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Netsources, Numéro de Juillet-Août 2004 - n°51


Google par çi, Google par là...

Auteur : Béatrice Foenix-Riou

 
Google nous étonnera toujours.

Il y a six mois, il devait faire face à la brusque rupture de son partenariat avec Yahoo! qui, depuis plusieurs années, offrait les résultats de Google lors d’une recherche par mots sur son interface (voir Netsources n°48).

Yahoo! en effet lançait le 18 février dernier sa solution de recherche Yahoo! Search Technology (YST), afin de fournir en lieu et place des données de Google les résultats de son propre moteur de recherche – moteur qu’il avait développé en retenant “ce qu’il y avait de meilleur” dans les trois technologies dont il était propriétaire : Inktomi, AltaVista et AlltheWeb.
Ce basculement – qui s’est fait dans un premier temps sur la version internationale de Yahoo! puis, dans les mois qui suivirent, sur les diverses versions nationales de l’annuaire et sur Altavista et AlltheWeb – privait Google d’un revenu substantiel, mais introduisait surtout sur le marché des moteurs un nouvel acteur d’envergure.

Différentes analyses ont en effet montré que les solutions des deux moteurs étaient “comparables”, tant sur le plan des possibilités de recherche que sur celui de leur couverture (voir notamment “Yahoo! Search Technology : voyage au centre d’un moteur”, Netsources n°49) ; il était donc logique de penser que certains internautes se détourneraient de Google au profit de Yahoo!.

Las, les espérances de ce dernier ont été cruellement déçues. Six mois après le lancement d’YST, force est de constater que les positions respectives des deux moteurs n’ont pas évolué. Pire même, Google continue de caracoler en tête et connaît une croissance indécente, quand Yahoo! poursuit, lentement mais sûrement, son inexorable déclin...
Les statistiques du site Barometre-referencement.com concernant le panel professionnel indiquent en effet que Google représente, en juillet 2004, 71,3 % du trafic sur les outils de recherche en France, quand Yahoo! occupe la seconde place avec 8 % ; leurs positions respectives en février 2004 étaient 60,91 % et 10,32 % !

Afin de mieux connaître le moteur chéri des internautes – et comprendre les raisons de son succès –, nous avons jugé utile de proposer une synthèse et une remise en perspective des diverses annonces de l’année concernant Google, qui ont été éclipsées dans nos colonnes par les autres actualités du domaine...

FONCTIONNALITES : DE "PETITES CHOSES" EN PLUS


Dans l’article “Pas de vacances pour Google” (Netsources n°45, juillet/août 2003), nous avions fait le point sur les nouveautés lancées par le moteur au cours de l’été 2003.
Celles-ci étaient nombreuses et comprenaient aussi bien de “petites choses” comme le développement  d’opérateurs spécifiques – tel que le symbole ~ accolé à un mot en anglais, pour rechercher les synonymes –, que des améliorations attendues, comme le lancement de Google Actualités (en français) ou celui de Google News Alerts (pour la version internationale). L’année 2004 quant à elle s’avère plus calme... Sans doute les responsables de Google ont-ils passé de nombreux mois à préparer son entrée en Bourse et à résoudre les nombreux incidents survenus à cette occasion (voir encadré ci-dessous)...
Néanmoins, de petits enrichissements ont été apportés au moteur.

• deux ajouts sur les versions Cached de Google
Parmi les atouts de Google, le très utile lien En cache – qui affiche la dernière version de la page enregistrée par Google – compte sans doute parmi les plus importants ; d’autant que le moteur a longtemps été le seul à offrir cette fonctionnalité (reprise par la suite par le nouveau Yahoo!).
Google a depuis peu apporté à cette version En cache deux enrichissements notables :

• le premier en date est l’ajout d’un “cache textuel”, qui permet de voir précisément, pour une page donnée, ce que Google indexe. On remarque ainsi dans le message surmontant la version cache la phrase “Cette page mise en cache peut renvoyer à des images qui ne sont plus disponibles. Cliquez ici pour obtenir uniquement le texte mis en cache”.
Un clic sur cette version textuelle met en évidence le texte indexé par Google et les liens pris en compte. Une donnée utile pour comprendre comment le moteur lit la page...
Cette version textuelle du cache a d‘abord été lancée sur Google.com fin juin 2004, puis ajoutée à l’interface en français ;

• autre ajout et non des moindres, Google précise depuis fin juillet 2004 – sur Google.com uniquement – la date et l’heure d’indexation de la page (ex.: “This is Google's cache of http://www.bases-publications.com/ as retrieved on 31 Aug 2004 01:59:28 GMT”).
On peut penser que cette précision sera ajoutée prochainement aux autres interfaces de Google.

• la commande numrange:
Fin mars 2004, Google a lancé un nouvel opérateur, permettant de rechercher spécifiquement les pages qui contiennent des nombres inclus dans une fourchette donnée.
Il suffit pour cela de saisir les deux chiffres de la fourchette, séparés par deux points (..), sans espace.
A titre d’exemples, Google indique dans son communiqué qu’il est possible de rechercher ainsi des lecteurs de DVD dont le prix est compris entre 250 et 350 $ (DVD player $250..350) ou des batteries de haute  capacité (500..1000 wh/kg battery).
On verra ci-après comment cet opérateur a été détourné de ses fonctions premières par des internautes peu scrupuleux...

• Google Web Alerts
Pour permettre aux internautes d’identifier aisément les nouvelles pages indexées par Google sur un sujet donné, il existait déjà le service d’alertes par mail Google Alert (www.googlealert.com), développé par ... Gideon Greenspan, un étudiant du Technion, l’Institut de Technologie d’Israël ; ce service gratuit, mis en place dans le cadre des API, dispose depuis peu – en complément – d’une version plus sophistiquée, mais payante.
Devant le succès rencontré par ce service, il était logique que Google pense à offrir sa propre solution. Le moteur a donc lancé fin mars une version beta de Google Web Alerts, fonctionnant sur le même principe que ses alertes sur les actualités.
Si l’abus de biens ne nuit pas, il sera intéressant de comparer les performances des deux services...
www.google.com/webalerts ;
www.google.fr/webalerts.

• une interface très légèrement modifiée
Les aficionados de Google auront peut être remarqué les subtiles “améliorations” apportées fin mars à l’interface du moteur :
• les onglets donnant accès aux diverses bases de Google (Images, Groupes, Annuaire, Actualités) ont été remplacés par des liens, jugés plus simples d’utilisation ;

• à cette occasion, le choix Directory de la version internationale – qui permettait d’interroger l’annuaire de l’Open Directory – a été remplacé par un lien vers Froogle, l’outil de comparaison de prix offrant du “Smart shopping through Google”... Dmoz reste accessible, mais il faut aller le chercher via le lien More>>.
Nous avons par ailleurs remarqué que les informations issues de Dmoz avaient subrepticement disparu des résultats du moteur, lors d’une recherche sur le Web. Auparavant, Google interrogeait simultanément son index et l’annuaire Dmoz et indiquait le cas échéant, sous l’extrait de page pertinent, la catégorie dans laquelle le site était indexé dans Dmoz.
Dorénavant, les résultats de Dmoz sont uniquement accessibles via le lien Annuaire. Dommage ;

• depuis fin mars également, une recherche par mots sur la base Actualités affiche, en complément des liens vers les articles identifiés, de petites vignettes (photos) en rapport avec le sujet. Un clic sur ces images affiche d’autres articles pertinents. Ces petites vignettes avec lien vers des dépêches ont pendant un temps été proposées également sur le module Images de Google ; lors de nos derniers tests cependant, elles avaient disparu, peut-être provisoirement...

ADWORDS ET ADSENSE : DEVELOPPEMENTS IMPORTANTS


De quoi vit Google ? Essentiellement de la publicité. Les insertions publicitaires représentent en effet une part en hausse croissante de son chiffre d’affaires.

Dans une interview accordée au Journal du Net en 2001, Fabio Selmoni, Manager Business Development pour l'Europe, annonçait alors que 50 % des revenus du moteur étaient générés par la publicité et que le reste provenait de la vente de la technologie (www.journaldunet.com/0111/ 011120 google.shtml) ; le lancement des AdWords, ces petites annonces publicitaires qui s’affichent sur la droite de la page de résultats, lors d’une recherche par mots sur Google, était en effet récent...

Depuis, les AdWords ont connu un succès fulgurant : Google comptait 100 000 annonceurs en 2002 et 150 000 en 2003 – dates auxquelles Overture, “l’inventeur” du système des liens sponsorisés, en revendiquait respectivement  80 000 et 100 000 –. Conséquence logique : la publicité représentait 95 % du chiffre d’affaires de Google en 2003 et 98 % pour le premier semestre 2004 !


Mais cette situation fragilise le moteur, ses résultats financiers étant à la merci d’une réduction des budgets publicitaires, d’un désintérêt soudain des annonceurs, de l’arrivée de concurrents sérieux, etc.
On ne sera donc pas étonnés que Google ait développé ces derniers mois son offre publicitaire, pour proposer aux annonceurs un service aussi attractif que possible.

• un nouveau produit en 2003 : la publicité contextuelle AdSense
La grande nouveauté en matière de publicité a été le développement d’un programme de “publicité contextuelle” (offre Content Target Advertising), permettant à un éditeur de site Web d’héberger des AdWords ciblés sur les pages statiques de son site, grâce à une analyse automatique du contenu des pages. Dès son lancement, ce programme  disposait donc d’un triple atout :
• il incitait les annonceurs à choisir le programme AdWords, ce qui leur permettait d’être présents dans Google ET dans des sites partenaires ;
• il offrait aux internautes des liens sponsorisés pertinents, puisqu’ayant trait au contenu de la page ;
• et il offrait aux éditeurs de site Web un revenu supplémentaire, puisque ceux-ci étaient rémunérés par Google au prorata du nombre de clics sur les liens.
Dans le même temps, Overture quant à lui proposait une offre similaire, avec le programme Content Match.

Réservée dans un premier temps à de gros sites éditoriaux en anglais (comme celui du groupe de presse Knight Ridder Digital, les sites HowStuffWorks, Blogger ou Weather Underground), l’offre de Google a été élargie pour être proposée aux petits sites, sous le nom de AdSense. Fin 2003, l’offre AdSense s’est internationalisée, pour toucher en particulier des sites en français, en espagnol, en italien...
Aujourd’hui, elle est disponible dans une douzaine de langues et couvre 250 pays !

La publicité contextuelle est une piste prometteuse car, selon Google, si 95 % du chiffre d’affaires de 2003 provenaient de la publicité, environ 15% de cette somme étaient issus des services de publicité contextuelle. Ce pourcentage était de 21% pour le premier semestre 2004...

• Google Search
Afin d’optimiser la présence des AdWords sur les sites affiliés au programme AdSense, Google propose depuis fin juin aux éditeurs d’ajouter un “champ de recherche Google” sur leur site ; leurs visiteurs peuvent ainsi compléter une recherche sur le site par une recherche sur le Web (avec Google), d’autres AdWords peuvent alors s’afficher et là encore, l’éditeur du site est rémunéré en fonction du nombre de clics sur les liens...

• enrichissements pour les offres AdWords et AdSense
Plusieurs enrichissements ont été apportés ces derniers temps aux offres publicitaires de Google :
• localisation : les annonceurs qui lancent une campagne AdWords peuvent désormais réserver l’affichage de leur annonce aux seuls internautes habitant dans une ville ou une région donnée. Cette fonctionnalité est disponible pour huit pays, dont les Etats-Unis et la France ;
• images : Google propose depuis peu aux annonceurs du programme AdWords d’enrichir leur message – jusqu’ici uniquement textuel – par des images, logo, bannières..., avec quatre possibilités de format (bannière verticale, horizontale, rectangle...).
Dans un premier temps cependant, ces images ne s’afficheront que sur les sites partenaires (membres du programme AdSense) qui le souhaitent et non sur les pages de résultats de Google...
• blogs : depuis fin août enfin, Google incite les utilisateurs de son service Blogger.com – qui offre à chacun les outils et l’espace pour créer son propre blog – d’afficher des publicités AdSense et donc d’être rémunérés au prorata des clics sur ces publicités... Google envisagerait par ailleurs d’ouvrir cette possibilité à tous les blogs. On notera que les AdSense diffusés sur des blogs sont également appelés “BlogSense”.

GOOGLE ET LES AUTRES : BATAILLE AUTOUR DES EMAILS


Le premier avril 2004, Google a diffusé un communiqué de presse qui a fait l’effet d’un poisson d’avril – à tel point que plusieurs sources ont hésité à propager la nouvelle, croyant à une farce et que Google a dû confirmer officiellement la véracité de l’annonce...
Le moteur annonçait en effet le prochain lancement de Gmail – un service de gestion de mails sur le Web (un “Webmail”) –, dont les caractéristiques semblaient fort alléchantes :
recherche : conçu sur la technologie de recherche de Google, Gmail permet de retrouver rapidement des emails reçus ou envoyés, en utilisant des mots-clés ou des possibilités de recherche avancées ;
stockage : pour que les utilisateurs aient la possibilité de garder tous les messages reçus, Gmail offre un stockage gratuit de un Go (!), soit 100 à 500 fois plus que ses principaux concurrents... (1 Go représente environ 500 000 pages d’emails...) ;
rapidité : pour que l’usage du service soit rapide et efficace, les messages sont classés automatiquement par discussions, ce qui permet de suivre dans leur contexte les questions/réponses et d’identifier plus aisément les spams...
• enfin, pour peaufiner son produit et inciter les internautes à changer de service, Gmail a ajouté en juillet deux fonctionnalités importantes : au début du mois, il a offert la possibilité d’importer aisément son carnet d’adresses depuis Outlook, Yahoo! Mail ou autre logiciel ; à la fin du mois, ce sont les messages qu’il a permis d’importer, depuis les Webmails de Yahoo!, Microsoft et AOL.

A ce jour, le service n’a pas encore été lancé officiellement : il est toujours en phase beta pour une période de quelques mois ; il est toutefois disponible en version test sur le site http://gmail.google.com.

Les quelques tests effectués semblent montrer un service performant*, mais il est un détail qui a mis Gmail au centre des débats : si le service est offert gratuitement, Google se rémunère en affichant, sur la droite de la boîte de réception ... ses publicités contextuelles AdSense...
Or, le principe même des publicités contextuelles est qu’elles s’affichent en fonction du contenu de la page, ici donc le contenu des emails...

Ce principe a fait bondir de nombreuses associations de défense du consommateur, qui ont vu là une atteinte au secret des correspondances privées.
Pour placer ces AdWords, Google analyse en effet le contenu des courriels – le moteur souligne néanmoins que cela est fait automatiquement ; mais surtout, il peut conserver des copies de courriels, même si l’internaute les a effacés de sa messagerie, voire s’il a clôturé son compte. C’est ce qu’il indique précisément dans ses conditions d’utilisation et qui fait couler tant d’encre...

D’autre part, certains craignent que Google soit tenté d’utiliser les données dont il disposera sur chaque internaute : données personnelles de Gmail et habitudes de navigation sur Google (cookies)...
L’ONG britannique Privacy International notamment (www.privacyinternational.org) est montée au créneau et a déposé une plainte contre Google devant la Commission européenne, tout en saisissant  les organismes de surveillance de la vie privée et de protection des données personnelles de 17 pays en Europe...
D’après elle, le service Gmail enfreint le droit à la vie privée, dans l’Union européenne mais aussi dans d’autres pays.

Cela étant, la première plainte de l’association déposée auprès de l’organisme britannique ICO (Information Commis-sioner's Officer) a été classée sans suite, au motif que les conditions d’utilisation de Gmail sont explicites quant à l’usage fait par Google des données personnelles des utilisateurs ; ces dernier ne peuvent utiliser Gmail que s’ils ont accepté ces conditions. Le service Internet est donc considéré comme légal. Face à cette levée de boucliers, Google a néanmoins différé le lancement officiel du service et a annoncé qu’il procéderait à certaines modifications, sans pour autant préciser lesquelles.

Comme si ces soucis ne suffisaient pas, Google va d’autre part devoir pallier une erreur – ou du moins une lenteur – de ses propres services. Il semble en effet que d’autres sociétés aient été plus rapides que lui dans le dépôt de la marque Gmail à l’USPTO (United States Patent and Trademark Office) ! Le propriétaire officiel de la marque est en fait la société californienne CenCourse, qui a déposé le nom une semaine après l’annonce du lancement...

Pour conclure sur Gmail, il est intéressant de noter que l’annonce de Google a eu un impact immédiat sur l’offre existante, pour le plus grand plaisir des internautes ; pour faire face aux fonctionnalités annoncées de Gmail, ses concurrents ont immédiatement augmenté la capacité de stockage qu’ils offraient :
• le portail Lycos, qui proposait déjà un service Webmail gratuit (CaraMail, étendu à 10 Mo de stockage), a annoncé en mai le lancement d’un service payant, offrant 1 Go de stockage (CaraMail Pro, 6,99 € par mois)  ;
• Yahoo! Mail a offert en juin 100 Mo d’espace de stockage pour son service gratuit, contre 4 Mo auparavant ; le service payant quant à lui dispose désormais d’une capacité de 2 Go, pour 15 € par an ;
• en juin également, MSN a annoncé la prochaine extension gratuite de son Webmail (Hotmail) à 250 Mo, contre 2 Mo aujourd’hui. L’offre payante (19,99 € par an) sera étendue à 2 Go (10 Mo actuellement).

DEVELOPPEMENTS FUTURS


Comme on le voit, depuis plusieurs mois, Google a investi davantage dans les développements commerciaux et publicitaires (avec Froogle et les AdWords) que dans l’amélioration de sa solution de recherche, jugée sans doute suffisamment efficace par ses concepteurs. Pourtant, le moteur est encore perfectible ; une utilisation possible de la troncature notamment rendrait ainsi des services précieux aux professionnels de l’information et à beaucoup d’autres...

Néanmoins, si mise à disposition de la troncature ne semble pas à l’ordre du jour, une visite sur le Laboratoire de Google (http://labs.google.com, voir Netsources n°42) apporte un éclairage intéressant sur les possibles évolutions du moteur.

• recherche personnalisée
Lancée en version beta sur les Laboratoires Google à la fin du mois de mars, la recherche personnalisée a pour objectif d’améliorer la pertinence des résultats du moteur, en offrant à l’internaute des données qui prennent en compte ses centres d’intérêt.

Préliminaire obligatoire, il faut donc remplir en premier lieu un profil (encore des informations personnelles dont Google disposera !), en choisissant dans une liste ses sujets d’intérêt, parmi douze domaines (arts/cinema ; business/industries ; computers ; health ; home...) et de multiples sous-domaines (accounting ; aerospace and defense ; agriculture and forestry ; arts and entertainment ; automotive ; biotechnology and pharmaceuticals...). Les thèmes indiqués sont alors enregistrés dans les Préférences du moteur. 

Une fois le profil enregistré et la requête envoyée, on obtient une page de résultats agrémentée – sous le logo de Google – d’un petit curseur permettant à l’internaute de préciser le degré de personnalisation qu’il souhaite.
Lorsque l’on fait glisser le curseur du minimum vers le maximum, les nouveaux algorithmes développés par Google réorganisent dynamiquement les résultats, pour placer en premières positions quelques pages censées être plus pertinentes, car plus centrées sur les domaines de prédilection de l’internaute. Ces résultats personnalisés (quelques-uns sur la première page de résultats uniquement) sont signalés par une icône spécifique ; à leur suite sont classés les résultats “standards” de Google.
http://labs.google.com/personalized

• Google Groups 2
Google a lancé en mai dernier dans ses laboratoires la nouvelle interface en version beta Google Groups 2, pour la recherche sur les archives des forums de discussion Usenet.
Plusieurs fonctionnalités ont été ajoutées à cette interface. Si la fonction première reste bien sûr la recherche sur les archives des 845 millions de messages postés depuis 1981 dans les forums Usenet, Google Groups voit désormais plus large et s’intéresse aux listes de diffusion, fonctionnant par email.
Concurrençant ainsi frontalement Yahoo! Groupes, Google Groups offre aux internautes la possibilité de créer leur liste de diffusion et de lancer des recherches sur les listes gérées par Google.

Par ailleurs, les messages postés sur les forums Usenet comme sur les listes de discussion sont désormais indexés dans un délai de 10 minutes, alors qu’il fallait souvent compter plus de 24 h auparavant.

Enfin, des options de personnalisation sont proposées au sein de My Groups, et permettent notamment de surveiller des groupes particuliers, de recevoir par mail les messages de certains groupes...
http://groups-beta.google.com

• après le Web, les PC...
D’après un article du New York Times paru le 19 mai (Google Moves Toward a Direct Confrontation With Microsoft), Google s’apprêterait à lancer dans les mois qui viennent un outil permettant d’effectuer des recherches sur les PC, pour localiser des fichiers textes et images ; cet outil  serait proposé gratuitement en téléchargement – c’est le “projet Puffin”...
Cet outil s’intègrerait à la Google DeskBar, apparue l’an dernier...
C’est là une réponse directe au futur système d’exploitation de Microsoft (Longhorn), qui offrira d’après ses concepteurs des fonctionnalités étendues de recherche sur le Web et sur les ordinateurs...

LA RANCON DE LA GLOIRE : GOOGLE EST LA CIBLE DE PIRATES EN TOUT GENRE


C’est la triste rançon de la gloire... Google étant le moteur le plus utilisé par les internautes, il fait l’objet de piratages en tout genre...
Les “Google Bombing”** par exemple font les choux gras de la presse et sont la frayeur des politiciens...
Il s’en créé régulièrement, qui visent des personnalités (Jacques Chirac, Jean Dionis du Séjour, Silvio Berlusconi...), des sociétés (SCO Group...), des événements (fête de l’internet...), ou qui constituent le principe utilisé pour des concours de positionnement (par exemple sur l’expression “mangeurs de cigognes”...).

Mais il y a plus grave.
Il y a quelques mois, un informaticien américain a tout simplement menacé Google de distribuer à des spammeurs un logiciel de son invention, capable de cliquer automatiquement sur les liens sponsorisés – et par conséquent de perturber tout l’équilibre du système –, si le moteur ne lui remettait pas la somme de 100 000 $. Au final, Google n’a pas payé, les menaces ont été enregistrées et le maître chanteur a été arrêté...

Des virus ont également été créés spécifiquement pour attaquer des moteurs de recherche. Fin juillet par exemple, une variante du ver MyDoom (MyDoom-O) a été lancée pour “engorger” des moteurs de recherche (Google principalement, mais aussi Lycos, Yahoo et AltaVista) et les rendre inutilisable ; résultat : pendant plusieurs heures, Google a répondu aux requêtes en envoyant un message d’erreur....

Enfin, début août, des spécialistes de la sécurité informatique expliquaient à Las Vegas que les fonctions avancées de Google (intitle, inurl, filetype, numrange...) étaient utilisées par les hackers pour trouver de nombreuses informations financières ou confidentielles, comme les numéros de sécurité sociale, les numéros de cartes de crédit, des listes de mots de passe pour se connecter à des banques de données ou des serveurs... Des pratiques tellement “courantes” qu’un site américain s’en fait la vitrine... (I’m Johnny - I hack stuff ; http://johnny.ihackstuff.com/).

Après lecture de ces quelques pages sur Google, on aurait envie de fredonner une nouvelle version du générique bien connu, rebaptisée pour l’occasion “Google, ton univers impitoyable...”.

Google est aujourd’hui le moteur fétiche des internautes français et le préféré des Américains (qui l’utilisent pour 56% de leurs recherches). Reste que cette prédominance n’est pas acquise.
Un effondrement des budgets publicitaires, ou une offensive aggressive de Microsoft, peuvent déstabiliser le moteur.

Ceci explique les diversifications de Google dans des domaines moins prisés des professionnels, comme le commerce en ligne, la publicité, la messagerie, etc.
Il ne faudrait pas pour autant qu’il néglige ce qui a fait son succès : la recherche sur le Web...

*Pour une analyse détaillée des fonctionnalités du service, on lira avec profit l’article d’Olivier Andrieu, paru dans la lettre Recherche & Référencement d’avril 2004.
**Le Google Bombing est un procédé qui consiste à tirer parti du critère de classement de Google – qui prend en compte essentiellement les liens qui pointent vers les pages – pour faire apparaître en premier résultat du moteur, pour un mot-clé péjoratif, un site donné. Pour cela, les auteurs du Google Bombing créent de nombreux liens qui contiennent ce mot-clé – si possible depuis des pages ayant un bon “page rank” – et qui pointent vers le site de leur victime...
Parmi les “Google Bombing” célèbres, on citera la requête “miserable failure”, qui affiche en premier résultat ... la biographie officielle de Georges W. Bush.

IPO DE GOOGLE : TEMPETES SUR LE MONDE BOURSIER
Les premières rumeurs concernant la possible entrée en Bourse du plus célèbre des moteurs ont fait leur apparition en décembre 2002 sur le site de Forbes Magazine et annonçaient une IPO au cours du premier trimestre 2003... Il faudra en fait attendre  le 29 avril 2004 pour que le moteur dépose son dossier d’introduction en bourse auprès de la SEC (Securities & Exchange Commission) et les mois qui suivront seront riches en bouleversements et péripéties...

Alors que l’IPO de Google était annoncée comme l’événement majeur de l’Internet en 2004, la société devra faire face à une enquête de la SEC relative à des distributions d’actions dans le passé non enregistrées, à des controverses sur le mode d’introduction en bourse – originaux jusqu’au bout, les dirigeants de Google ont décidé de vendre les actions sur Internet, par le biais d’enchères, ce qui a fortement déplu aux investisseurs...–, à des variations (à la hausse puis à la baisse) dans le choix du volume et du montant des actions prévus pour l’introduction en Bourse et enfin à des inquiétudes suite à la publication d’une interview des deux cofondateurs de Google dans le magazine Playboy, pendant la “quiet period” précédent l’introduction, ce qui est en principe interdit...

C’est finalement le 13 août 2004 (un vendredi bien sûr !) qu’ont démarré les enchères de l’introduction en Bourse ; épilogue heureux, l’entrée au Nasdaq le 19 août a été une réussite, avec des actions en hausse de 18,04 % dès l’ouverture... Mais déjà, certains craignent une trop grande volatilité du titre....

ADWORDS : QUAND LA SIMPLICITE MENE AUX DERIVES...
La rapidité de mise en place d’une campagne est indéniablement l’un des atouts des AdWords. La mise en ligne d’une annonce est en effet simplissime, puisqu’il suffit à l’annonceur de créer son annonce (définition du texte et choix des mots-clés pour lesquels elle devra s’afficher), d’indiquer le montant maximum qu’il est prêt à payer pour chaque clic (c’est le principe du CPC), ainsi que la somme quotidienne allouée à la campagne, d’indiquer les éléments de facturation, de valider  ... et l’annonce est en ligne. Le coût est uniquement fonction du nombre de clics sur l’annonce – et donc du nombre de visites sur le site de l’annonceur –. Quant au positionnement, il est défini à partir d’un subtil mélange (élaboré par Google) entre le CPC indiqué par l’annonceur et les performances de l’annonce, déterminées par l’intermédiaire de son taux de clics (CTR). Autrement dit, les annonceurs qui payent le plus cher ne sont pas systématiquement les premiers (contrairement à ce qui se passe avec Espotting et Overture).

Cela étant, ce principe de fonctionnement a causé moult soucis à Google, qui s’est vu assigner en justice pour deux raisons principales :

• contrairement au principe adopté par Overture et Espotting – qui valident les annonces avant leur parution –, la mise en ligne d’une annonce sur Google est immédiate et se fait sans qu’il y ait validation de sa conformité ; il y a toutefois, théoriquement, une validation “a posteriori”, 24 à 48 heures après la mise en ligne. Cette absence de vérification a priori a conduit à des dérives, certains annonceurs peu scrupuleux n’ayant pas hésité à utiliser comme mots-clés les noms de leurs concurrents, pourtant dûment enregistrés comme marque déposée. Des sociétés comme Xiti, Rentabiliweb ou Louis Vuitton ont ainsi été victimes de “position squatting”... Selon les cas, ces dérives ont été résolues à l’amiable ou devant un tribunal...

• la technologie des AdWords utilise le principe du “broad match” ; cela signifie que lorsqu’un internaute saisit une requête composée de deux mots par exemple, il voit s’afficher les AdWords indexés avec l’un ET/OU l’autre des mots-clés. Ce “OU” est la cause de plusieurs litiges et notamment du procès intenté par les sociétés Luteciel et Viaticum, propriétaires en particulier des marques “Bourse des Vols” et “Bourse des Voyages”. Elles ont accusé Google d’afficher, lors d’une requête sur leurs marques, des AdWords menant vers les sites concurrents – qui n’avaient en fait acheté que l’un des mots (voyages ou vols). Le moteur ayant refusé un règlement à l’amiable, l’affaire a été portée en octobre 2003 devant le tribunal, qui a condamné Google, pour contrefaçon de marques, à verser aux plaignants 70 000 euros de dommages et intérêts et 5 000 euros au titre des frais de justice... Plusieurs affaires similaires sont en cours, en France et aux Etats-Unis...

La troncature à pile ou face...
Les professionnels de la recherche, habitués à la syntaxe rigoureuse des serveurs classiques, risquent fort d’être désemparés face à l’approximation des informations données par Google dans sa rubrique d’Aide, sur l’utilisation de la troncature...
• Sur la version française du moteur en effet, il est  clairement indiqué que “Pour garantir des résultats aussi précis que possible, Google n'applique pas de “lemmatisation” (réduction des mots au masculin et/ou au singulier, à l'infinitif, etc.) et ne supporte pas les recherches à base de caractères joker/wildcard.” C’est une information claire, nette et sans ambiguïtés...
• Sur l’aide de la version internationale en revanche, et comme nous l’avions indiqué dans le n°48 de Netsources, il est inscrit que “Google now uses stemming technology. Thus, when appropriate, it will search not only for your search terms, but also for words that are similar to some or all of those terms. (...)
Autrement dit, Google utilise la troncature selon son bon vouloir (et uniquement le sien !), quand il le juge approprié et sur certains mots seulement... Selon d’autres sources, cette troncature implicite mais pas automatique n’est utilisée, pour le moment du moins, que pour des mots en anglais. Une précision qui a son importance, même sur l’interface en français !




 

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