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Netsources, Numéro de Mai-Juin 2004 - n°50 La syndication de contenu :Un nouveau concept de partage de l'information |
Auteur : Jennifer Clerté |
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RSS : Qu’est ce que c’est ?
Vous avez sans doute déjà rencontré sur certaines pages Web ces petites icônes – orange pour les flux XML, bleues pour les flux RSS – qui, lorsque l’on clique dessus, renvoient vers une page de codes sources incompréhensibles. Placées ainsi sans autres explications, elles restent enveloppées d’un parfum de mystère pour un grand nombre d’internautes. Mais il s’agit pourtant là de la signature d’un nouvel arrivant sur le point de bouleverser l’espace du Web. La technologie du RSS réside en fait dans l’édition automatique d’un résumé du contenu ajouté sur un site – généralement des actualités –, grâce à ses balises sources. L’ensemble de ces informations (titre, chapeau, date et heure de publication...) constitue le flux d’information et peut être republié par d’autres sites : c’est ce qu’on appelle la syndication de contenu. Le RSS permet aussi à l’internaute de recevoir directement, sur son ordinateur, ces flux d’actualités offerts par certains sites – il lui faut pour cela disposer d’un lecteur de flux RSS, téléchargeable souvent gratuitement depuis le Web. Issu de l’expression “Rich Site Summary” (sommaire de site enrichi) puis plus souvent traduit “Really Simple Syndication” (syndication vraiment simple), le RSS est né de deux mouvements : les deux sociétés Userland Software et Netscape ont tout d’abord développé une technologie appelée RSS dès 1999, basée sur la norme XML. Parallèlement, le groupe de travail RSS-DEV, présidé par Rael Dornfest (O'Reilly) et constitué de plusieurs fournisseurs de services tels que David Galbraith (Moreover), a également développé une technologie similaire, mais basée sur la norme RDF. La technologie du RSS est donc aujourd’hui scindée en deux : d’une part RSS 1.0 basée sur le format RDF et d’autre part RSS 2.0 basée sur le format XML. Ce double développement constitue, comme on le verra, une des limites de cette technologie. UNE NOUVELLE SOLUTION DE DIFFUSION ET DE PARTAGE DE L'INFORMATIONDepuis 1999, la syndication de contenu s’est fortement développée. Elle fut tout d’abord promue par les weblogs, qui ont vu dans cette technologie un nouveau moyen de diffuser l’information librement et gratuitement. Depuis, le phénomène s’est étendu à d’autres types de sources d’informations plus officielles. Certains grands médias ont fait le choix de diffuser leurs fils d’actualités grâce à ce moyen et de le partager avec d’autres sites. C’est le cas, par exemple, de la BBC. Il est bien évident que cette nouvelle forme de diffusion de l’information ne peut en aucun cas remplacer l’usage des bases de données. Elle n’offre en effet aucune solution en terme d’archivage ou de recherche de l’information. Cependant, elle peut être utilisée parallèlement aux bases de données pour surveiller des sources ciblées et, dans le cadre de l’usage d’Internet, elle apporte de nombreux avantages pour les professionnels du Web comme pour les internautes. UN ECHANGE DE BONS PROCEDES ENTRE WEBMASTERSLa méthode de syndication de contenus a été très rapidement adoptée et promue par de nombreux weblogs, puis par d’autres sites d’actualités. Elle permet en effet aux sites qui rediffusent un flux RSS de voir leur contenu mis à jour régulièrement sans aucun coût de temps ni d’argent. Les sites éditant un flux syndiqué gagnent quant à eux en popularité et voient leur trafic augmenter, car l’internaute doit retourner sur leurs pages pour consulter le texte intégral des actualités. UN INTERNAUTE PLUS LIBRESur le modèle du push, le RSS permet à l’internaute d’être alerté périodiquement de la mise à jour d’un site. Pour cela, il doit tout d’abord choisir un lecteur RSS, qui lui permettra de lire les fils d’actualités RSS. Il peut ensuite s’abonner aux différents flux de son choix en renseignant l’adresse RSS du flux sélectionné au sein de son lecteur. Outre la possibilité d’accéder gratuitement à un nombre infini de fils d’informations, regroupés et gérés par un seul outil, le RSS apporte de multiples avantages. En premier lieu, il dispense l’internaute de renseigner son adresse mail pour accéder au fil d’informations. Il peut donc pour la première fois s’abonner à un service du Web tout en restant anonyme. Ceci constitue par là-même un nouveau moyen de lutter contre les spams, qui se nourrissent des adresses mails renseignées sur Internet pour polluer toutes les messageries de la planète. Enfin, les lecteurs RSS permettent d’être alerté en temps réel de l’édition d’une nouvelle mise à jour. L’internaute gagne par conséquent du temps puisqu’il n’a plus à se connecter aux sites pour vérifier si un nouveau contenu à été publié. Convivial, anonyme et souvent gratuit, on imagine facilement que le flux RSS pourra se substituer aux lettres électroniques. UN UNIVERS EST NEComme toute nouvelle technologie, le RSS s’accompagne d’une foule de nouveaux outils. Ainsi, de la même façon qu’il existe des éditeurs de pages Web ou de scripts Java, de nouveaux outils d’édition de contenu RSS ont vu le jour. On distingue d’une part les outils permettant de créer un flux RSS et d’autre part ceux grâce auxquels les webmasters peuvent intégrer un flux sur leur propre site. L’internaute peut, pour sa part, télécharger un lecteur de RSS afin de recevoir les flux d’actualités et les lire directement sur son poste. Conçu sur le modèle d’une messagerie mail, cet outil reçoit les nouvelles actualités émises par les flux sélectionnés et en alerte l’utilisateur. On peut aussi choisir de lire les flux de son choix en ligne grâce à des sites offrant des modules personnalisés de lecture de flux RSS. Comme pour toute source d’information, il est pratiquement impossible de trouver un flux précis dans l’immensité du Web sans l’aide d’un outil de recherche adéquat. Pour cela, il existe donc de nouveaux moteurs et annuaires spécialisés dans l’identification des flux RSS. On retiendra notamment l’annuaire français de egs-howto.com, le site de Newsisfree qui référence plus de 9 900 flux ou le tout nouveau RssFeeds.com, qui recense plus de 87 000 fils RSS (voir p.8)... Du côté des moteurs de recherche, blogdigger ou feedster.com permettent de réaliser des recherches par mots-clés. On obtient alors non seulement une liste de flux pertinents, mais également un lien vers les actualités des différents flux correspondant à la recherche. Cette technologie devenant incontournable, les acteurs traditionnels du Net commencent aussi à s’y intéresser. Yahoo propose par exemple plusieurs flux RSS pour les actualités qu’il recense au sein de son module de news (news.yahoo.com). De plus, il offre la possibilité aux internautes de gérer et de lire les fils RSS de leur choix au sein de leur espace personnel My Yahoo. Le RSS semble donc bien devoir constituer la “nouvelle” révolution du monde du Web*. Il est à l’origine d’un nouveau type de sites se contentant de rediffuser un fil d’information. Il risque aussi de changer les comportements de l’internaute, qui aura de moins en moins recours à sa messagerie et à son navigateur pour accéder à l’information. Cependant, il ne faudrait pas annoncer trop rapidement la naissance d’une nouvelle aire du Web. En effet, cette technologie a aussi ses limites, qui risquent de nuire à son développement. BEMOLSComme on l’a évoqué précédemment, le RSS est issu de deux initiatives distinctes, basées sur deux formats différents. Du fait de ces axes de développement incompatibles, il n’existe aujourd’hui pas de normes pour cette technologie. Malgré l’inconvénient que cela représente, la plupart des lecteurs fonctionnent désormais avec les deux formats RDF et XML ; l’utilisateur n’a donc pas à se soucier de ce détail. De plus, un projet de standardisation, nommé ATOM, est actuellement en cours d’élaboration. Le RSS pose également un problème concernant le modèle économique du Web. En effet, la consultation des flux RSS ne nécessitant plus d’aller systématiquement visiter les sites d’information, on peut craindre une sensible diminution du trafic en terme de pages vues. L’économie du Web, essentiellement basée sur le financement publicitaire, risque donc d’en pâtir. Enfin, bien que cette technologie se soit fortement développée aux Etats-Unis, la France reste encore une fois en retard. Les éditeurs français, dont on connaît l’attachement au droit de copie, rechignent encore à adopter ce type de solution, de crainte de ne plus pouvoir contrôler la diffusion de leur contenu. Mais ne pouvant rester à l’écart de cette tendance, ils sont de plus en plus nombreux à offrir un fil RSS (L’Humanité, Le Monde Diplomatique, Le Nouvel Observateur...). Quoiqu’il en soit, le RSS va sans aucun doute poursuivre son chemin. La plupart des navigateurs et logiciels de messagerie proposent d’ores et déjà des lecteurs de fils RSS à intégrer à leur interface. De nouvelles fonctionnalités basées sur le RSS fleurissent chaque jour. Citons par exemple l’annonce de nouveaux produits ou offres commerciales, la diffusion de communiqués et même l’alerte des crues ou autres catastrophes naturelles… Il paraît donc difficile d’ignorer le phénomène, car le risque serait alors de passer à côté d’un tournant technologique majeur. *Avec un fonctionnement similaire à celui du RSS, les systèmes push ont connu leur heure de gloire dans les années 1996-1998, certaines prévisions allant jusqu’à annoncer que le Web allait se transformer en “télévision géante”... Pionnier dans le domaine, PointCast a ainsi atteint rapidement 10 millions d’utilisateurs. Son utilisation était simple : après avoir téléchargé le logiciel (gratuit), l’internaute choisissait les canaux d’information qu’il souhaitait recevoir, au sein d’un bouquet de programmes (CNN, bourse...) ; les actualités étaient ensuite chargées en continu, dès que l’ordinateur n’était pas utilisé... Mais la très forte consommation de ressources de ces systèmes (bande passante et mémoire), comme la présence incessante de publicités, expliquent qu’après quelques années d’engouement, les systèmes de push offline n’aient pas rencontré le succès escompté... |
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