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Netsources, Numéro de Mars-Avril 2006 - n°61 Google Maps : cartes routières, itinéraires et images satellites à volonté...La fourniture d’informations géographiques – cartes, itinéraires, localisation de professionnels... – compte sans nul doute parmi les principaux axes de diversification des outils de recherche. Les moteurs ont compris tout l’intérêt de ces services, susceptibles de représenter une véritable manne en terme de revenus publicitaires. En permettant aux internautes de retrouver plus facilement les coordonnées d’un professionnel proche de chez eux (y compris et surtout les petites et très petites entreprises), les outils ont en effet pris pied sur le marché gigantesque de la publicité locale et ont élargi considérablement le gisement des annonceurs potentiels. ... |
Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
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Jusqu’ici cependant, les services de géolocalisation étaient restés
cantonnés aux Etats-Unis, avec une extension au Canada et au
Royaume-Uni pour Google Maps.
Certes, des outils comme Google Maps (http://maps.google.com) ou Google Earth (http://earth.google.com) permettaient, depuis plus d’un an déjà, d’afficher des images satellites couvrant l’ensemble de la planète – avec, pour Google Earth, la possibilité de faire pivoter les images selon l’angle de son choix –, mais la recherche d’entreprises comme le calcul d’itinéraires restaient limités aux seuls Etats-Unis, Canada et Royaume-Uni. Pour le reste du monde – à l’exception de certaines grandes villes –, la localisation d’une zone se faisait par “zooms successifs”, ce qui était pour le moins malaisé. On saluera donc le lancement, annoncé le 26 avril sur le blog de Google (http://googleblog.blogspot.com), des interfaces Google Maps – en version bêta comme il se doit – pour la France, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Devant l’enjeu de ce service, il nous a semblé intéressant de comparer ses fonctionnalités avec celles de ses concurrents directs. L’interface Google Maps France est accessible depuis l’adresse http://maps.google.fr, ou en cliquant sur l’onglet Plus proposé par Google.fr ; on affiche alors la liste des autres services de Google. On aurait préféré un onglet spécifique Maps au dessus de la zone de saisie ; mais peut-être sera-t-il ajouté après la phase de test du produit... La page d’accueil de Google Maps France affiche directement une carte routière de l’Europe avec, sous la zone de saisie, trois onglets proposant des types de recherche spécifiques. ADRESSES : LE PLAN OU L’IMAGE SATELLITE D’UN LIEU OU D’UNE VILLELe premier onglet, baptisé Adresses, permet d’afficher le plan ou l’image satellite de la localisation de son choix. En fait, selon les zones, il ne s’agit pas d’images satellites mais plutôt de photographies aériennes (prises d’avion), offrant donc une bien meilleure définition... Selon les zones géographiques et les niveaux de résolution, les photographies peuvent provenir de sources différentes, parmi lesquelles on compte la Nasa – qui fournit les images d’un premier niveau de résolution pour l’ensemble de la planète –, TerraMetrics, Digital Globe, EarthSat ou The GeoInformation Group (www.crworld.co.uk) ; ce dernier est notamment à l’origine des excellentes photographies aériennes de villes comme Paris. On regrettera toutefois que les photographies ne soient pas datées (elles ont à l’évidence quelques années). Les cartes et plans en revanche sont majoritairement fournis par TeleAtlas. Dans le haut à droite de l’écran, trois onglets proposent de spécifier le type de document que l’on souhaite obtenir : Plan, Satellite ou Mixte – on obtient dans ce dernier cas une photographie sur laquelle les noms de rues sont indiqués. La recherche d’un plan ou d’une image satellite peut se faire depuis la carte d’Europe, en utilisant les curseurs de zoom et de navigation sur la gauche de l’écran, ou en saisissant directement le nom de la ville ou de l’adresse que l’on recherche. Une requête lancée avec “tour eiffel, paris” affiche ainsi immédiatement, selon l’onglet choisi, un plan ou une photographie très précise de l’endroit (en mode Satellite, avec le zoom maximum, on distingue parfaitement les piétons faisant la queue...), avec une petite fenêtre pop-up localisant l’emplacement, rappelant l’adresse et proposant le calcul d’un itinéraire, vers ou à partir de ce lieu. On remarquera d’ailleurs qu’il y a souvent un décalage de plusieurs mètres entre l’emplacement indiqué et la localisation réelle (voir photographie de la Tour Eiffel). Si la recherche par nom de rue n’est pas encore possible pour l’ensemble de la France ni, a fortiori, de l’Europe, Google Maps permet néanmoins d’obtenir des cartes relativement détaillées pour la majeure partie des pays, à l’exception de ceux de l’Europe de l’Est (Roumanie, Biélorussie, Ukraine, Bulgarie, Croatie, Bosnie...). Pour les pays étrangers, on prendra garde aux différentes orthographes que peuvent avoir les noms de villes. Cela étant, Google Maps semble enrichir constamment son “dictionnaire” et le moteur identifie de mieux en mieux les diverses appellations d’une même ville. Ainsi, le plan de Lisbonne s’affiche aussi bien avec les requêtes Lisbonne, Lisboa, Lisbon, Lissabon que Lisbona et Moscou comme Moscow, Moskau, Moskva, Moscu obtiennent un plan de la capitale de la Fédération de Russie, écrit en cyrillique. L’internaute à la recherche des photographies aériennes de localités françaises dispose donc, avec Google Maps, d’un outil extrêmement performant. Ask.com a bien lancé un service similaire au début de l’année (http://maps.ask.com), mais les possibilités de recherche sont moindres et, exception faite de la région parisienne qui est très bien couverte, le niveau de résolution des régions françaises est très aléatoire. L’IGN en revanche annonce le lancement prochain de Geoportail, un logiciel qui a pour objectif de concurrencer Google Earth. Les photographies aériennes de l’IGN sont par ailleurs proposées, depuis le 26 avril dernier, sur le site PagesJaunes.fr. Lors d’une recherche de particuliers ou de professionnels, un lien Vue aérienne est désormais offert et permet d’afficher une photographie pouvant avoir, dans certains endroits, une résolution de 50 cm/pixel. Un curseur sur la droite peut être utilisé pour afficher l’image à l’échelle de la rue, du quartier, de la ville, de la région... La France entière est couverte mais, comme pour Google Maps, le niveau de résolution est inégal selon les régions ; les deux services pourront donc utilement être consultés. ENTREPRISES : POUR LOCALISER DES ENTREPRISES PRES DE CHEZ VOUSLe deuxième onglet, baptisé Entreprises, doit être utilisé lorsque l’on souhaite localiser des entreprises ou des services dans une ville donnée. Google Maps entend donc ici se poser en concurrence frontale d’annuaires type PagesJaunes. Deux zones de saisie proposent à l’internaute d’indiquer ce qu’il cherche (pizza, librairies, le nom d’une entreprise...) et la localisation souhaitée (Toulouse, Ile de France...). La page de résultats affiche, dans une colonne sur la gauche, la liste des entreprises identifiées – avec pour chacune son nom, son adresse et son numéro de téléphone – et, dans la partie centrale, un plan ou une image satellite avec la localisation des entreprises sélectionnées. Les résultats sont en fait une compilation d’informations émanant de nombreuses sources ; les données peuvent aussi bien être issues de l’index de pages Web de Google que de sources extérieures, telles l’annuaire Infobel (www.infobel.fr), réalisé par la société belge Kapitol. Si la multiplicité des sources est en général un atout, on regrettera en revanche le manque de transparence quant à l’origine de l’information. Cela nuit grandement à la qualité de l’outil. Car au lieu d’avoir des résultats “structurés” tels que ceux que l’on peut obtenir en interrogeant un annuaire, les réponses fournies mettent quelquefois en évidence une certaine incohérence. Ainsi, une recherche de “librairies” à “Paris” annonce rien moins que ... 4 280 résultats, quand la même recherche donne 1 221 réponses dans PagesJaunes et 1 638 dans l’Annuaire de sociétés d’Infobel.fr. La différence de résultats entre PagesJaunes et Infobel est essentiellement due au fait que lorsqu’une entreprise possède un numéro de téléphone et un numéro de fax, Infobel compte deux entrées, quand PagesJaunes n’en compte qu’une. Quant au nombre de résultats annoncé par Google, il est invérifiable puisque, comme pour une recherche dans les pages Web, on ne peut afficher que les 999 premières adresses... Pour affiner la sélection, ces trois outils suggèrent des sous-rubriques qui, là encore, sont très différentes d’un outil à l’autre. PagesJaunes est à ce titre le mieux organisé. Il offre d’emblée plusieurs catégories, indique pour chacune le nombre d’entreprises et propose de cocher celles de son choix (librairies ; librairies, éditions anciennes ; librairies de bandes dessinées ; librairies de science-fiction ; articles et librairies érotiques ; édition, vente de partitions de musique). La page de résultats d’Infobel indique pour sa part, pour chaque librairie identifiée, la catégorie à laquelle elle appartient, mais il faut penser à cliquer sur le lien Liste des catégories figurant sur la grille de recherche pour avoir directement l’ensemble des rubriques. Pour la requête Librairies, Infobel propose : articles et librairies érotiques ; commissionnaires en librairies, en édition ; librairies ; librairies, éditions anciennes ; papeteries, librairies-papeteries (détail). Contrairement aux PagesJaunes cependant, on ne peut sélectionner qu’une catégorie à la fois. Quant à Google Maps, il affiche, en haut de la liste des résultats, les choix : Catégories: Librairies ; Commissionnaires En Librairies, En Editions. Il semble donc ne reprendre qu’une partie des rubriques d’Infobel, mais il donne pour chacune un bien plus grand nombre de réponses (3 050 au lieu de 905 pour Librairies et 408 au lieu de 24 pour Commissionnaires en librairies). Bref, l’origine des informations est loin d’être claire. Les critères de classement des résultats sont également fort différents d’un outil à l’autre. PagesJaunes affiche en priorité les sites “annonceurs” ; ceux-ci semblent classés par ordre alphabétique mais bizarrement, dans cet exemple, la liste alphabétique commence par L (pour Librairie...) pour aller jusqu’à Z, et les A ne démarrent qu’en 7ème page de résultats. Quant aux non-annonceurs, ils apparaissent après, soit ici à partir de la 21ème page de résultats... Infobel a gardé le système classique des bandeaux publicitaires, ce qui lui évite de mêler les résultats de l’annuaire et les liens commerciaux. La présentation des entreprises est donc la même pour toutes et les résultats sont classés par ordre alphabétique. Google enfin adopte le même principe que pour les pages Web : des liens commerciaux figurent dans la liste des résultats, un en tête de liste et trois en bas de page. Pour ce qui concerne le classement des entreprises sélectionnées, nous n’avons pas réussi à comprendre la logique ; en tout état de cause, ce n’est ni un classement alphabétique, ni un classement par popularité : de nombreuses entreprises sélectionnées n’ont pas de sites Web et, dans notre exemple, de petites librairies apparaissent bien avant de grandes chaînes. Tout au plus peut-on remarquer que les premiers résultats sont situés géographiquement au centre de Paris, et semblent peu à peu s’en éloigner, de façon plus ou moins concentrique... Outre la recherche d’une liste d’entreprises appartenant à une catégorie particulière, l’une des principales fonctions de ce type d’outil est de permettre de retrouver les coordonnées d’une entreprise donnée. Sur ce point également, les tests que nous avons effectués nous ont laissés pour le moins perplexes... En recherchant ainsi les coordonnées de “FLA Consultants” à Paris sur Google Maps, nous avons obtenu comme réponse... Résultats 1-1 sur environ 1 pour "fla consultants" à proximité de Paris G.f.i.i 25, r Claude Tillier, 75012 Paris 01 43 72 96 52 INIST-CNRS - Actualités ... François Libmann, Directeur, FLA Consultants; Nicolas de Menthières, Directeur Délégué aux systèmes d'information et à la ... inist.fr Ce résultat, totalement hors-sujet, est étrange à plusieurs titres. En premier lieu, il semble montrer que Google Maps n’utilise pas en priorité l’annuaire Infobel, puisque ce dernier (comme PagesJaunes d’ailleurs), répond de façon tout à fait correcte à la même question, en fournissant l’adresse et les numéros de téléphone et de fax de FLA Consultants à Paris. La réponse ne semble pas non plus être issue de l’index de pages Web de Google, puisque la requête “FLA Consultants” sur le Web affiche en premier résultat la page du site de la société. Google Maps indique comme seule réponse le GFII (Groupement français de l’industrie de l’information) ; or, si cette association œuvre dans le même secteur d’activité que FLA Consultants, elle ne lui est liée d’aucune manière. Et il y a d’autres aberrations : la fenêtre pop-up qui localise le GFII sur une carte en rappelant son adresse, indique comme URL de site Web ... inist.fr, soit le site de l’Inist – l’Institut de l’information scientifique et technique, qui dépend du CNRS –, alors que le GFII possède bien son propre site ! Certes, le lien mène non vers la page d’accueil de l’Inist, mais vers une page d’actualité* indiquant que l’Inist était présent lors d’une journée d’étude organisée par le GFII, journée à laquelle participait également François Libmann, directeur de FLA Consultants. Certes... Mais si cette page explique sans doute les raisons de ce joyeux mélange, elle ne permet pas de comprendre le mode de fonctionnement de Google Maps sur ce type de requête. ITINERAIRES : CALCULER UN ITINERAIRE ENTRE DEUX POINTSLe dernier onglet de Google Maps est dédié au calcul d’itinéraires entre deux points, à l’instar de ce que proposent des services comme Mappy.fr (offert également sur PagesJaunes) ou ViaMichelin.fr. La démarche est simple : l’utilisateur indique la ville de départ et d’arrivée et Google affiche l’itinéraire qui lui semble le mieux adapté. Contrairement aux services concurrents, on ne peut ici indiquer ses préférences (trajet le plus court, le plus rapide...). La comparaison de quelques calculs d’itinéraires sur Google Maps, Mappy et ViaMichelin nous a permis de remarquer que : - Google Maps possède, à notre avis, un atout sur les services concurrents, pour ce qui concerne la présentation des résultats. On obtient en effet une carte très détaillée sur laquelle est tracé l’itinéraire avec, dans une colonne sur la gauche, le détail des directions à suivre pour arriver à bon port. Pour chacune des indications, on peut afficher dans une fenêtre pop-up un gros plan du tournant ou du croisement qu’il faut prendre... Sur ViaMichelin comme sur Mappy, la place centrale est donnée à la liste des indications. Le tracé de l’itinéraire s’affiche de façon moins détaillée et n’est pas lié aux descriptions. - Si la présentation des informations est peut-être plus claire du Google, les informations elles-mêmes sont en revanche bien meilleures sur ViaMichelin ou sur Mappy. Ainsi, les temps de parcours annoncés sont souvent farfelus sur Google Maps et, d’une façon générale, très largement surestimés. Pour le même itinéraire, on obtient par exemple : • sur Mappy : Distance : 319.3 km ; Voies express : 255.5 km ; Durée : 03H23 • sur ViaMichelin : Distance : 323km dont 256km sur voies rapides ; Temps : 03h16 dont 02h11 sur voies rapides • sur Google Maps : 315 km (environ 4 heures 44 minutes). Peut-être Google calcule-t-il le temps de parcours en tenant compte des limitations de vitesse en vigueur aux Etats-Unis, où les règles sur ce point sont plus sévères qu’en France... Les informations quant à elles manquent de précision sur Google. En particulier, le nom des villes traversées n’est pas indiqué, ce qui ôte tout intérêt aux données. Que faire en effet d’indications telles que : • Prendre à droite au niveau de Rue Jean Brugnon - sur une distance de 0,4 km • Continuer sur Rue du Vau - sur une distance de 0,2 km • Continuer sur Rue du Chemin Neuf - sur une distance de 0,4 km • Prendre légèrement à gauche au niveau de D7a - sur une distance de 3,8 km • Prendre légèrement à gauche au niveau de D315 - sur une distance de 0,8 km si elle n’est pas précédée de la mention – que l’on trouve sur Mappy – Entrer dans Fayl-Billot puis, après des indications similaires à celles de Google Maps, Sortir de Fayl-Billot et continuer sur la D7a [3.7km]... En définitive, les premières impressions lorsque l’on se connecte à Google Maps sont très positives ; l’affichage des très belles photographies aériennes couvrant la région parisienne laissent rêveur et l’on voit en ce service un très beau cadeau de Google. Mais dès que l’on veut tester plus en profondeur ses fonctionnalités, on a le sentiment d’un “service bâclé”... L’origine des informations est floue, les itinéraires sont incomplets, la recherche d’entreprises donne des résultats incompréhensibles... Un peu comme si Google avait voulu sortir son service au plus vite, pour contrer les projets de ses concurrents – est-ce vraiment un hasard si Google Maps et PagesJaunes ont lancé leurs services le même jour ? * Au moment de mettre sous presse, nous avons remarqué que la page en question n’était plus accessible ; elle a en fait quitté la rubrique “Actualités” de l’Inist pour être classée dans le module “Artist”, et le lien proposé par Google est donc mort. Il sera intéressant de voir combien de temps mettra Google pour s’en apercevoir, et ce qu’il proposera à la place... |
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