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Bases, Numéro de Octobre 2006 - n°231 Editeurs de contenus et moteurs de recherche : je t'aime moi non plusLa dernière édition de la Foire Internationale du Livre de Francfort, dont le GFII s’est fait l’écho lors d’une matinée organisée le 20 octobre dernier dans ses locaux (voir p.10), a servi de cadre à une annonce majeure pour le monde de l’information : la naissance d’ACAP. Derrière ce sigle mystérieux se dessinent sans doute les plus gros enjeux technologiques et surtout financiers qu’ait connu le monde de l’Internet au cours de ces dernières années. ... |
Auteur : Aurélie Vathonne |
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ACAP (Automated Content Access Protocol) est une initiative des
éditeurs de l’écrit au niveau mondial.
Un consortium composé notamment de l’Association internationale des éditeurs de presse (World Association of Newspapers), de livres (International Publishers Association) et de périodiques (European Publishers Council), ainsi que de plusieurs autres associations liées au domaine de l’écrit, a annoncé le lancement du projet le 6 octobre dernier, lors d’une conférence de presse. DE QUOI S’AGIT-IL ?Ce projet ambitieux réside principalement dans la mise en place et l’adoption d’un standard universel, permettant d’associer à tout document mis en ligne sur Internet, des méta-données qui définissent notamment : le droit des moteurs de recherche à indexer ce contenu, quelles données du document sont indexables, les différents chemins d’accès au document, son caractère gratuit ou payant, son prix éventuel, etc. Comme l’a souligné Michel Vajou lors du compte-rendu de cette conférence de presse, il s’agit pour les éditeurs d’inclure des éléments marketing et de propriété intellectuelle, dans des méta-données associées au contenu qu’ils mettent à disposition. Et Michel Vajou pousse l’idée encore plus loin, en imaginant que ces méta-données pourraient aussi, pourquoi pas, contenir des éléments aptes à définir les règles de partage des revenus publicitaires, générés lors d’une requête sur un moteur. Jusqu’ici en effet, seuls les moteurs récupèrent la part du gâteau... De même, ce sont les moteurs de recherche, à commencer par Google, qui ont défini les règles du jeu. En généralisant la copie cache systématique, les moteurs de recherche sont de facto un guichet d’entrée quasi-incontournable à l’information numérique disponible sur le Net. La perte de contrôle des éditeurs a connu une brutale accélération avec le lancement de services tels que Google News / Google Actualités ou plus récemment Google Book Search. ACAP est donc une réponse du berger à la bergère, ou plutôt une ré-appropriation par les éditeurs de l’écrit, du droit à définir eux-mêmes les condi-tions dans lesquelles ils veulent bien (ou ne veulent pas) diffuser leurs contenus. Bien que les principaux acteurs du projet aient pris soin de se positionner en-dehors de toute hostilité, on perçoit cependant l’extrême ambivalence des relations existant entre les éditeurs et les moteurs de recherche : les seconds sont devenus des vitrines commerciales pour les premiers, sans que ceux-ci soient parvenus jusqu’alors à maîtriser le processus. Cela a provoqué chez les éditeurs des réactions très diverses, voire opposées, les uns signant avec précipitation des contrats de partenariat pour obtenir plus de visibilité, d’autres choisissant la voie de l’action judiciaire pour faire respecter leurs droits de propriété intellectuelle. D’un point de vue strictement technologique, ACAP est encore en friche, seuls des grands principes ayant été définis : ce protocole doit s’appuyer sur des briques logicielles déjà existantes, et permettre une automatisation aussi aboutie que possible, tant du côté de la production par les éditeurs que de celui de l’interprétation des meta-données par les moteurs. Ce repositionnement des producteurs de contenu marque un nouveau tournant dans l’ère de l’information numérique, où droit, technologie, intérêts financiers et usages, ne marchent pas à la même vitesse. ACAP www.the-acap.org |
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