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Bases, Numéro de Avril 2006 - n°226 i-expo 2006 : la synergie congrès-exposition en questionPour sa deuxième édition au CNIT à La Défense, i-expo présente un bilan contrasté. Si l’on peut considérer que la partie congrès a rempli ses objectifs en attirant un nombre significatif de participants, le bilan de l’exposition quant à lui est plus morose. |
Auteur : François Libmann |
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Comme l’an passé, le congrès a été séparé en deux parties : des
ateliers payants et des sessions plénières gratuites, en général
sur des sujets plus larges.
Certains ateliers payants furent une réussite au-delà des espérances, réunissant jusqu’à 130 participants – plus qu’attendu –, tandis que des séances plénières attiraient plus de 100 participants – notamment celle sur “Les nouvelles stratégies de production et de diffusion de l’IST” –, voire même plus de 200 pour celle intitulée : “Blogs, Wikis, fils RSS, de nouveaux modes de production et de diffusion de l’information”. Quant à la session internationale en libre accès “State of the Art in Search Engines”, avec Harry Collier et Stephen Arnold, elle connut aussi un grand succès. Pendant ce temps cependant, les visiteurs étaient moins nombreux qu’attendu, dans une exposition d’une taille légèrement réduite par rapport à l’an dernier, ce qui permet aux organisateurs de dire que le nombre moyen de visiteurs par exposant est resté stable... Parmi les facteurs liés à cette réduction de la taille de l’exposition, on peut, sans épuiser le sujet, citer les conséquences des fusions et regroupements (Questel.Orbit et Lingway partageaient le même stand, de même que les filiales de Thomson : Dialog, Thomson Business Intelligence, etc.). On citera aussi la tendance, déjà ancienne, à la réduction de la surface des stands. Certains anciens exposants étaient aussi absents pour des raisons purement conjoncturelles ; l’agence d’abonnement Prenax par exemple, qui a racheté récemment son concurrent IS Abonnements, ne disposait pas encore des documents commerciaux correspondant à cette nouvelle situation et a préféré déclarer forfait cette année... Par ailleurs, d’autres acteurs ayant participé aux éditions précédentes n’ont pas souhaité renouveler l’expérience, considérant que le retour sur investissement – mesuré en termes de nouveaux contrats / nouveaux clients – n’était pas suffisant dans cette manifestation, à la lumière des résultats obtenus lors des éditions antérieures. C’est par exemple le cas de Factiva, absent depuis plusieurs années ou d’Europresse, qui a renoncé à exposer cette année. Il ne faut en effet pas oublier que, même réduite à deux jours, la participation en tant qu’exposant à ce type de salon représente un budget non négligeable. Certains exposants s’estiment en revanche satisfaits, tel que l’Inist, qui fait d’i-expo un grand rendez-vous pour tous ses clients et partenaires ou Qwam System, dont le système de recherche fédéré suscitait, nous a-t-on dit, beaucoup d’intérêt. Nombre d’exposants et de visiteurs ont bien conscience de l’intérêt pour la profession en général d’un lieu de rassemblement périodique, permettant une grande facilité et une grande fluidité des relations, avec toutes les conséquences positives qui en découlent. Il n’en demeure pas moins que ce mouvement de “downsizing” d’i-expo ne va pas sans poser de questions, même si ce mouvement touche d’autres salons professionnels. On notera d’ailleurs que le Online de Londres n’est pas épargné, même s’il reste d’une taille tout à fait significative. On rappellera que depuis très longtemps, IDT devenu i-expo a souhaité associer dans une même manifestation un congrès de qualité, avec une exposition rassemblant l’essentiel de l’offre dans le domaine, afin d’être le rendez-vous de toute la profession. Cette association, tout à fait classique au demeurant, n’empêche pas que la question est posée depuis longtemps de la réelle synergie entre les deux composantes de la manifestation. Il serait, en particulier, intéressant de savoir si les congressistes prennent réellement le temps de visiter l’exposition. Cette question n’a jamais eue de réponse très claire, mais nombre d’exposants se plaignent de voir trop peu les congressistes, sollicités par de multiples conférences pouvant les occuper à plein temps. Il est vrai que le fait de proposer des conférences attirantes, d’en offrir plusieurs en parallèle, sans véritables pauses qui plus est, n’incite pas les congressistes à visiter l’exposition. Le problème est posé avec plus de force encore au Cnit, puisque congrès et exposition sont physiquement séparés. On avait d’ailleurs observé, en pire, ce même phénomène lors de la première édition de la manifestation ICC, organisée par Veille Magazine au Sofitel Sèvres ; les exposants étaient en effet “enfermés” dans une salle signalée d’une façon particulièrement discrète. On verra ce qu’un changement de lieu (la nouvelle édition d’ICC est prévue au Palais Brongniart, les 19 et 20 octobre prochains) aura comme conséquence sur la fréquentation de son exposition. Un contre-exemple intéressant est celui de l’ICIC (International Conference for Science and Business Information), organisé à Nîmes cette année par Infonortics. La thématique du congrès est très spécialisée, il n’y a pas de sessions parallèles, de grandes pauses sont prévues pour visiter une petite exposition, qui jouxte la salle de conférences, et les exposants font à tour de rôle une brève présentation à l’ensemble des congressistes. Mais cet exemple est difficilement transposable, car i-expo vise un public plus large, dont une part importante sont des visiteurs non-congressistes. D’autre part, et toujours concernant i-expo, il faut rappeler que l’idée récente (mise en place l’an dernier) de rendre gratuite une partie du congrès avait justement pour objectif … de faire venir plus de visiteurs à l’exposition. On peut se demander si le fait de proposer des conférences gratuites et intéressantes sans discontinuer est la meilleure façon de procéder. Si l’on veut pousser la logique jusqu’au bout, il faudrait au minimum décider de pauses de 30 minutes, voire d’une heure, au milieu des conférences gratuites, ou encore trouver un lieu qui permette de localiser les conférences au sein de l’exposition. Peut-être peut-on évoquer aussi l’insuffisance de clarté et d’originalité du positionnement actuel d’i-expo. La première thématique en effet, “Information numérique”, n’est peut-être pas très évocatrice ni attirante, même si elle recouvre effectivement bien le contenu du salon. Quant à la deuxième thématique, “Veille et Intelligence Economique”, il y a actuellement tellement de manifestations se réclamant de ce concept que, sauf événement particulier, il ne paraît malheureusement pas très mobilisateur pour i-expo, qui ne s’est jamais positionné comme une manifestation spécifiquement orientée IE, même si ce thème est effectivement présent dans la manifestation depuis plusieurs années. FAIRE DE L’EXPOSITION UN EVENEMENTPeut-être l’exposition a-t-elle souffert aussi de n’être pas assez événementielle. En effet, aucun événement original et attirant, dont on aurait parlé dans les listes de discussion et dans les blogs, n’était organisé au sein de l’exposition. Même les prix n’ont pas fait le plein de nominés. On aura remarqué à ce sujet que ni Questel.Orbit avec FamPat Plus, ni Capadoc/STN avec Anavist, n’avaient fait acte de candidature. Ces deux produits, lancés récemment par des exposants d’i-expo, auraient pourtant constitué d’excellents candidats. On se souviendra du succès du Village Veille, organisé par Veille Magazine pour l’édition 2004, qui avait réussi à créer du “buzz” et à attirer du monde. Son succès, et sans doute la difficulté de définir un partenariat satisfaisant entre Veille Magazine et les organisateurs d’i-expo, ont conduit à la création de la manifestation ICC, ce qui est certainement dommage pour i-expo, car l’emplacement baptisé “Village Veille” n’était guère animé cette année. On a dit que de nombreuses expositions très professionnelles souffraient pour de multiples raisons, comme la mise à disposition d’informations sur Internet, la moindre disponibilité des visiteurs potentiels (effet 35 heures), la réduction des budgets de déplacement qui diminue la fréquentation des provinciaux et la “concurrence” de manifestations très ciblées, organisées par quelques acteurs à destination d’une sélection de leurs clients et prospects. Ce sont clairement des éléments subis par i-expo. Mais ce “downsizing” est inquiétant, car on peut craindre que la manifestation ne soit entraînée dans une “spirale descendante”, moins de visiteurs attirant moins d’exposants et réciproquement. Le GFII avait souhaité reprendre le flambeau d’IDT après le jet de l’éponge de l’ADBS et l’édition 2005 avait dégagé un résultat positif, ce qui montre que la cause n’est pas perdue. Une intense réflexion créative – parfaitement réalisable nous semble-t-il – paraît nécessaire pour asseoir cette manifestation dans la durée. La prochaine édition, en tous les cas, aura lieu les 13 et 14 juin juin 2007 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles et non pas au Cnit, qui sera en travaux. |
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