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Bases, Numéro de Juillet-Août 2001 - n°174 Dialog : le réveil |
Auteur : François Libmann |
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Il aura fallu près de 18 mois à Thomson pour “digérer”
l’acquisition de Dialog (datant de mai 2000) et définir les axes de
la politique que va mener cette société, qui regroupe —
rappelons-le — les trois serveurs Dialog, Data-Star et
Profound.
C’est à l’occasion d’une réunion des clients le 19 septembre 2001 — il n’y en avait pas eu depuis avril 1997 — que les dirigeants de Dialog ont présenté les grandes lignes de cette politique et rappelé les nouveautés récentes. Les nouveautés à venir n’ont en revanche pas été abordées et seront annoncées plus précisément dans quelques semaines. Compte-tenu des événements récents aux Etats-Unis, le CEO de Dialog, Roy Martin n’avait pu faire le voyage. Les présentations ont été faites en particulier par Ciaran Morton, Président de Dialog pour la zone EMEA/AP (Europe, Moyen Orient, Afrique et Asie/Pacifique), basé à Londres, accompagné du danois Morten Nicholaisen, directeur central des ventes pour l’Europe, basé à Copenhague et Thomas Bauer, directeur de Data-Star à Berne. Après un audio-visuel rappelant de vieux souvenirs aux vétérans du Online (par exemple Roger Summit en 1968, presque en jeune homme, présentant le programme Recon qu’il conduisait au sein de Lockheed et qui déboucha sur les premières mises en ligne de Dialog en 1972), Ciaran Morton a rappelé les “fondamentaux” de Dialog et indiqué les axes de développement qui avaient été retenus. Dans le groupe Thomson, Dialog a finalement été placé dans la division Legal & Regulatory de Thomson, qui est la plus importante en chiffre d’affaires avec 2,6 milliards de $. Appartiennent également à cette division, Westlaw (banques de données juridiques) et Compumark (banques de données sur les marques déposées). Les autres divisions sont : - la division scientifique et technique (0,7 milliard de $ de CA), qui comprend en particulier Jane et Derwent, - la division financière (1,2 milliard de $ de CA), dans laquelle on trouve notamment Investext et Primark (récemment racheté) et, enfin, - la division Learning (1,4 milliard de $). Une des composantes importantes de la nouvelle situation est que Dialog fait aujourd’hui partie d’un groupe en bonne santé financière dont le cœur de métier, ou l’un des métiers principaux, est précisément celui de Dialog. C’est finalement la première fois que ces deux conditions sont réunies. Dan Wagner et sa société Maid étaient en effet dans le domaine de l’information électronique, mais ne disposaient pas de moyens financiers suffisants. Knight Ridder pour sa part était plus intéressé par la presse écrite — dans laquelle il a finalement préféré investir — que dans le développement de l’activité information en ligne de Dialog ; quant à Lockheed, le berceau de Dialog, il était très loin du secteur de l’information électronique. Le groupe Thomson est aujourd'hui prêt à investir 60 millions de dollars dans les différentes activités du serveur, ce qui est loin d’être négligeable. Pour des raisons de marketing tant interne qu’externe, Dialog a renoncé à annoncer les nouveautés “au fil de l’eau”. Désormais, ces dernières seront regroupées pour être présentées ensemble et avoir un meilleur impact ; les annonces seront faites tous les trois mois. La réunion des utilisateurs français étant programmée quelques semaines avant la date prévue pour la prochaine annonce, les participants n’ont eu droit, après la présentation générale du début, qu’à un rappel des nouveautés récentes. Nous avons par ailleurs interviewé Ciaran Morton, qui nous a donné des informations complémentaires. On peut retenir toute une série de données : - l’accroche de Dialog est “The information to change the world”, présent tout au long de la présentation ; - il y avait effectivement des nouveautés récentes à présenter, en particulier le chargement de nouvelles banques de données sur Dialog et Data-Star, signe que Dialog est ⁄ effectivement sorti de son immobilisme ; - l’axe stratégique fondamental de Dialog est l’information en ligne et le cœur de la clientèle est constitué par les professionnels de l’information. Les utilisateurs finaux ne sont visés qu’à travers ou en liaison avec ces professionnels. On observe que les grands serveurs, après avoir succombé à la folie du “tout utilisateur final”, ont aujourd’hui quasiment tous adopté des axes stratégiques de même nature. A cette occasion a été présentée également la nouvelle interface Dialog IQ (Access Dialog’s Wealth of Information Quickly), destinée aux utilisateurs finaux ; - l’accent est mis sur le client et l’écoute de ses besoins. Les mauvaises langues diront peut-être que cela n’a pas toujours été le cas dans un passé récent. Toute l’équipe de Dialog est donc supposée être à l’écoute de ces besoins. Cette équipe va croître de 10 % environ, avec un glissement des profils de vendeurs vers des profils de consultants. Des groupes de clients (Focus Groups, déjà créés aux Etats-Unis) vont voir le jour en Europe également, pour mieux recueillir avis et suggestions. Ceux que la participation à un tel groupe intéresse peuvent le faire savoir à leur interlocuteur habituel ; - l’offre en matière de contenu sera considérablement développée, ce qui signifie qu’un grand nombre de nouvelles bases seront chargées. Une première piste consiste à puiser, beaucoup plus que cela n’a été fait jusqu’à présent, dans l’offre des sociétés du groupe Thomson. Celles-ci ont souvent des approches marketing verticales et seraient sans doute intéressées par le canal de diffusion complémentaire que constitue Dialog. Le fait que Roy Martin, le CEO, soit un ancien de Thomson, facilitera certainement l’opération, car il connaît beaucoup de responsables au sein du groupe. Mais de nouveaux contenus viendront aussi d’autres sources ; - le Financial Times est à nouveau présent sur Dialog et sur Data-Star. Ciaran Morton attribue cela au fait que le groupe Pearson pouvait éventuellement refuser de négocier avec une société Dialog indépendante, mais beaucoup plus difficilement avec une société du groupe Thomson ; - la tarification va changer mais, là encore, cette réunion est venue trop tôt. Le montant des dialunits facturés pour une recherche va, nous a-t-on dit, devenir prévisible et indépendant de la plate-forme utilisée. C’est une demande des utilisateurs vieille de plusieurs années qui va enfin être satisfaite. Un choix de tarifications va être offert avec, semble-t-il, la possibilité de choisir une tarification à la durée, à la place des dialunits. Cela ressemblerait alors à ce que propose STN pour quelques bases dont Chemical Abstracts, à savoir le choix entre une tarification horaire seule (1 180 F/heure pour HCAPlus) et une tarification avec un coût horaire faible (192 F/h) et un coût au terme de recherche (9,17 F HT) ; - la possibilité d’alertes multifichiers sera proposée sur Dialog ; - sur Dialog toujours, toutes les “news” pourront être interrogées en une seule fois dans un fichier qui agrégera tout ce qui est disponible ; - les nouveaux contrats seront simplifiés et lisibles ; il n’y aura, en particulier, rien d’écrit en petits caractères (!) ; - pour quelques bases bibliographiques, la commande Starlinks (lien avec le texte intégral de l’article sous forme électronique pour 7 100 publications) sur Data-Star permettra prochainement d’acheter un article à l’unité, même si l’on n’est pas abonné à la revue dans laquelle il a été publié. Cette fonctionnalité sera bientôt proposée sur Dialog également ; - le contenu des trois serveurs va être chargé dans un fichier unique en XML. Il sera donc possible à terme d’obtenir des documents réformatés pour peu que l’on interroge sur une des plate-formes disponibles sur le Web. Cela ne signifie pas que les trois serveurs vont fusionner. Les trois interfaces seront en effet conservées, afin de respecter la préférence et les habitudes des clients qui n’ont, en général, pas envie de changer d’interface ; - le rachat en cours de NewsEdge va apporter un complément très utile à Dialog qui, s’il est très bien placé pour les archives, a une offre un peu faible sur l’information d’actualité très chaude ; - Dialog est à la recherche de contenus locaux ; - Chronolog sous forme papier semble renaître. Il est même envisagé d’éditer des numéros spéciaux, pourquoi pas à l’occasion d’IDT. Dans le dernier Chronolog reçu, on trouvait même de vraies bluesheets – imprimées sur papier bleu, avec des trous pour les classer facilement – sur les nouvelles bases de Dialog. Si la demande est forte, l’envoi par courrier de bluesheets est susceptible de reprendre, et les fiches correspondant aux bases récemment chargées pourraient être en {voyées. Même si cela paraît “ringard” à certains par rapport à la disponibilité des bluesheets sous forme électronique, les classeurs de fiches papier recto-verso à jour restent quand même un outil extrêmement commode. - un accent a été mis dans les présentations sur l’offre de Dialog pour alimenter des intranets sur mesure, en utilisant une série d’outils (Search Forms, Toolkit, Monitor) mis au point par une équipe d’informaticiens basée à Londres ; celle-ci peut intervenir, telle une SSII, pour livrer une application clé-en-main. Cela évite d’avoir à faire appel au service informatique interne, ce qui peut simplifier les choses. Deux exemples ont été présentés. - Le premier était destiné à un cabinet de consultants, pour lequel les utilisateurs finaux se voient proposer un écran avec le nom des concurrents et des clients. Cliquer sur un nom permet d’avoir les dernièr úes nouvelles concernant cette société, issues de différentes banques de données de Dialog. - Le second exemple présentait le service développé pour un laboratoire pharmaceutique : une veille est effectuée dans plusieurs banques de données, telles que Embase ou Biosis, sur une série de médicaments. Les informations sont rangées dans Private Star, le fichier privé que l’on peut créer sur Data-Star, et un mot-clé y est ajouté, correspondant au nom standard du médicament défini par le laboratoire. Lorsqu’un utilisateur clique sur le nom du médicament, il reçoit une liste de titres d’articles le concernant ; il a alors la possibilité de visualiser la référence complète avec son résumé puis, au moins dans certains cas, le texte intégral de l’article grâce à la fonction e.link. DIALOG EN CHIFFRESA l’occasion de la réunion des clients et des entretiens que nous avons eus, nous avons réuni toute une série de chiffres sur Dialog qu’il nous paraît intéressant de regrouper ici. Ces chiffres datent de juillet 2001. Dialog met en ligne 12 tera octets (12 000 milliards d’octets) dans 600 banques de données proposant plus de 800 millions de documents, issus de 200 000 sources, soit 6 milliards de pages et plus de 3 millions d’images. Pour comparaison, le volume du Web visible est estimé à plus de quatre milliards de pages. Plus précisément, Dialog propose des informations issues de 150 000 revues scientifiques et techniques et 5 500 journaux économiques. Par type d’information, les chiffres sont : - 1,6 million de références de thèses ; - 2 millions d’articles de conférences ; - 44 millions de notices brevets ; - 14 millions de notices de marques ; - 10 millions de notices concernant les copyrights ; - 11 millions de rapports d’investisseurs ; - 150 000 études de marché ; - 60 millions de fiches d’entreprises. On peut noter par ailleurs que 45 % du chiffre d’affaires est généré hors des USA. Ces sources et documents sont à la disposition de 20 000 clients dans 103 pays. Elles sont disponibles dans trois centres techniques : Palo Alto en Californie pour Dialog, Berne pour Data-Star et Londres pour Profound. 700 salariés sont employés par Dialog dont 300 dans les “Customer Services” répartis dans des bureaux ouverts dans 40 pays. |
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