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Accueil > Bases > Un inventaire européen des ressources en sciences humaines et sociales

Bases, Numéro de Juin 2006 - n°228


Un inventaire européen des ressources en sciences humaines et sociales

La recherche européenne en sciences humaines et sociales (SHS) est très riche et très diversifiée. Mais ses ressources et ses résultats – quant ils sont disponibles – ne sont pas toujours facilement repérables. C’est la raison pour laquelle la European University Association (EUA) a conçu, organisé et coordonné un projet baptisé MORESS (Mapping of Research in European Social Sciences and Humanities), qui a été financé par la DG Recherche de la Commission Européenne dans le cadre du cinquième programme cadre de recherche.

Auteur : François Libmann

 
Ce projet, qui a duré d’avril 2003 à septembre 2005, avait trois objectifs :
• augmenter la visibilité des recherches et des ressources disponibles en SHS, dans les différents pays de la communauté européenne ;
• promouvoir une meilleure coopération et faciliter la mise en place de réseaux, dans les communautés de recherche en SHS ;
• faciliter le développement de l’européanisation de la recherche en SHS dans les nouveaux états membres et dans les pays candidats à l’adhésion. Un objectif complémentaire est de disposer d’une cartographie thématique destinée à contribuer à la meilleure définition de politiques publiques européennes dans le secteur.

Le résultat le plus visible de ce travail est un catalogue, disponible sur le Web, d’une sélection de ressources et, notamment, de banques de données.
25 partenaires nationaux ont participé à ce projet. Le partenaire français était l’Institut des sciences de l’homme à Lyon, qui est une unité mixte de service mis en place par une convention entre le CNRS, l’université Lumière Lyon 2 et l’université Jean Moulin Lyon 3.

L’objectif de ce recensement n’était pas de viser l’exhaustivité, mais de repérer les principales banques de données, au sens large, permettant d’avoir une bonne cartographie de la recherche en SHS dans chaque pays.
Sont ainsi recensés les organismes, les équipes de recherche, les thématiques de recherche – en particulier les axes forts et les axes émergents –, et les ressources disponibles sous forme électronique.

Pour illustrer le niveau de sélection opérée, le partenaire français a annoncé avoir repéré environ 350 banques de données, en avoir retenu et analysé environ 220 et en avoir intégré 60 dans MORESS, pour finalement rendre accessible la description de 55 d’entre elles.

Le recensement est mis en ligne par le Informationszentrum Sozialwissenschaften (IZ) à Bonn, qui est à la fois le partenaire national allemand et le partenaire technique du projet.
Le site est accessible à l’adresse www.moress.org et à l’adresse http://vt-www.bonn.iz-soz.de/ moress/index.html.

Avant de décrire cette base, il nous a paru intéressant de reprendre quelques éléments d’analyse figurant dans le rapport final du projet (disponible a l’adresse http://vt-www.bonn.iz-soz.de/moress/report.html).

On apprend ainsi que dans certains pays, quelques bases de données regroupent l’essentiel des ressources en SHS ; c’est le cas par exemple du Danemark (avec deux banques de données, the Denmark’s Electronic Research Library et the Danish National Research Database), du Royaume-Uni (avec the Resource Guide for Social Sciences et the Resource Guide for Arts and Humanities), de la Grèce (le National Documentation Centre) ou de la Belgique (Cref database pour les francophones).

Quelques rapides tests sur ces banques de données montrent très vite leur grande richesse.

Ces bases ont en général été développées par des organismes officiels, à l’aide de fonds publics.
A l’inverse, d’autre pays comme la France, la République Tchèque et l’Allemagne, offrent plutôt une série de banques de données spécialisées.

La base MORESS contient 800 descriptions de ressources, dont seulement 587 sont accessibles au public.
Les raisons pour lesquelles certaines ressources ne sont pas accessibles sont de deux ordres :
• les partenaires nationaux ont finalement pensé que la ressource qu’ils avaient recensée n’était pas assez représentative du panorama pour leur pays ; pour la France, c’est le cas pour cinq des 60 ressources recensées ;
• le lien vers la base ne fonctionne plus, ce qui entraîne sa “dépublication”.

Le type de ressources décrites est assez varié, puisque l’on trouve aussi bien de la littérature que des institutions de recherche, des projets de recherche, des annuaires scientifiques et d’experts, des organismes financiers, des documents juridiques ou des données diverses (statistiques, archives…).
Une indexation adaptée permet de sélectionner certains types de ressources seulement.

Sont indexées également les disciplines (anthropologie et ethnologie, archéologie, démographie, “economics”, géographie, religion, management, business, “administrative studies”, etc.), la langue utilisée dans la base (on notera que beaucoup de ressources sont, au moins pour une part, en anglais), ainsi que l’origine géographique du producteur et la couverture géographique de la ressource, qui sont deux choses différentes.

Pour rechercher dans le contenu de MORESS, deux démarches sont proposées.

La première consiste à entrer un terme et à limiter la requête, éventuellement, à certains types de ressources (research projects, research instruments, literature, conferences, persons, data, works of arts...).

La deuxième, de conception assez originale, consiste à naviguer dans le catalogue de la banque de données selon un ou plusieurs critères.

En cliquant sur l’onglet “Subject”, proposé en haut de l’écran, on affiche ainsi dans une colonne sur la gauche la liste des sujets avec, pour chacun, le nombre de ressources indexées (history (235), linguistic (169), fine arts (146)…).

Un clic sur le sujet fait apparaître la liste des ressources sélectionnées, avec pour chacune leur indexation, un lien vers une description détaillée en anglais et un autre vers la page d’accueil de la ressource.

Il est possible aussi de combiner le critère Subject avec l’un des critères Type, Geographic Coverage, Producer Country ou Language.

Dans ce cas, la procédure est la même, mais avec une étape supplémentaire : il faut d’abord cliquer sur un sujet pour afficher la répartition par type des ressources, et de là, un nouveau clic donne la liste des ressources pertinentes.
Selon les mêmes principes, on peut naviguer dans la base en partant du type de ressources, de la langue ou de la couverture géographique.

Dans chaque cas, il est possible de combiner les critères.

A titre d’exemple, le choix Language + Subject + Type permet de sélectionner successivement 366 ressources en anglais, parmi lesquelles 177 sont indexées avec le sujet économics ; 28 d’entre elles appartiennent au type Journals ; la liste des résultats permet de repérer la source française SUDOC (Academic system of documentation), la banque de données de l’Unesco DARE, ou la Denmark’s Electronic Research Library.

Une exploration rapide de ces sites montre que si le critère langue est facile à manipuler, les autres sont plus délicats dès lors que, comme c’est fréquemment le cas, il s’agit de sites au contenu complexe ; mais cela donne d’excellents points de départ pour une exploration plus en profondeur et un cheminement de lien en lien.

Le projet MORESS est officiellement terminé depuis près d’un an. La question se pose aujourd’hui du devenir de ce projet et, notamment, de la maintenance et de l’actualisation des données mises en ligne.
Ce que l’on peut dire pour le moment est que le partenaire allemand a déclaré qu’il était prêt à continuer à héberger la banque de données.
Pour le reste, de nombreux partenaires nationaux ont exprimé le souhait que la banque de données soit toujours maintenue et développée et la Commission y serait, paraît-il, plutôt favorable.

Il faut désormais attendre pour voir ce qui va se concrétiser, mais compte-tenu de ce que l’on a pu observer pour d’autres projets, l’optimisme ne peut pas être démesuré....

Moress
http://www.moress.org

 

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