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Bases, Numéro de Novembre 2008 - n°254 Dialog chez Proquest : une chance ?Après le départ en 1988 du giron de Lockheed – la société au sein de laquelle ce serveur était née officiellement en 1972, après toute une série de travaux en interne –, aucun de ses propriétaires successifs, que ce soit Knight Ridder, Maid ou Thomson n’a réussi, pour différentes raisons (voir notamment Bases n°159, mars 2000 et n°250, juin 2008), à maintenir vraiment le lustre, l’omniprésence et l’esprit d’innovation qui caractérisaient Dialog.(...) |
Auteur : François Libmann |
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Le rachat en juillet dernier de Dialog par Proquest, une société
qui n’est plus cotée depuis qu’elle est passée dans le giron de CSA
– ex-Cambridge Scientific Abstracts –, rachat bouclé en un mois,
une sorte de record, est peut-être le signal d’un renouveau et
d’une redynamisation.
En effet, si Dialog entrait de moins en moins – mais l’a-t-il jamais été – dans la stratégie de Thomson, qui est de plus en plus orientée vers l’utilisateur final et s’appuie sur des produits verticaux, Proquest a, en revanche, une expérience de serveur/agrégateur. Sa clientèle est tout à fait complémentaire et, comme Thomson, il produit une part non négligeable des banques des données disponibles sur Dialog et DataStar. Nous avons profité du Online pour rencontrer L. Suzanne BeDell, la nouvelle Senior Vice Présidente et Directrice Générale de Dialog qui, confusion créée il y a déjà longtemps, regroupe les serveurs Dialog et DataStar. Cette dirigeante – qui connaît bien le monde de l’information électronique puisqu’elle est chez Proquest depuis 2001, après avoir été, en particulier, chez Thomson Healthcare et McGraw-Hill –, nous a fait part de ses projets à court et moyen terme. Sur le plan du contenu, les évolutions devraient apparaître rapidement. La première banque de données concernée est ABI/Inform dans le domaine du management. Dialog était resté très discret sur le fait qu’il ne mettait en ligne qu’une partie de cette base, produite par Proquest. Il manquait en effet 2 500 titres, dont des titres français tels que la Revue Française du Marketing ou la Revue Française de Gestion. Ces titres vont être chargés prochainement, avec la possibilité d’obtenir le texte complet au format PDF, comme cela est déjà possible avec les rapports d’Investext. Par ailleurs, le feuilleton quelque peu complexe et mystérieux des relations entre Dialog et CSA, producteur de plusieurs dizaines de banques de données, va trouver un happy end. Pour ceux qui s’en souviennent – Bases s’était fait l’écho des différents épisodes du feuilleton –, CSA avait déchargé en septembre 2002 ses 19 bases de Dialog avant, quatre ans plus tard, de les recharger progressivement et d’en ajouter d’autres, portant leur nombre à 31. Dans le même temps, CSA limitait l’accès de Metadex, Aerospace et CSA Research Technology Database – un regroupement de 17 banques de données –, à ceux qui avaient souscrit un abonne-ment annuel à négocier, ceci afin de ne pas concurrencer CSA sur le marché académique, affirmaient les responsables de CSA. Pendant ce temps curieusement, ces bases de CSA étaient restées en accès libre, en “pay as you go”, sur le serveur STN. Les restrictions devraient donc êtres prochainement levées, sachant que techniquement, cela n’est pas si simple qu’il y paraît. Par ailleurs, d’autres banques de données – tant de CSA que de Proquest, qui disposent tous deux d’un riche catalogue – devraient être chargées sur Dialog et DataStar. Quant aux contenus issus de Thomson – qui avait en son temps fortement contribué à provoquer le rachat du serveur à Dan Wagner, en mauvaise posture financière et stratégique, pour assurer à Thomson la pérennité de ce canal de distribution de ses bases –, Thomson a garanti à Proquest l’accès à ses bases issues de Thomson Scientific (en particulier World Patents Index de Derwent) pendant dix ans et pendant cinq ans pour les autres, telles que Investext ou les banques de données du catalan Prous. Ceci laisse amplement le temps de voir venir. D’autre part, Dialog est un peu moins dépendant de Thomson qu’au moment du rachat par ce dernier, dans la mesure où celui-ci a entre temps vendu Gale (banques de données Promt, Business & Industry...) à Cengage Learning. En ce qui concerne les résumés de Chemical Abstracts que Chemical Abstracts Service/STN refuse de fournir à quiconque, il est peu probable que le nouveau serveur Dialog réussisse à les faire changer d’avis. Ils constituent en effet un avantage stratégique certain. D’autres solutions vont êtres explorées, notamment du côté de Pubchem. En ce qui concerne les brevets, l’idée est, comme c’est le cas actuellement chez tous les serveurs/agrégateurs présents dans ce domaine, d’étendre le catalogue des brevets nationaux en texte intégral. Quant à la plateforme technique, elle pourra rester celle de Thomson pendant trois ans maximum, sachant que l’objectif est de disposer d’une nouvelle plateforme dans les dix-huit mois. Cette nouvelle plateforme devrait garder l’intégralité des fonctionnalités du langage d’interrogation de Dialog, qu’il n’est pas question d’abandonner. Des fonctionnalités présentes sur les bases de CSA et Proquest – notamment ce qui concerne les citations et les liens vers les documents primaires – seront par ailleurs ajoutées. Il n’est pas exclu que les fonctionnalités de recherche sur les tableaux/illustrations des articles offertes par CSA Illustrata soient également intégrées. En ce qui concerne DataStar, il est a priori prévu de garder également le langage d’interrogation. L’idée serait de charger une seule fois l’ensemble des bases, y compris celles de CSA et de Proquest, sur une même plateforme et d’y accéder via différentes interfaces. Actuellement, l’étude est en cours pour savoir si le moteur FAST est capable ou non de supporter le langage d’interrogation de Dialog. En cas de réponse négative, d’autres solutions seront trouvées. En ce qui concerne la facturation, il n’est pas question pour Dialog d’abandonner la facturation en “pay as you go”, sachant que le maintien ou non de la facturation en Dial Units est à l’étude, en particulier parce qu’il n’est pas évident de pénétrer dans la boîte noire qui les calcule. Pour finir, un effort est également prévu pour améliorer la relation avec les clients, ceux-ci ayant été quelque peu négligés ces derniers temps. Cela devrait se faire d’autant plus facilement que la plupart des ex-Dialog (avant le rachat de Thomson) ont choisi d’y retourner et sont très motivés. |
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