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Accueil > Bases > Anciens sommaires > Fin de partie pour l'EINS, tentative de continuation de l'ESA-IRS

Bases, Numéro de octobre 2008 - n°253


Fin de partie pour l'EINS, tentative de continuation de l'ESA-IRS

L’ESA-IRS (European Space Agency-Information Retrieval Service) a joué un rôle de pionnier en Europe – et en particulier en France – dans les années 70, en offrant un catalogue significatif de banques de données essentiellement d’origine anglo-saxonnes.(...)

Auteur : François Libmann

 
L’histoire de ce serveur basé dès le début 70 à Frascati en Italie, après la présence fugitive d’un précurseur en France, a été assez mouvementée. Il fut en effet représenté à partir de 1976 par l’ANRT – le service s’appelait alors ESA-RECON (European Space Agency - Remote Console) –, puis par l’Agence spatiale européenne à Paris pendant plusieurs années, et enfin – peu de temps – par Questel.Orbit.
   
En 1997-1998, l’ESA considérant que gérer un serveur n’était plus dans sa vocation, la transition s’est faite vers le service EINS (European Information Network Service), grâce à un opportun finan-cement dans le cadre du programme Esprit 3.
   
EINS, qui va cesser ces activités à la fin 2008, aura donc fonctionné une dizaine d’année,  ce qui n’est finalement pas négligeable pour une structure quelque peu baroque, en tout cas complètement dépassée et sans réels moyens.
   
Nous avons décrit en détail EINS, son offre et son fonctionnement, dans le n°164 de Bases (septembre 2000).
   
Pour résumer, toute une série d’entités faisaient ou ont fait fonctionner EINS :
    
- la British Library assurait la coordination ;
- le Néerlandais Cobidoc avait en charge l’administration générale ;
- Cineca, le centre de calcul de l’université de Bologne,  assurait l’interface avec     les serveurs partenaires et hébergeait certaines banques de données ;
- et l’on comptait plusieurs  centres nationaux (onze au départ, quatre aujourd’hui), le Cerdic étant le centre français.
   
L’offre était répartie en deux grandes parties : les banques de données disponibles sur des serveurs tiers (Fiz Karlsruhe et Dimdi, Questel très fugitivement) mais accessibles via une passerelle, et les bases hébergées sur Cineca, certaines de ces dernières étant accessibles par ailleurs indépendamment d’EINS.
   
Les points forts de ce regroupement étaient la possibilité d’interroger toutes les bases avec le même langage d’interrogation – dérivé du langage utilisé par ESA-IRS et proche de celui de Dialog – ainsi que l’absence de frais fixes, sauf si l’on souhaitait ne pas se contenter de la documentation minimum.
   
On peut dire que c’est le poids de l’histoire qui a fait (sur)vivre EINS par fidélité à feu ESA-IRS, ainsi que la difficulté psychologique des différents acteurs à mettre un terme définitif à l’histoire de ce serveur.
   
Plusieurs raisons concrètes expliquent la fin du parcours.
   
En ce qui concerne le produit, le fait qu’une grande partie des bases soit sur d’autres serveurs n’incitait pas particulièrement à utiliser EINS, d’autant que les frais fixes de STN, longtemps nuls, ne sont aujourd’hui pas très élevés. Par ailleurs, la clientèle et l’usage d’EINS ne pouvaient que décroître, quand le serveur n’avait pas le moindre budget de communication, à une époque où ses concurrents étaient présents dans la sphère médiatique (publicité, présence dans les salons spécialisés, réunions d’utilisateurs…), .
   
D’autre part, l’originalité et l’intérêt de l’offre des banques de données chargées sur Cineca étaient somme toute assez limitées, quelques-unes d’entre elles – comme Aerospace ou Fluidex – se trouvant par ailleurs sur d’autres serveurs, tandis que plusieurs autres n’étaient plus mises à jour, comme Eudised, Cetim, Hydrogen Data ou Mhidas (même si cela était moins gênant pour les deux dernières).
   
On aurait certes pu rêver que Cineca et EINS deviennent un “refuge” – qui aurait pu être d’une taille importante – pour de “petites” banques de données de divers pays d’Europe, qui ne sont pas la priorité des grands serveurs, comme l’a été le Sunist en France en son temps.
   
Hélas, il n’y a jamais eu la moindre volonté politique en ce sens. D’autre part, Cineca n’a pas cherché à charger d’autres bases ni à faire évoluer techniquement le serveur, et le coup de grâce a été porté par le départ des informaticiens, qui connaissaient très bien le fonctionnement du serveur.
   
Comme quoi la nostalgie sans investissement et sans vision ne fait pas un business.
   
Nous ferons le point dans un prochain numéro sur la façon, s’il en existe, d’accéder aux bases qui n’étaient disponibles que sur Cineca.


 

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