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Netsources, Numéro de Novembre-Décembre 2003 - n°47


DADI

Le répertoire des bases de Données grAtuites Disponibles sur Internet

Auteur : Madeleine Wolff-Terroine

 
Des bases de données gratuites sur Internet ? Oui, certes ; encore faut-il les identifier et connaître leur valeur. Car, sous ce dénominateur commun “gratuites”, on trouve de tout, le meilleur comme l’inintéressant, ou le mauvais, ou le très spécialisé ou le trop général.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que ces bases en accès libre disposent en général de possibilités de recherche élémentaires, sans commune mesure avec la puissance d’interrogation des grands serveurs classiques (Dialog, DataStar, STN..., accessibles avec abonnement) ; ces derniers permettent à la fois une interrogation sophistiquée des banques de données et une recherche simultanée sur plusieurs bases, deux choses impossibles sur les versions en accès libre...

Ces réserves faites, on peut apprécier le Répertoire des bases de données gratuites sur Internet – Dadi –, réalisé par Jean-Pierre Lardy, co-directeur de l’Urfist de Lyon et maître de conférences à l’Université de Lyon 1. Ce répertoire est disponible aujourd’hui dans sa nouvelle version, qui est encore en phase d’évolution.

Comment savoir quelles sont les bases gratuites dans votre domaine d’intérêt ?

Plusieurs modes de recherche sont offerts.

Une navigation dans la classification Dewey, dont DADI se sert pour indexer ces bases de données. Ceci ravira les bibliothécaires, mais laissera sans doute perplexes les autres utilisateurs.

Qu’ils se rassurent : les grandes catégories de la Dewey sont similaires aux rubriques proposées par n’importe quel annuaire.
On peut ainsi savoir combien de bases sont disponibles dans chacune des dix catégories (philosophie et psychologie, sciences sociales, sciences de la nature et mathématiques...), les voir toutes ou cliquer sur une rubrique et choisir une sous-catégories ; il est possible aussi de ne voir que les “nouveautés”.
On découvre ainsi que le site recense aujourd’hui 211 bases ; ce nombre est bien en-deçà de ce que proposait la précédente version du répertoire (plus de 720 bases). Dadi est-il en cours de chargement, ou de nombreuses bases ont-elles été supprimées ? Aucune indication sur ce point n’est donnée sur le site...

La recherche avancée offre quant à elle de très nombreux critères que l’on peut combiner, mais aucun champ n’est obligatoire. On peut ainsi lancer une requête par catégorie, type de répertoire (annuaire, audiothèque, base de données bibliographique...), nom de la base, mot contenu dans la description, nom du producteur, langue de la base et mots-clés – choisis par l’équipe de Dadi pour décrire chaque base –, reliables par les opérateurs booléens ET, OU, SAUF. Pour aider les internautes, un index alphabétique des descripteurs utilisés par Dadi est disponible depuis la grille de recherche avancée (onglet Index).

Quel que soit le mode de recherche utilisé, la requête peut se faire en français comme en anglais. Quant au résultat de la recherche, il dépend évidemment de la qualité des bases de données gratuites présentes et de la définition même de l’expression “base de données”.

En effet, sur les cinq bases recensées dans la sous-rubrique Sciences médicales, on trouve deux thesaurus, le site portail bien connu du CHU de Rouen, un autre petit portail américain, et une seule base, ce qui est un peu décevant. Pourquoi Medline n’est-elle pas présente dans cette liste ?
Est-ce car le site est en cours de chargement ? On n’en comprend pas la raison, et cela peut amener à avoir des réserves sur ce produit, par ailleurs intéressant.

Dadi, qui cherche à apporter une aide efficace à ses utilisateurs dans leur recherche de bases de données, propose des liens avec divers sites consacrés au Web invisible, comme Infomine (infomine.ucr.edu), le remarquable site de l’Université de Californie (115 539 ressources !). Il nous présente d’autre part les dix bases gratuites les plus “populaires”, parmi toutes celles qu’il propose.

On reste un peu étonné de voir en tête Eaudoc, suivi de près par Comment-ça-marche, la Bourse du livre, Encyclopédias et le Catalogue de films pour les bibliothèques publiques. A voir ce top 10, il est permis de se demander si les organismes publics – et en particulier les bibliothèques – ne sont pas de plus fidèles utilisateurs de DADI que les entreprises ?

En complément de ces bases en accès gratuit, le site nous propose un tableau des “Serveurs commerciaux de bases de données bibliographiques et autres ressources électroniques”.

Ce tableau, qui indique le nom des sociétés, la nature des ressources, les logiciels d’interrogation, et qui offre des liens vers les sites Web des serveurs et les fiches techniques des bases, regroupe des ressources de nature très diverse.

Tout d’abord, heureusement en contradiction avec son titre, ce tableau contient des bases autres que bibliographiques.
S’y côtoient ainsi des ressources de nature fort différentes, des serveurs classiques comme Dialog ou STN et des fournisseurs de documents comme Swets Blackwell. Espérons que ce tableau sera complété dans l’avenir, car il comporte encore de nombreuses cases vides et quelques manques ou inexactitudes.
Par exemple, Science Direct n’est pas relié à Elsevier et Dimdi est noté comme “orienté sciences médicales”, ce qui est trop restrictif vu le nombre de bases en agriculture et agro-alimentaires sur ce serveur.
Au prix de quelques corrections, on aura là un très bon tableau.

Encore plus intéressant est le lien “Tout pour les sciences exactes : constantes, nomenclatures, biographies, histoire” . Il y a là une mine d’informations réparties en fonction des disciplines, extrêmement précieuse. On regrettera l’absence de constantes dans le domaine de la vie : biologie, médecine…

Là encore un complément serait néces-saire. On y trouve aussi des cours, depuis notre FormIST bien français jusqu’à des enseignements en chimie pour le premier cycle, ou en physique. Les sources de formation citées sont en majorité francophones.
On regrette un peu l’absence de cours dans des disciplines autres que la chimie et la physique, mais il eût fallu alors recourir à des formations en anglais, ce que ce site a sans doute voulu éviter, d’autant qu’elles sont très nombreuses.
Une dernière addition qui amusera chimistes et physiciens : trois sites proposent des expériences en ligne, dont Chemist’s Art Gallery, vraiment spectaculaire.
En définitive, un site bien présenté, très convivial, et qui peut être intéressant à consulter, même si l’on n’est pas a priori focalisé sur la gratuité.

POUR INFO : http://dadi.enssib.fr

Jean-Pierre Lardy, Urfist de Lyon, Université Claude Bernard - Lyon 1


 

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