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Accueil > Netsources > Anciens sommaires > Seekport attaque l'Europe

Netsources, Numéro de Septembre-Octobre 2005 - n°58


Seekport attaque l'Europe

La société Seekport Internet Technologies a débuté son activité en décembre 2003 en Allemagne, avec pour vocation de fournir des technologies de recherche aux entreprises et, parallèlement, d’offrir un moteur de recherche couvrant spécifiquement l’Europe. ...

Auteur : Béatrice Foenix-Riou

 
La première étape de son développement semble se dérouler de façon satisfaisante, puisque Seekport a annoncé le 25 octobre le lancement d’une nouvelle version de son moteur de recherche, qui dispose aujourd’hui d’une interface spécifique pour la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. La société compte par ailleurs être présente dans neuf pays européens d’ici la fin de l’année 2005.

SEEKPORT : LE PRINCIPE


Lancer un nouveau moteur en Europe – et à fortiori en France, où Google génère près de 80 % du trafic dû aux outils de recherche, d’après le baromètre Xiti – est un pari audacieux, sauf à posséder suffisamment d’atouts pour convaincre les internautes de tester – puis d’adopter – un nouvel outil.
Seekport a choisi de se distinguer du géant de la recherche en offrant un index centré sur l’Europe, garantissant des résultats qualifiés dans la langue souhaitée, “sans spam ni programmes malveillants”.
Un objectif pour le moins ambitieux !

Pour ce faire, Seekport s’appuie sur une méthode d’indexation particulière, dans laquelle l’homme a un rôle essentiel.
Contrairement aux robots classiques, qui récupèrent toutes les pages identifiées sur le Web lors de leurs balades de liens en liens, les robots de Seekport sont “guidés” dans leur indexation par l’équipe éditoriale, qui fixe des lignes directrices de façon à filtrer les spams et autres pages trop commerciales et au contraire à indexer en profondeur les sites de référence.

L’objectif de Seekport est donc clairement d’offrir un index basé sur la qualité et non sur la quantité – une course sur ce point aurait de toute façon été perdue d’avance !
C’est sans doute ce qui explique que c’est Seekport qui indexe le plus en profondeur notre site Bases-publications.com, alors qu’il est pour le moment encore impossible de lui soumettre un site.

En complément de cet index “de qualité”, Seekport a enrichi sa nouvelle version de sources d’information supplémentaires et  propose d’effectuer une recherche sur :
• les actualités : les principaux quotidiens et sites de presse en ligne des différents pays couverts sont indexés par le moteur, avec un cycle de raffraîchissement de 15 mn environ ;
• les blogs : les grandes plates-formes sont indexées toutes les heures et le moteur élargit sans cesse sa couverture ;
• les définitions : Seekport interroge ici les grands dictionnaires et encyclopédies en ligne et notamment l’ensemble des données de Wikipedia ;
• les images : les résultats sont fournis par Picsearch.com, qui alimente également les outils MSN Search et Lycos ;
• les produits : Seekport a conclu un partenariat avec Pangora, le moteur de recherche de produits d’origine allemande qui a été racheté par Lycos en 2001.

L’idée est certes intéressante, mais elle est loin d’être innovante, puisque Yahoo! et Google notamment proposent déjà des modules – souvent plus fournis – permettant de retrouver des actualités, des images et des produits et que Google a lancé il y peu un outil de recherche sur les blogs (voir Netsources n°57)... Mais Seekport à d’autres atouts dans son jeu.

SEEKPORT : POINTS FAIBLES ET POINTS FORTS


L’interface du moteur tout d’abord est agréable et conviviale.
Le graphisme adopté est très épuré, avec une zone de saisie surmontée de différentes icônes, symbolisant les domaines de recherche (Web, actualités, blogs, définitions et produits). Mais à la différence de Yahoo! et de Google, il est ici possible de lancer une recherche simultanée dans plusieurs modules. Les résultats des différents modules s’affichent alors par colonnes. La première fournira les résultats du Web ou de ses sous-ensembles, à savoir les actualités, les blogs ou les définitions – des icônes en haut de la colonne permettent de passer de l’un à l’autre domaine. La deuxième colonne est réservée aux images et la troisième liste les produits.

Mais la principale caractéristique du moteur tient à son option de recherche thématique.
En cochant le choix Rechercher dans un thème, on affiche en effet une liste de onze rubriques, qui peuvent légèrement diverger selon les spécificités du pays couvert.
Pour la France par exemple, les thèmes proposés sont art et culture ; commerce et économie ; emploi et formation ; informatique et internet ; institutions et gouvernement ; santé ; sciences et technologies ; sciences humaines ; société et vie pratique ; sport ; voyage et tourisme.

On peut cocher un thème – et un seul – et lancer une recherche par mots sur le Web, les actualités ou les blogs. Et Seekport classera en premier les résultats pertinents liés au thème choisi. Sur le plan du classement d’ailleurs, Seekport fait preuve d’originalité. L’algorithme tient compte en effet davantage de la fraîcheur des pages que de leur popularité.

La classification thématique quant à elle se fait automatiquement et est basée sur une analyse statistique des mots : des documents-types ont été analysés au départ par le logiciel, qui a ainsi pu identifier un vocabulaire spécifique à chaque catégorie. Cette technologie innovante peut être réellement utile pour l’internaute, car elle permet de préciser facilement la question lors de recherches sur des mots polysémiques (ayant des sens différents). On notera que cette fonctionnalité est utilisée pour 25 % des requêtes en Allemagne, où elle est proposée depuis quelque temps déjà.

Une grille de recherche avancée permet d’autre part de limiter la requête aux titres des pages et/ou au texte, de restreindre la recherche aux pages d’un site ou d’un domaine donné ou encore d’identifier les “backlinks” vers une page donnée. On regrettera néanmoins que les opérateurs utilisés ne soient pas les mêmes que ceux aujourd’hui adoptés par les autres moteurs et qu’il soit impossible de limiter sa requête à l’URL des pages.

On saluera en revanche la possibilité d’utiliser le symbole *, pour remplacer une ou plusieurs lettres à l’intérieur d’un mot (en cas de doutes sur l’orthographe) ou pour rechercher les mots commençant par une racine donnée. C’est là une fonction qui fait cruellement défaut à Google – et aux autres moteurs –, ce qui oblige à combiner dans sa requête les différentes variantes d’un terme (singulier/pluriel...).

En ce qui concerne la page de résultats, on apprécie la présence, pour chaque document identifié, d’un lien “Ouvrir la fenêtre de prévisualisation” ; cette option permet d’afficher le document dans une petite fenêtre à l’intérieur de la page, ce qui suffit généralement pour vérifier sa pertinence ; mais contrairement à la version Cache des autres moteurs, les mots de la requête n’y sont pas surlignés.

Le nombre de résultats identifiés par Seekport pour chaque type d’information est indiqué en haut de la page. Il est important de noter que ce nombre – qui est généralement très inférieur à ce que peut donner Google – ne comptabilise pas les pages “clusterisées” dans la catégorie “toutes les pages d’un site donné”. Il ne compte en fait qu’une page par site et est par conséquent bien inférieur au nombre réel de pages pertinentes indexées par Seekport. Il serait à notre avis préférable d’indiquer le nombre total de pages, ou tout au moins d’informer les visiteurs, qui risquent d’être rebutés par le faible nombre de résultats annoncé...

Enfin, Seekport affiche en haut de la page de résultats jusqu’à trois liens sponsorisés, fournis par InfoSpace. Certes, le choix d’un partenaire américain, n’ayant aucune représentation en France, peut étonner de prime abord ; mais en fait, InfoSpace est l’un des principaux acteurs dans le domaine des métamoteurs (c’est notam-ment l’éditeur des outils MetaCrawler, Dogpile...) et cela lui permet d’afficher des liens sponsorisés, variables selon les pays, fournis par des acteurs tels Miva (ex-Espotting), Overture, etc.

On le voit, Seekport n’a pas choisi la voie de la facilité. Face aux géants de la recherche (Google et Yahoo!) qui annoncent vingt milliards de pages (voir Netsources n°57), il fait figure de lilliputien avec un index de 300 millions de pages Web pour l’Europe et 50 millions pour la France (ce qui est néanmoins une couverture tout à fait honorable pour le Web français). Mais “taille de l’index” ne rime pas forcément avec “qualité des résultats” et a contrario, ceux de Seekport recèlent souvent de très bonnes surprises... Cela étant, choisir une couverture presque exclusivement européenne comporte des risques, car cela oblige les internautes à consulter un autre outil dès lors que leur question couvre l’international...

Est-ce la bonne stratégie ? L’avenir le dira.

En tout état de cause, Seekport enrichit la concurrence face à l’hégémonie de Google, et ce ne peut être que bénéfique pour tous...

www.seekport.fr




 

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