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Bases, Numéro de Octobre 2006 - n°231 Reuters cède à Dow Jones ses 50 % de FactivaLa joint-venture Reuters / Dow Jones aura finalement duré sept ans, puisque l’annonce de la création d’un produit issu de la mise en commun de leurs services respectifs Reuters Business Briefing et Dow Jones Interactive a eu lieu en 1999. Mais le produit Factiva est en fait plus récent, puisque la version destinée aux intranets n’a finalement été lancée qu’en juillet 2000 et que Factiva.com, qui est la version agrégateur classique, date de fin juillet 2001. ... |
Auteur : François Libmann |
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Cette joint-venture avait un sens à l’époque, compte-tenu de la
complémentarité des deux produits, tant en termes de clientèle que
de sources – plutôt américaines pour Dow Jones et l’inverse pour
RBB –, et elle allait dans le sens d’une concentration du marché.
C’est d’ailleurs à peu près à la même époque (janvier 2000) que
LexisNexis a absorbé FT Profile.
Le passage de Factiva dans le giron de Dow Jones peut brutalement s’interpréter comme la deuxième et dernière phase du rachat de Reuters Business Briefing par Dow Jones, même si les intéressés s’en défendent en disant qu’en 1999, la création de la joint-venture était alors la meilleure solution. De toutes les façons, RBB puis la participation dans Factiva avaient toujours été relativement marginaux et éloignés du cœur de métier de Reuters. La volonté de recentrage de Reuters et la crainte d’une concurrence accrue des moteurs de recherche dans les archives de presse, ont sans doute contribué à la décision. En tout état de cause, Dow Jones va payer à Reuters 160 millions de dollars, pour l’essentiel en cash, pour acquérir la moitié d’une activité dont le chiffre d’affaires prévu pour 2006 est de 290 millions de dollars, pour un EBITDA de 27 millions. Dow Jones payera de plus à Reuters environ 35 millions de dollars par an, pendant trois ans et demi. Ces sommes correspondent à l’exécution de différents accords et, en particulier, celui qui permet à Factiva d’offrir au moins jusqu’à mi-2010 les contenus de Reuters. La transaction, qui devrait prendre effet à la fin de l’année est, comme c’est classique, soumise à l’approbation de différentes autorités. Elle devrait être financée par la vente de six quotidiens (très) locaux, tels que le Press Republican publié à Plattsburgh, dans l’état de New York, ou le Traverse City Record Eagle, publié à Traverse City dans le Michigan. Pour les utilisateurs, il ne devrait pas y avoir de changements majeurs. Factiva en revanche va sans aucun doute gagner en souplesse, les décisions étant certainement plus faciles à prendre dans une société que dans une joint-venture, tandis que des contraintes liées à l’accord avec Reuters vont tomber. En particulier, Factiva pourra plus facilement développer des produits destinés au monde de la finance, poursuivant ainsi le développement de ses offres verticales. L’intégration de Factiva dans Dow Jones devrait se faire particulièrement facilement, puisque Clare Hart, qui était CEO de Factiva depuis 2000 (voir interview dans Bases n°167, décembre 2000), est devenue en février 2006 présidente de l’Enterprise Media Group – dans lequel va être intégré Factiva –, tout en restant présidente du Conseil de surveillance de Factiva. UN SYSTEME D’INDEXATION BREVETE
Ce mouvement d’indexation du contenu d’un document plutôt que de mesure de sa renommée n’est d’ailleurs pas propre à Factiva, puisque tant LexisNexis (avec le Smart Indexing) que Thomson pour NewsRoom, avec les Smart Terms, développent des systèmes de nature semblable. FACTIVA PASSE DEVANT LEXISNEXIS POUR LES NEWSOn notera aussi dans l’actualité la publication récente (deuxième trimestre 2006), de l’étude portant sur la clientèle des services en ligne, pour la surveillance et la recherche de news. Cette étude a été réalisée par l’EIR (Electronic Information Report) et est publiée par le cabinet spécialisé Simba. Elle est basée, pour l’essentiel, sur l’évaluation du nombre d’utilisateurs de services et non sur le nombre de contrats signés ou d’entreprises utilisatrices. Cette évaluation n’est pas parfaite, parce que l’on ignore comment sont comptabilisés les utilisateurs dans une société importante et quel est l’usage réel du service, mais elle donne quand même des éléments intéressants. D’après cette étude, Factiva arrive en tête avec 1,86 million d’utilisateurs, en croissance annuelle de 5,4 %, passant devant la partie presse (Nexis) de LexisNexis, créditée de 1,815 million d’utilisateurs, en croissance de 2,5 % seulement (Nexis était en tête un an plus tôt). Cette croissance supérieure de Factiva est attribuée au succès du produit dérivé SalesWork, destiné spécifiquement aux forces commerciales et égale-ment au lancement de l’interface Search 2.0, au début de l’année (voir Bases n°223, janvier 2006). Quant à la baisse de Dialog de 3,5 %, de 1,555 à 1,5 millions d’utilisateurs, elle s’explique par la séparation opérée au début 2005 (voir Bases n°212 et 221) créant TBI, Thomson Business Intelligence. TBI regroupe sur une plate-forme adaptée, commercialisée par une autre division de Thomson : - l’information news, avec NewsRoom notamment, le concurrent direct de Factiva et de Nexis ; - des études de marché qui étaient incluses dans Profound ; - des rapports d’analystes, en particulier ceux d’Investex. Même si une part importante de ces informations est également présente sur Dialog, une partie des utilisateurs de ces sources a migré vers TBI, diminuant de ce fait le nombre d’utilisateurs de Dialog. |
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