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Netsources, Numéro de Septembre-Octobre 2002 - n°40 Actualité des outils de recherche |
Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
NOUVEAU LOOK POUR YAHOO!Suivant de peu l’exemple de la version américaine, Yahoo! France vient d’inaugurer sa nouvelle page d’accueil, dans laquelle le répertoire de site Web – pourtant le cœur de Yahoo! – occupe une place nettement plus limitée. Les services Yahoo! (Communiquer, Vos loisirs...), les actualités et les galeries marchandes ont été mis en avant, et le Guide des sites Internet, avec ses quatorze grandes catégories, n’occupe plus que le quart inférieur gauche de l’écran.Ce changement de mise en page est loin d’être anodin, et l’on peut penser que le développement du positionnement payant n’est pas totalement étranger à la décision. En effet, l’annuaire ainsi présenté n’apparaît pas entièrement sur l’écran de l’ordinateur, ce qui incitera sans doute de nombreux internautes désorientés à utiliser la recherche par mots. Or, lors d’une recherche par mots, les premiers résultats qui apparaissent sont – si le mot a été “acheté” bien sûr – les cinq premiers liens promotionnels d’Espotting France sur Yahoo! France et les quatre premiers d’Overture sur Yahoo.com*. La nouvelle version ayant justement accentué l’intégration des liens payants dans les pages de résultats, il est probable que ces derniers verront augmenter leurs taux de clic, ce qui augmentera d’autant le chiffre d’affaires de Yahoo. Car la part des emplacements publicitaires dans le chiffre d’affaires de l’annuaire est loin d’être négligeable, si l’on en croit l’article de Jim Hu paru dans CNET News.com (news.com.com), intitulé Yahoo’s Overture Economy. D’après des analystes financiers américains, le partenariat avec Overture – signé pour trois ans, de façon non exclusive – a en effet rapporté à Yahoo.com la modique somme de 30 millions de dollars, pour le seul troisième trimestre 2002. Ce partenariat est donc extrêmement profitable à Yahoo!, et tout porte à croire que sans lui, les résultats des deux derniers trimestres auraient été négatifs. Toujours d’après les analystes, les revenus provenant d’Overture contribueraient pour moitié aux résultats du trimestre. Par ailleurs, si aucun des partenaires n’a voulu préciser les termes de l’accord, les analystes de Wall Street estiment généralement que 65 % du montant payé par l’annonceur (à Overture) pour chaque clic sur son site revient à Yahoo!. Cette répartition très généreuse pour Yahoo! s’explique par la notoriété de l’annuaire, qui est à l’origine de 25 % environ des ventes d’Overture. Si la page d’accueil de Yahoo! a été notablement modifiée, de nombreux changements ont été également apportés aux pages de résultats. Sur Yahoo! France par exemple, la page de résultats affiche successivement : - la liste des éventuels services Yahoo! sur le sujet ; - la liste des deux premières catégories répondant à la recherche, avec un lien “Afficher les xx catégories suivantes” (auparavant, les cinq premières catégories s’affichaient) ; - les cinq premiers liens promotionnels fournis par Espotting France. Si ces liens promotionnels figuraient, dans la version antérieure, dans un encadré grisé qui les distinguait nettement des sites identifiés, ce n’est plus le cas dans cette version. Les liens d’Espotting sont certes surmontés de la mention “Liens promotionnels - emplacements payants”, mais leur présentation est très proche de celle des résultats de Yahoo ; avec la diminution du nombre de catégories indiquées, ils s’affichent par ailleurs dans la partie centrale de l’écran, et devraient attirer plus d’un internaute ; - vient enfin la liste des “Pages Web”, correspondant en fait à la liste des sites de l’annuaire. Pour chacun, sont mentionnés le nom, une très brève description, l’arborescence dans laquelle il est indexé (avec un lien vers la catégorie finale) et, fait nouveau, l’URL. On s’étonnera de cette appellation de “Pages Web” (au lieu de “sites”), qui ne peut que rendre plus floue pour l’utilisateur la distinction pourtant fondamentale entre annuaire et moteur. On notera également que pour le classement des sites, Yahoo! semble s’appuyer désormais sur la présence du mot dans le titre, les catégories... et non sur l’indice de popularité calculé par Google, comme il le faisait jusqu’ici. D’autre part, l’écran de résultats est surmonté d’une barre donnant le récapitulatif des résultats obtenus avec, plus précisément, le nombre de catégories (et la possibilité d’y accéder directement), le nombre de pages Web (qui sont en fait les sites Web de Yahoo!) et un lien Autres pages Web, permettant d’afficher directement les résultats de Google, puisque Yahoo! a décidé finalement de prolonger son partenariat avec le moteur. Ces résultats s’affichent précédés de la seule mention “ATTENTION : les résultats suivants sont fournis par Google et ne sont pas contrôlés par Yahoo! France”. Le logo de Google a quant à lui disparu. On notera que le lien Autres pages Web est cliquable quel que soit le nombre de sites identifiés, ce qui n’était pas le cas auparavant (les résultats de Google n’étaient proposés que lorsqu’aucun site n’était identifié dans la base de Yahoo). Enfin, la barre propose le lien Actualités, qui affiche les dernières actualités contenant les termes de la requête. Avec cette nouvelle version, l’utilisateur – tout au moins l’utilisateur professionnel – ne gagne pas forcément au change. L’écran d’accueil favorise nettement les services destinés au grand public (astrologie, shopping, sonneries pour mobiles, tchatche...), au détriment du guide des sites. Ce dernier semble pour sa part tout faire pour favoriser les liens promotionnels ; la nouvelle version les met en valeur dans la page, ce qui renforce encore le sentiment de fouillis que peut donner la liste de tous les sites, classés sous la mention “Pages Web”, dans un ordre qui semble aléatoire... Bref, Yahoo! France perd un peu de son âme, mais c’est le lot de nombreux outils de recherche sur le Web... NOMADE : NOUVEL ACCORD AVEC OVERTUREDans le panorama du référencement payant que nous avions dressé dans le numéro 38 de Netsources (mai/juin 2002), nous avions souligné le développement des offres de positionnement payant, l’arrivée sur le marché européen d’Overture – en concurrence frontale avec Espotting –, et nous nous interrogions sur la politique future des outils de recherche, qui allaient être très sollicités par ces acteurs.D’ores et déjà, les choix de Nomade s’annonçaient intéressants à suivre, puisque cet annuaire avait signé un accord avec Espotting France pour la fourniture de liens sponsorisés, tandis que le groupe Tiscali (auquel il appartient), avait lui signé un partenariat avec Overture. En fait, pour ne pas faire de jaloux, Nomade annonce que : - lors d’une recherche par mots, les premiers résultats qui apparaissent sont toujours les liens payants fournis par Espotting France (dans une limite de vingt), suivis des sites pertinents identifiés dans la base de Nomade ; - lors d’une recherche par rubrique et sous-rubrique en revanche, Nomade affiche en premier lieu, depuis fin novembre, les trois premiers liens payants fournis par Overture. Pour le moment, ces liens sont limités à trois, et se distinguent relativement bien des sites de Nomade. Il reste à espérer que le partenariat avec Overture ne suivra pas l’exemple de l’accord avec Espotting, et que les liens sponsorisés resteront limités à trois ! |
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