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Bases, Numéro de juillet-août 2008 - n°251 Dealipedia.com : le wiki des "deals" financiersLe lancement il y a quelques mois de Dealipedia, encyclopédie des “deals” financiers, est un pavé dans la mare du monde très fermé et élitiste des fournisseurs d’information financière.
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Auteur : Anne-Marie Libmann |
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Cette précédente entreprise iconoclaste – et attaquée – permettait
en effet aux internautes de mettre en ligne leurs CD
musicaux.
Pour Dealipedia, M. Robertson déclare être parti de revendications personnelles : - tout d’abord, trouver toute l’information en un seul endroit, “afin de ne plus avoir à balayer des multitudes de sources pour se tenir au courant des deals actuels ou retrouver les historiques” ; - ensuite, accéder gratuitement à cette information et dénoncer le monopole des producteurs de bases de données commerciales, “qui font payer 1000 $ ou plus par an pour souvent une seule catégorie de deal” ; - enfin, rendre public – chose trop rare selon lui – l’argent gagné par les acteurs des deals. M. Robertson fait le pari que sa rubrique “Who made the money?” sera l’une des plus populaires de son site et donne d’ailleurs lui-même l’exemple, en publiant les données relatives à la vente de son site mp3.com à Vivendi Universal. Les types de transactions financières couverts par Dealipedia sont les acquisitions, les fusions, les introductions en bourse (IPO), les levées de fonds (Investments) et les faillites d’entreprises, essentiellement sur le marché américain. La répartition par pays ne nous a pas été communiquée. On est d’emblée dans un environnement interactif et facile d’utilisation, les deals étant accessibles de plusieurs façons : par type, nom d’entreprise – grâce au répertoire de sociétés –, ou simplement via une liste antechronologique. La page d’accueil offre aussi une liste de secteurs, mais elle n’est destinée qu’à l’abonnement aux fils RSS via Feedburner ; on regrettera qu’il soit impossible d’afficher l’ensemble des deals pour un secteur donné. Par ailleurs, on trouvera inutile la présence, sur l’écran d’accueil, d’une série de graphes supposés refléter l’activité sur les différents segments financiers, qui semblent n’être que de pures images et ne servir que de liens vers les différentes catégories de deals. Une imitation de plate-forme financière qui tourne à vide… Un module de recherche avancée est proposé, où l’utilisateur peut croiser, à chaque fois avec un secteur donné, la raison sociale d’une société ou d’investisseur, le montant du deal, des dates, ou encore chercher par mots dans les communiqués de presse. Il est enfin possible de rechercher par le nom des représentants bancaires ou juridiques. Chacun peut alimenter la base, en création comme en modification, moyennant la simple création d’un login. A l’alimentation, le système propose pour chaque type de transaction des champs spécifiques. De manière générale, on entrera un profil et le secteur de la ou des sociétés concernées, leurs sites web, les données financières du deal, les dates des opérations, les représentants (banques, avocats), le communiqué de presse relatif à la transaction et, point intéressant, les notes personnelles ou documents additionnels sur la transaction. Le système rajoute visiblement pour chaque société un graphique de l’audience de son site web, fourni par des outils de mesure d’audience (www.compete.com...), opération dont nous n’avons pas compris le sens. Le contributeur peut garder le mode anonyme mais, logique de valorisation oblige, il ne pourra jamais dans ce cas entrer dans la rubrique “Hall of fame” et devenir le héros de la contribution, avec l’espoir de retrouver dans la rubrique “Most viewed” la transaction qu’il aura décrite. Contrairement à certains wikis, la validation de l’information par un administrateur n’est pas pour l’instant à l’ordre du jour. Suivant l’exemple de Wikipédia, le fondateur compte sur un cercle vertueux qui garantisse la fiabilité des informations : “plus la plate-forme sera ouverte, plus les contributions seront nombreuses, plus elles seront soumises aux critiques du public et donc plus les informations seront fiables”. Parmi les services proposés à l’utilisateur, outre le lien vers un outil de syndication RSS (pour suivre tous les deals ou ceux d’un secteur), on signalera la possibilité de recevoir une newsletter quotidienne ou hebdomadaire, avec sélection des secteurs d’intérêt. Vu l’omniprésence du lien proposant l’inscription à la newsletter, on suppose que cet outil est destiné à attirer la publicité et contribuer au financement du site. Cela étant, la réception de la newsletter fonctionne bien. Donner accès au public à de l’information habituellement jalousement gardée, compter sur un public avisé pour “faire le travail”, contribuer à briser le tabou de l’argent encaissé lors des transactions : mission réussie ? Depuis son lancement en février jusqu’à aujourd’hui, la base est passée de moins de 20 000 à plus de 22 300 transactions ; un accroissement difficile à qualifier faute d’éléments sur le contenu des mises à jour, le taux de croissance des autres services et les volumes des différents types de deals sur le marché. On a en tout cas du mal à trouver une fiche complète sur les deals, ce qui créé une forte hétérogénéité dans la base. Frustrant également : la fameuse rubrique “Who made the money” contient, selon notre comptage, moins de 30 headlines, pudiquement appelées “recent entries” ! M. Robertson se positionne en David contre les Goliath du secteur de l’information financière, avec des discours assez “va-t-en guerre”. On remarquera au passage que, bizarrement, il cite des acteurs du secteur (Bloomberg, Hoover, Dow Jones) mais ne parle pas des vrais spécialistes des fusions acquisitions que sont Thomson, Dealogic, Van Dijk... On note une même méconnaissance des prix réels : 1 000$ annuels, nous dit-il. On se prend à rêver.... Il oublie par contre les serveurs de news tels que Factiva, LexisNexis ou Dialog qui, pour des sommes raisonnables permettent, avec des stratégies de recherche adaptées, d’identifier au moins certaines informations sur les deals. D’une certaine façon, on peut comprendre que M. Robertson ait choisi de lancer un wiki dans le créneau des deals financiers. En opposant la gratuité de son produit à des systèmes professionnels dont le ticket d’entrée est très élevé – parfois, il est vrai, un peu trop par rapport à la qualité réelle de certaines données –, le fondateur de Dealipedia peut faire une percée. Mais aura-t-il la force de frappe nécessaire, face à des bases couvrant des centaines de milliers de transactions ? On peut en douter. On aura encore plus de doutes sur la philosophie de la contribution gratuite et non professionnelle pour la création et l’alimentation d’un outil d’information financière. Quid de la validation de l’information, de l’exhaustivité, du service au client et de tous les ingrédients qui poussent à investir dans un service, payant, de qualité ? Nous restons convaincus que les professionnels doivent avoir des outils professionnels et les défendre. Il est à notre avis peu vraisemblable que Dealipedia puisse remplacer un service professionnel. Cependant, dans un secteur où l’information peut manquer ou demander à être confrontée à des informations provenant d’autres sources, on ne négligera pas un outil supplémentaire d’exploration, avec l’espoir d’obtenir “par la bande”, des informations qui auraient, par un “heureux” hasard, échappé aux grands serveurs de la finance. www.Dealipedia.com |
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