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Accueil > Bases > L'information non structurée dans l'entreprise : usages et outils

Bases, Numéro de juillet-août 2008 - n°251


L'information non structurée dans l'entreprise : usages et outils

Alain Garnier, co-fondateur de la société spécialisée dans la gestion de l’information stratégique Arisem – reprise après quelques péripéties par Thalès, voir Bases n°205, mai 2004–, et président de l’Apil (Association des professionnels des industries de la langue) jusqu’en 2007, a publié récemment un ouvrage intitulé “L’information non structurée dans l’entreprise : usages et outils”.(...)

Auteur : Carole Barthole

 
L’ouvrage, très dense, se divise en 10 chapitres. La situation informationnelle actuelle, les usages de l’information non structurée dans les entreprises, les enjeux et besoins en terme de gestion de l’information ainsi qu’une présentation des sources d’informations, des outils et de la méthodologie sont ainsi abordés.
   

Qu’est ce qu l’information non structuree ?

   
Alain Garnier définit l’information non structurée comme une information qui “renvoie à un usage non-inscrit dans un modèle et se construit à partir d’un sens dérivé du langage ou de la pensée”. A première vue, la définition n’est pas des plus explicite.
   
En clair, une information est  non structurée si elle n’est pas utilisable directement par un ordinateur pour effectuer un calcul. Ainsi, les formes écrites, audio, vidéo renvoient généralement à ce type d’information, alors que les données chiffrées et les informations contenues dans les bases de données peuvent être qualifiées de “structurées”. Et à en croire Alain Garnier, les informations non structurées représenteraient aujourd’hui 99 % des informations. Autant dire la quasi-totalité.
   
L’auteur s’attaque là à un domaine extrêmement vaste, dont les contours sont parfois difficiles à définir.
   

LA SITUATION INFORMATIONNELLE ACTUELLE : UN GRAND BAZAR ORGANISE

   
L’information et l’information non structurée sont au cœur de tous les métiers de l’entreprise et le volume traité chaque jour ne cesse de croître. L’essor du Web explique en grande partie cette inexorable prolifération.
   
L’information non structurée peut être de nature multiple, tant au niveau de la forme que du fond. On a donc le sentiment d’un bazar, qui devient très difficile à gérer. Mais Alain Garnier nuance ce constat en rappelant que de nombreuses normes et standards voient le jour, afin de mettre un peu d’ordre dans cet apparent désordre. C’est à cette occasion qu’il parle de “bazar organisé”.
   
Aujourd’hui, les entreprises n’ont plus d’autres choix que de s’intéresser à la question de l’information non structurée – ou de l’information tout court, d’ailleurs –.
   
Les nombreux exemples présentés par Alain Garnier ont le mérite de rappeler que l’information ne risque pas de se gérer toute seule et qu’une prise de conscience s’impose dans toutes les entreprises.
   

LA GESTION DE L’INFORMATION NON STRUCTUREE : UNE IMPETUEUSE NECESSITE

   
Les chapitres 4 et 5 présentent les principaux besoins en informations des principales fonctions des entreprises, ainsi que les bénéfices apportés par une bonne gestion de l’information non structurée.
   
- La démonstration repose sur un modèle original et efficace, le FC3T :
- Finalité de la communication : collaboratif, informatif, normatif, participatif ;
- Criticité de l’information : stratégique, tactique, informatif, externe ;
- Type de liens : individu – individu, individu – groupe, groupe – groupe ;
- Temporalité de communication : temps réel, court-moyen terme, long terme ;
- Types d’informations échangées : interne/externe, texte / image, niveau de langue.
   
La démonstration est simple, claire, visuelle, synthétique et tout à fait persuasive.
   
Pour chaque fonction (commercial, juridique, production, marketing…), les gains apportés par une bonne gestion de l’information sont ainsi bien mis en valeur.
   
Chacun est alors en mesure de se reconnaître dans les exemples présentés et de prendre conscience, si ce n’est pas déjà fait, de l’importance de bien gérer les informations non structurées.
   
On appréciera les nombreux exemples détaillés de projets (mise en place d’une veille sur les fournisseurs dans l’automobile, donner accès aux intranets via une interface unique dans le domaine de l’énergie…), qui contribuent à donner un aspect un peu plus concret à la démonstration d’Alain Garnier.
   

COMPLEMENTARITE ENTRE LE WEB ET LES BASES DE DONNEES

   
Le chapitre 6 est entièrement consacré aux sources d’informations externes et rappelle que les sources d’informations sont l’élément primordial du non structuré.             L’auteur souligne avec justesse, ce qui n’est pas forcément inutile, que la totalité de l’information externe n’est pas devenue disponible gratuitement sur Internet. Il insiste sur la complémentarité qu’il y a à utiliser les bases de données et Internet et rappelle que les bases de données représentent encore une forte valeur ajoutée pour l’entreprise.        

On ne peut que s’en réjouir.
   

PANORAMA EXHAUSTIF DES OUTILS

   
Les chapitres suivants s’attaquent de front à l’immensité du sujet en présentant un panorama “exhaustif” des outils, permettant de mettre en avant l’information non structurée et de la gérer de manière optimale.
   
Les outils sont donc nombreux et d’une diversité qui n’a d’égal que leur nombre ; on y présente des outils couramment utilisés comme le mail, la messagerie instantanée, mais aussi des outils comme les traducteurs, les lecteurs de flux RSS, les moteurs de recherche, pour finir avec des outils de veille et de knowledge management, relativement complexes.
   
On a parfois du mal à se remémorer ce qui relie ces différents outils, tant les usages qui vont en être faits sont divers. On appréciera néanmoins la mise en valeur des gains apportés par chacun des outils.
   

METHODOLOGIE

   
De par sa place dans l’ouvrage, la présentation de la méthodologie surprend.         Alors que l’auteur insiste sur le fait que la méthodologie est cruciale dans ce type de projet, qu’on n’adopte pas un outil mais un projet, il place ce chapitre après celui sur les outils.
   
Cela contribue à asseoir cette croyance répandue selon laquelle l’outil est au centre du processus et est, en somme, la solution miracle à tous les problèmes de gestion de l’information.
   
Mais un outil n’est, comme son nom l’indique, qu’un instrument permettant d’automatiser des tâches répétitives, c’est-à-dire une aide périphérique. Ce que certains auteurs ont appelé “utopie technocratique”.
   
Et pourtant, ce n’est visiblement pas ce que l’auteur a voulu dire, puisqu’il insistait dès le début du livre sur le fait que l’amélioration de la gestion de l’information reposait sur trois facteurs essentiels : les sources d’information, l’organisation – c’est-à-dire l’humain – et les outils. Et d’ajouter plus loin qu’un projet ne fonctionnera que “si et seulement si les utilisateurs s’emparent et sont moteurs du projet”. Pourquoi donc présenter les outils avant la méthodologie ?
   
On s’étonnera aussi de cette remarque en fin d’ouvrage, considérant que “l’esprit humain est très enclin à se passionner pour la gestion des connaissances. Les projets autour du non structuré mobilisent l’énergie et le sens du progrès des employés”.
   
Alain Garnier prend le contre-pied d’un grand nombre d’ouvrages où la difficulté à partager l’information et la connaissance sont mises en évidence. Difficile de croire que l’esprit humain est naturellement enclin à la gestion des connaissances, quand on sait que l’information et la connaissance sont souvent perçues comme un pouvoir.
   

UNE BONNE INTRODUCTION A LA GESTION DE L’INFORMATION DANS L’ENTREPRISE

   
Derrière une couverture plutôt austère, le livre présente les enjeux de la gestion de l’information non structurée dans l’entreprise, ainsi qu’un panorama complet des outils actuels et des usages.
Rédigé dans un style fluide, l’ouvrage s’adresse à tous les professionnels quel que soit leur niveau décisionnel. Selon les propres mots de l’auteur, l’ambition du livre est de “fournir un cadre théorique et pratique d’analyse pour répondre aux questions de manière rationnelle à travers une méthodologie basée sur l’expérience”.

L’ouvrage permet sans nul doute de sensibiliser les professionnels et les dirigeants à l’importance d’une bonne gestion de l’information dans l’entreprise car, ne l’oublions pas, un grand nombre de personnes n’y prête encore qu’une attention limitée.    
Le livre a le mérite de rappeler que la gestion de l’information concerne tous les secteurs et tous les métiers.
   
Pour les néophytes, l’ouvrage permettra, espérons-le, une prise de conscience ; tandis que pour les plus aguerris, il s’agira plutôt d’une piqûre de rappel quant aux enjeux  de la gestion de l’information non structurée.
   
De par son caractère généraliste, ce livre constitue une bonne introduction à la thématique du non structuré. Mais, dès lors qu’on veut en savoir un peu plus sur l’un des aspects, un type de projet ou un genre d’outil (par exemple les projets ou outils de veille, de knowledge management ou encore les outils cartographiques),  il faudra se tourner vers la lecture d’ouvrages plus spécialisés.
   

    POUR INFO :

    L’information non-structurée dans l’entreprise : usages et outils
    Alain Garnier
    Date de parution : octobre 2007
    Editeur : Lavoisier, Collection Hermes Science
    Format : 15.6 x 23.4, 245 pages, 55 €
    ISBN : 978-2-7462-1605-1


 

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