numéro écrit en blanc. Les petits ronds représentent les sites identifiés par l’ODP et le numéro est celui de leur classement dans les résultats de l’annuaire. Afin de mieux les distinguer, les dix premiers résultats sont, à l’inverse des autres, dans un cercle de fond blanc avec le numéro en couleur.

Lorsque l’on glisse le curseur sur l’un des petits ronds, on affiche une fenêtre comportant une vignette de la page d’accueil, le nom du site, son URL, un bref résumé et l’arborescence de l’ODP dans laquelle il est indexé. Il suffit d’un clic pour se connecter au site.

Au fur et à mesure de la consultation, les cercles sur lesquels on a glissé le curseur sont surlignés de noir, et ceux sur lesquels on a cliqué se remplissent de noir.

Si l’on souhaite en savoir plus sur l’arborescence et les rubriques de l’ODP, on peut également glisser le curseur sur le nom de la rubrique. Lorsqu’il existe plusieurs sous-rubriques, on ouvre une fenêtre qui liste les catégories disponibles et l’on peut, d’un clic, afficher d’autres cercles représentant les sous-rubriques et les sites indexés.
Dans le cas contraire, la fenêtre indique qu’il n’y a pas d’autres sous-rubriques et un clic affiche alors les résultats de l’Open Directory ... fournis par Google Directory.

C’est d’ailleurs là que réside le principal point faible de KoolTorch.

Si son interface s’avère, à notre avis,  plutôt plus efficace que celle de l’Open Directory car elle permet une lecture des résultats relativement aisée, les résultats eux-mêmes ne sont pas toujours  à la hauteur de l’interface et, pour certaines questions, contiennent un nombre non négligeable de sites non pertinents.

L’une des hypothèses à la présence de résultats hors-sujet est que KoolTorch interroge en fait l’ODP via Google.com et non via l’annuaire lui-même (www.dmoz.org), alors que ce dernier est pourtant proposé en licence gratuite.

Or, si Google a longtemps mis en avant son partenariat avec l’ODP, en proposant un lien Annuaire (ou Directory) au-dessus de la zone de saisie, il semble désormais délaisser – voire abandonner – ce module ; ce dernier n’est proposé, depuis la version française, que sur la page Autres produits Google (en cliquant sur le lien plus>>) et a tout simplement disparu de l’interface Google Universal. Il reste néanmoins accessible directement à l’adresse
http://www.google.com/dirhp?hl=en

Ce désintérêt explique sans doute les réponses quelquefois incompréhensibles que l’on peut obtenir lors d’une recherche par mots sur Google Directory.

Une même requête posée à Dmoz et à Google Directory peut en effet afficher des résultats sans commune mesure sur les deux “annuaires” ; à titre d’exemple, une recherche sur les mots  leather directory – sans les guillemets –, obtient 54 sites sur l’ODP et ... 21 500 résultats sur Google Directory ! La différence est bien trop importante pour qu’on puisse l’imputer à un problème de mise à jour entre les deux versions....

En fait, les quelques tests que nous avons pu faire montrent que le fonctionnement de Google Directory est quelquefois très aléatoire :
- on peut obtenir des sites dont la description contient seulement l’un des deux mots ;
- on peut aussi obtenir des sites dont la description ne contient aucun des deux mots, qui sont indexés dans une rubrique sans rapport avec les mots-clés, mais dont la page d’accueil du site contient au moins l’un des mots ; les résultats peuvent donc être issus de l’index du moteur Google, et non de l’annuaire de l’ODF.

Ainsi, à la requête leather directory, Google Directory propose notamment comme résultat :
LocalHorse.com - Everything you need for your horse...including ...
Category: Sports > Equestrian > News and Media > Magazines and E-zines
Information and news for your horse in Georgia. Business and event listings plus free classifieds.
www.gahorse.com/

Ce site, visiblement hors-sujet, est sélectionné par Google car sa page d’accueil contient des petites annonces concernant en particulier du matériel d’équitation en cuir...

Bref, KoolTorch a développé une interface originale et plutôt performante, qui peut réellement constituer une alternative à l’Open Directory. Mais il faudrait pour cela qu’elle interroge directement l’annuaire de l’ODP, qu’elle offre si possible les mêmes fonctions avancées (troncature...) et qu’elle ne se contente pas de rapatrier des résultats fournis par un outil “intermédiaire”, fut-il le numéro un sur le Net...

www.kooltorch.com


 

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