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Accueil > Bases > Anciens sommaires > Le nouveau directeur de l'Inist vise des synergies avec le monde de la recherche

Bases, Numéro de Novembre 2001 - n°177


Le nouveau directeur de l'Inist vise des synergies avec le monde de la recherche

Auteur : François Libmann

 
Raymond Duval a été nommé, le 5 novembre dernier, Directeur de l’Institut de l’information scientifique et technique du CNRS à Nancy (Inist-CNRS).
   
Il remplace Alain Chanudet, qui occupait ces fonctions depuis 1998 et part à la retraite.
   
Raymond Duval a fait l’essentiel de sa carrière au CNRS, où il a été l’adjoint de Goëry Delacote, alors directeur de l’Information scientifique et technique au moment de l’installation de l’Inist à Nancy.
   
Même s’il avait surtout connu à l’époque les aspects adminis-tratifs, cette nomination n’en est pas moins pour une part un retour aux sources.
   
Bien que sa prise de fonction soit relativement récente, le nouveau directeur a déjà défini plusieurs orientations à son action et, en particulier, un axe majeur d’évolution, qui est celui d’un renforcement des liens avec les différentes composantes du CNRS.
   
Il considère que cette étape est maintenant possible, après le travail effectué par son prédécesseur, de restauration de l’image de l’Inist et de réunion des conditions d’un nouveau développement.
   
Après avoir remarqué que 85 % des moyens du CNRS dans l’ensemble des régions étaient situés dans l’université et qu’il n’était pas efficace d’avoir des systèmes séparés, il souhaite agir en tant que rassembleur, au bénéfice de l’ensemble de la communauté scientifique et technique sans, bien sûr, avoir pour autant de visées hégémoniques.
   
Ce rassemblement peut consister aussi bien à aider, à valoriser ou gérer les fonds disponibles dans différents laboratoires qu’à mieux faire connaître à ces laboratoires les produits et services de l’Inist, dont certains pourront évoluer le cas échéant en fonction de leurs demandes spécifiques.
   
Parmi les pistes à explorer, on peut penser à la création d’une base des signalements — éventuellement enrichis — des publications du CNRS, avec des liens vers les articles, ou à une base des rapports et des communications des laboratoires du CNRS dans leur ensemble, ou de certains d’entre eux.
   
Il est possible aussi d’aider les membres des réseaux de chercheurs à retrouver plus facilement des informations archivées. Parmi les besoins des scientifiques des laboratoires auxquels l’Inist pourrait répondre, il y a celui de réunion et de mise à disposition commode de tables de constantes, de tables de conversions, de protocoles et de méthodes.
   
Tout cela peut être conçu pour répondre uniquement aux problématiques du CNRS ou pour répondre aussi à des problématiques externes, dans l’idée d’apporter une contribution au développement de la science en général.
   
Ce peut être aussi l’occasion de valoriser et de mieux faire connaître des produits d’information scientifique, réalisés à partir de banques de données très ciblées, telles que des bases de tests.
   
Dans un autre domaine, une première démarche collective pour le CNRS avait été réalisée par Alain Chanudet, qui avait négocié avec Elsevier et Ovid Silver Platter d’importantes réductions de prix et des fonctionnalités personnalisées pour l’accès à leurs publications, à destination des chercheurs dans le domaine de la chimie : le nouveau directeur a renou-velé cet accord et compte l’étendre à d’autres disciplines et d’autres éditeurs.
   
Plus généralement et pour bien montrer cette appartenance au CNRS, Raymond Duval souhaite négocier avec la direction du CNRS un contrat d’objectif sur plusieurs années, pour assurer le développement de l’Inist sur des axes définis lors de cette négociation.
   
Cette procédure, classique pour les grands équipements scientifiques, conduit à estimer sur plusieurs années les besoins tant en postes qu’en budget.
   

DES BANQUES DE DONNEES MULTIMEDIA

   
En illustration de ce qui a été dit précédemment, Raymond Duval souhaite développer des banques de données multimédia, non seulement à partir des fonds de l’Inist, mais aussi à partir des fonds des laboratoires du CNRS, ce qui élargit considérablement les possibilités, tout en soulevant une série de problèmes comme l’indexation et le catalogage des images.
   
La première application consiste bien sûr à réunir un article et les images qui lui sont liées. Mais dans des domaines comme l’histoire de l’art, l’archéologie, la spectrographie, les sciences des matériaux, c’est l’image qui est l’élément premier dans une banque de données les réunissant.
   
Il est bien sûr naturel que cette évolution se fasse en synergie avec des laboratoires du CNRS et de l’INRIA, qui travaillent sur les nouvelles technologies de l’information, comme c’est déjà le cas avec le Loria (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications) ou le Limsi (Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur).
   
Une autre illustration de l’implication de l’Inist dans la politique scientifique du CNRS est le développement de l’utilisation de ses bases dans les pays ou existent des accords cadres de coopération. C’est par exemple le cas de l’Inde, qui est un gros consommateur de Pascal.
   
Cela peut conduire à enrichir Pascal de certaines sources particulièrement intéressantes pour les Indiens, et à multiplier les relations entre laboratoires.
   
Cette réflexion concernant le développement international n’est pas encore aboutie, mais Raymond Duval a été frappé par l’essor de Pascal en Asie et souhaite en tirer les conséquences.
   
Cela doit s’inscrire dans une stratégie du CNRS, l’Inist devenant un des outils du développement.
   
On sait que la tendance est au développement de la fourniture des documents primaires sous forme électronique ; des serveurs comme STN, DataStar ou Questel.Orbit (pour les brevets) ont déjà proposé des offres pour certains documents ou certains éditeurs.
   
L’Inist en tant que fournisseur important de documents primaires est bien sûr concerné par la question.
  
Il y a déjà 10 ans, l’Inist — le premier en Europe — avait pris l’initiative de numériser les 1 000 titres les plus demandés, qui satisfont 40 % des demandes (pour en satisfaire 95 %, il aurait fallu prendre en compte les
24 000 titres du fonds).
   
Ce service a été proposé pour optimiser le processus de livraison des articles toujours fournis sous forme papier et l’initiative récente de livrer des documents sous forme électronique implique nécessairement une impression à la réception.
   
Il est évident que l’étape suivante est de donner accès directement aux documents sous forme électronique.
   
Mais le problème est le prix de vente des articles fournis sous forme électronique, qui serait de l’ordre de près de 40 € alors qu’actuellement, le prix est légèrement supérieur à 10 €.
   
La mise au point d’un prix plus acceptable pour l’essentiel des clients passe par des discussions (qui sont en cours) avec les éditeurs.
   
L’une des démarches envisageables pourrait être de commencer par l’ouverture de cette possibilité de réception de documents électroniques à une population fermée et de l’élargir ensuite.
   
En ce qui concerne la base Francis (références en sciences humaines), le fait que, pour des raisons historiques, le seul serveur en libre accès sur lequel elle soit disponible en ligne soit Questel.Orbit — serveur qui s’est spécialisé dans la propriété intellectuelle — pose problème, même si Questel.Orbit ne souhaite pas la décharger rapidement.
   
Il est clair qu’il faudra trouver une solution, d’autant que les frais fixes annuels d’accès à Questel.Orbit s’élèvent à 330 € pour l’année 2002.
   
Les dirigeants de Questel.Orbit se sont engagés à ne pas décharger Francis avant que l’Inist ait trouvé une solution. Celle-ci pourrait être, d’ici un an environ, un chargement sur le site de l’Inist. On ne peut pas exclure non plus un chargement sur un autre serveur qui se montrerait particulièrement motivé.
   
Rappelons que Francis est également disponible :

- sur le réseau RLG (Research Library Group), qui regroupe des grandes bibliothèques de recherche, américaines surtout, mais la BNF en fait partie ;
- dans l’offre de cédéroms en réseau proposé par Silver Platter avec son système ERL (Electronic Reference Library) ;
- en cours de chargement sur le réseau PICA, un réseau de bibliothèques néerlandaises auquel participent aussi des bibliothèques d’Allemagne du nord et de Belgique ;
- en libre accès pour les douze derniers mois sur le portail de l’Inist (connectsciences.inist.fr), avec l’interface Leximine Quest.
   
Le portail va bien sûr continuer à être développé en intégrant de nouvelles technologies de veille, à mesure qu’elles seront disponibles.

 

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