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Netsources, Numéro de Septembre-Octobre 2003 - n°46 AOL France fait son entrée dans la cour des grands |
Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
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Lancée en avril 2002 (voir Netsources n°38), la nouvelle version
d’AOL.fr s’est caractérisée dès le départ par son positionnement
hybride.
La recherche sur le Web français s’effectuait en effet de façon simultanée sur : - un annuaire de sites Web francophones – environ 90 000 sites indexés dans 12 000 catégories –, géré par la société Cybion et réalisé initialement à partir des données de l’annuaire Looksmart France ; - un index de plus de 50 millions de pages Web essentiellement francophones, fourni par Exalead. En complément de ce fonds original, le nouvel AOL avait comme point fort d’utiliser la technologie d’Exalead pour offrir des expressions associées aux mots de la requête ; basée sur des algorithmes statistiques, cette technologie met en effet en évidence les concepts et expressions connexes qui apparaissent le plus fréquemment dans les pages qui répondent à la question. Ainsi, lors d’une recherche avec le mot portables, AOL affiche au dessus de la liste des résultats des expressions utiles pour affiner ou élargir sa requête : Sonneries polyphoniques de portables ; Nouveauté polyphonique ; Terminaux portables ; Bons plans du moment ; PC portables ; Logos animés ; Jeux java ; Ordinateurs de bureau. Chaque expression peut être cliquée, et afficher à son tour une liste de pages Web surmontée, selon le nombre de résultats, d’une liste d’expressions connexes. Dès l’origine, les atouts d’AOL.fr étaient indéniables ; mais ses défauts l’étaient tout autant : les possibilités de recherche étaient basiques et les services offerts au grand public (météo, horoscope, programmes TV...) occupaient une part trop importante de l’écran d’accueil... Prenant sans doute la mesure de ses faiblesses, AOL.fr a récemment enrichi de façon notable son portail, qui peut désormais se mesurer sans craintes aux plus grands. DES ACCES DIFFERENTS POUR LES SERVICES (WWW.AOL.FR) ET LA RECHERCHE (RECHERCHE.AOL.FR)Première modification, et non des moindres, les rubriques de l’annuaire sont désormais accessibles uniquement depuis une adresse dédiée : recherche.aol.fr. Il est certes possible, sur le portail AOL France (www.aol.fr), de faire une recherche par mots sur l’annuaire de sites et sur l’index francophone – et les résultats sont alors les mêmes que via l’interface recherche.aol.fr –. Mais les seuls liens proposés sur le portail concernent les services d’AOL, et non les sites de l’annuaire (Annuaire téléphonique, Billetterie, Emploi, Immobilier, Jeux, Logithèque, Programmes TV, Recettes cuisine, Sorties, Trafic routier, Voyage). On s’étonnera d’ailleurs qu’aucun lien ne soit proposé vers la grille recherche.aol.fr, ce qui risque fort de désorienter les utilisateurs occasionnels de l’annuaire, qui pourront penser que ce dernier a disparu... L’interface Recherche (recherche.aol.fr) bénéficie quant à elle d’un graphisme épuré (un seul bandeau publicitaire...), et est dédiée à la recherche, rien qu’à la recherche ; elle suit en cela la tendance actuelle de sobriété des outils (Yahoo! Recherche...). La page d’accueil d’AOL Recherche met en avant la zone de saisie par mots, avec deux onglets permettant de définir le champ de requête : • Web français : la requête est lancée simultanément sur l’annuaire de sites et sur l’index d’Exalead ; • Web mondial : la recherche est lancée sur un index de pages Web, de toutes langues et de tous pays. L’annuaire n’est pas interrogé ici (même si la question est en français), et les expressions connexes ne sont pas fournies. Les résultats étaient à l’origine issus de l’index d’Inktomi. Mais AOL Time Warner a signé en mai 2002 un accord avec Google Inc., aux termes duquel l’index de Google devait être utilisé pour les sites AOL.com, Compuserve et Netscape. Cet accord semble aujourd’hui étendu aux résultats “Web mondial” d’AOL France, même si des requêtes identiques lancées simultanément sur AOL (option Web mondial) et sur Google présentent des différences quelquefois importantes quant au nombre de pages identifiées ; le classement des premiers résultats est en revanche quasiment le même. On notera d’autre part que Netscape.fr – qui appartient au groupe AOL –, affiche strictement les mêmes résultats qu’AOL France lors d’une recherche par mots, sur le Web français comme sur le Web mondial. Les deux outils se ressemblent d’ailleurs fortement dans leur présentation comme dans leurs fonctionnalités, à quelques détails près. Parmi ces détails, le nombre de “concepts associés” affichés lors d’une recherche sur le Web français diffère sur les deux outils : il est de huit maximum sur AOL France, alors qu’il peut atteindre quinze sur Netscape.fr ! De la même façon, la présentation des résultats, et plus particulièrement des rubriques et sous-rubriques, n’est pas la même sur les deux outils, lorsque l’on consulte l’annuaire par clics successifs. DES POSSIBILITES DE RECHERCHE AVANCEESLe principal reproche que l’on pouvait faire à la précédente version d’AOL France concernait les possibilités de recherche minimalistes. A tel point qu’il était difficile de déterminer l’opérateur employé par défaut (si toutefois y en avait un !). Cette limitation appartient désormais au passé... Début août en effet, AOL Recherche s’est paré d’un onglet Options qui permet de préciser sa question de façon relativement satisfaisante. Un clic sur Options affiche une grille sur laquelle il est possible de spécifier que la recherche doit se faire : - avec un ou plusieurs mots ; ils seront alors reliés implicitement par l’opérateur AND ; - sur d’éventuels synonymes ; les mots sont alors reliés par l’opérateur OR ; - en privilégiant les documents qui contiennent certains mots ; - en excluant les documents qui contiennent d’autres mots. On peut d’autre part limiter la recherche à un type de fichier particulier, à choisir dans un menu déroulant : Adobe Acrobat PDF (.pdf), Adope Postscript (.ps), Microsoft Word (.doc), Microsoft PowerPoint (.ppt), Microsoft Excel (.xls), RTF (.rtf). Il est en revanche impossible de rechercher plusieurs types de fichiers en même temps, comme on peut le faire sur AlltheWeb et Google (sur Google par exemple, il suffit de rajouter aux mots-clés filetype:pdf OR filetype:doc...). On peut également : - limiter la recherche aux pages d’un site (équivalent de l’opérateur site: sur Google, AlltheWeb et AltaVista) ; - rechercher les pages liées à une page donnée (opérateur link: sur Google, AlltheWeb et AltaVista) ; - rechercher les pages similaires à une page donnée (opérateur related: sur Google et like: sur AltaVista). Ces options, qui n’ont rien d’innovant et que l’on retrouve sur la plupart des moteurs, permettent de formuler sa requête de façon relativement précise. Elles restent toutefois bien en-deçà de ce que proposent par exemple Google, AlltheWeb et AlVista, sur lesquels on peut notamment combiner la recherche de mots sur le titre, l’URL, etc. D’autre part, et c’est plus ennuyeux, nous avons remarqué lors de nos tests certains résultats étranges, d’autant plus difficilement explicables qu’il n’y a strictement aucune aide à la recherche sur le site. Ainsi par exemple, on peut penser que la troncature est comprise par le moteur – ce qui est une qualité indéniable –, si l’on inscrit le symbole * à la fin d’une chaîne de caractères. Mais les règles de fonctionnement sont difficilement compréhensibles. D’après les tests que nous avons effectués, il nous semble que : - cinq lettres au moins sont nécessaires avant le symbole * : elec et elec* donnent par exemple le même nombre de réponses (33 708) ; - lorsque le mot ou la racine contient au moins cinq lettres avant le symbole *, la troncature est prise en compte ; la recherche se fait alors avec une troncature illimitée à droite (electri* identifie électricien, électricité, électrique, electric...), mais aussi, c’est plus rare, avec une troncature d’un caractère à gauche du symbole * (électri* identifie electre, electronico, électronique...). Enfin, il nous semble que certaines recherches sont effectuées automatiquement avec une troncature à droite (d’un caractère), mais nous n’avons pu comprendre la logique du système : - locarn (charmante ville de Bretagne) identifie 172 résultats, tous pertinents ; - locare identifie 39 résultats, tous pertinents ; - institut locarn sélectionne 43 pages ; 40 d’entre elles sont pertinentes ; en revanche, trois contiennent les mots institut et locare – mais pas locarn –. Cette histoire de troncature explique sans doute les résultats illogiques que nous obtenons pour certaines requêtes : - annuaires identifie 277 330 résultats ; - annuaires moteurs en obtient ... 396 835 ! Un grand nombre de pages contiennent en fait l’un ou les deux mots au singulier... Il est impossible a priori de faire une recherche strictement à l’identique. En écrivant la requête avec le symbole + devant les mots (+annuaires +moteurs, comme l’on peut le faire sur Google) ou en écrivant les mots entre guillemets (“annuaires” “moteurs”), on obtient le même nombre de résultats... UNE RECHERCHE SUR LES FICHIERS IMAGES, AUDIO ET VIDEOAutre nouveauté, AOL France a élargi en août dernier son index aux fichiers images, audio et vidéo*, symbolisés par de petits pictos sous la zone de saisie. - La recherche d’images Lors d’une recherche de fichiers images on observe, comme pour la recherche sur le Web mondial, de grandes similitudes avec les résultats obtenus sur Google (Google Images ici). Rien de plus logique, puisque la technologie utilisée pour cet index est bien celle de Google.Cela étant, et comme pour la recherche sur le Web mondial, les réponses ne sont pas strictement identiques, et une même recherche sur les deux outils obtient des résultats légèrement différents, tant pour le nombre de documents que pour leur classement. Bizarrement, lors de nos tests, le nombre d’images identifiées était systématiquement plus important – d’environ 10% – sur AOL France que sur Google. En fait, AOL France offre au-dessus des images une option discrète que ne propose pas Google : “Filtrer les contenus adultes Oui/Non”. C’est le choix Non qui est coché par défaut. Lorsque l’on relance la recherche en activant l’option filtrage, le nombre de réponses est alors identique sur les deux moteurs. Si le nombre de réponses est le même, Google possède toutefois deux avantages sur son concurrent : -il offre à droite de la zone de saisie un lien Images -- Recherche avancée qui affiche une grille spécifique pour la recherche d’images. Celle-ci permet bien sûr de préciser que sa requête doit comprendre tous les mots, un des mots, l’expression exacte…, mais elle offre surtout la possibilité de limiter la sélection selon le format de l’image (JPG, GIF, PNG), leur couleur (noir et blanc, niveaux de gris...) ou encore leur taille (vignettes, petites, moyennes...), etc. - la liste des résultats de Google affiche pour chaque image son titre, sa taille, son poids, et son URL. En cliquant sur l’image, on l’affiche avec la copie de l’image dans son contexte, c’est-à-dire avec la copie de la page qui contient l’image… Sur AOL en revanche, si les informations données sur chaque image sont les mêmes que sur Google, lorsque l’on clique sur une image, on affiche cette dernière seule et non pas dans son contexte. - La recherche de fichiers audio et video Suivant en cela l’exemple d’AltaVista et d’AlltheWeb, AOL France offre désormais la possibilité de rechercher des fichiers audio et vidéo. Si pour les images, AOL a choisi un partenariat avec Google, elle utilise ici son propre index, constitué par le robot d’Exalead. Cet index offre aujourd’hui plus de 1,5 million de fichiers audio et vidéo, dont près de 300 000 fichiers vidéo. Pour comparaison, AltaVista, qui dispose sans doute aujourd’hui de l’index multimédia le plus important, annonce près de 11 millions de fichiers audio et vidéo. Cela étant, malgré cette différence de volume importante en faveur d’AltaVista, il est fréquent d’obtenir plus de réponses sur AOL France que sur AltaVista, notamment lorsque les recherches se font en français. La raison est sans doute liée à la technologie d’Exalead, dont le robot indexe non seulement le nom des fichiers, mais aussi les méta-données et le contenu des pages qui offrent des liens vers ces fichiers. Cela permet de faire une recherche beaucoup plus précise, et améliore indiscutablement la pertinence des résultats. Parmi les points faibles de ces index, on regrette, comme pour les images, l’absence de grille de recherche avancée dédiée à ces fichiers. D’autre part, si l’extrait pertinent de la page qui fourni le fichier – proposé dans la liste des résultats – s’avère très utile, on déplore le manque d’indication sur la taille des fichiers (durée...). AOL FRANCE ET LES AUTRESEn définitive, Recherche.aol.fr peut aujourd’hui se mesurer sans crainte à ses principaux concurrents. A l’heure où positionnement et référencement payant deviennent pratique courante, AOL France sait garder une certaine “intégrité”. Les résultats publicitaires sont clairement identifiés et restent peu nombreux. Et le postulat de départ d’interroger simultané-ment un annuaire et un moteur, et de guider l’utilisateur pas à pas grâce aux concepts associés, s’avère une réussite. L’outil est agréable, efficace et performant. On le conseillera pour toutes recherches sur le Web francophone, et plus si affinités... * On notera à ce sujet qu’Oliver Andrieu a publié, dans sa lettre Recherche et Référencement de Septembre 2003, un article détaillé sur le nouveau moteur de recherche multimédia d’AOL.FR. On y trouve en particulier une comparaison quantitative, qualitative et fonctionnelle des recherches images, vidéos et sons entre AOL.FR et Google (pour les images) et AltaVista (pour les vidéos et les sons). |
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