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Bases, Numéro de Novembre 2001 - n°177 Petit tour du salon Online 2001 |
Auteur : Madeleine Wolff-Terroine |
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Etonnement? Léger désarroi devant cet Online de moindre volume ?
Certes oui !
Cependant, un rapide premier tour a vite fait de nous montrer quelques tendances et produits nouveaux. LOGICIELSTout d’abord, et contrairement aux années antérieures, un accent très fort est mis sur les logiciels ; parmi ceux-ci, une bonne majorité propose aux entreprises de structurer, classifier, indexer leurs données, pour que celles-ci soient réellement exploitables sur leur intranet. Les prix dépendent du volume de données à traiter et du nombre d’utilisateurs. Mais attention ! Ici, ce sont les très grands comptes qui sont visés. Et les prix (dans la mesure où l’on peut arriver à obtenir une précision) atteignent facilement les cinq zéros. On fait miroiter aux acquéreurs potentiels qu’ils peuvent ainsi créer leur propre “portail” (le terme étant mis à toutes les sauces) et éventuellement monnayer plus aisément l’accès à leurs données par des tiers. Le classement automatique se fait en fonction des catégories définies par l’acquéreur. Certains logiciels y ajoutent une très forte composante linguistique, avec traduction automatique : comment traiter en effet les fonds d’information de sociétés multinationales, si l’on ne prend en compte que l’anglais ? On remarquera que, pour la première fois, ne traiter que l’anglais est reconnu comme un argument de faiblesse, à l’origine de lourdes pertes d’informations. Parmi les logiciels les plus intéressants dans cette catégorie (et l’on ne peut détailler ici toutes leurs fonctionnalités), citons entre autres Z Portail, Insight, Albert — qui fait une percée en flèche —, Nstein, SailLabs, Whiz Banglabs... RUSSIELes années précédentes, plusieurs stands russes étaient présents, en particulier ceux des Chambres de Commerce. Cette année, le seul exposant russe est Viniti, le grand centre d’informations scientifiques et techniques. Les membres du stand ont beaucoup de mal à comprendre l’anglais, ce qui ne facilite pas le dialogue. C’est dommage, car la base est riche : 20 millions de citations. On remarquera cependant que le coût d’accès à une citation, de 0,1 $ en russe, est multiplié par six pour obtenir la même citation en anglais : 0,6 $ ! Mais allez voir le site Web du Viniti, en grande partie bilingue ; il est très clair. www.viniti.ru STATISTIQUESParmi les produits réellement nouveaux, une attention mérite d’être accordée à la mise à disposition des données publiques de l’Office national de statistique du Royaume-Uni. Le gouvernement britannique désire en effet développer des solutions locales, ce qui suppose une prise de conscience et une participation des citoyens. Ceci nous vaut un superbe service, qui couvre la criminalité, le chômage, l’éducation, la santé... Le site est clair, très facile à consulter, permet des comparaisons intéressantes avec la France. Bref, on est jaloux. www.statistics.gov.uk/neighbourhood METHODS BASEL’alliance de deux “grands” a donné lieu à un nouveau produit original : Methods base. Biosis et the Scientific World unissent en effet leurs compétences pour lancer ce nouveau service, qui couvre toutes les techniques et protocoles expérimentaux utilisés dans les sciences de la vie. Biosis avait déjà la base Methods Finder, qui contient plus de 170 000 textes classés, indexés, y compris 24 000 brevets et des sites Web. L’union avec The Scientific World permet d’assurer à l’utilisateur un lien avec SCIbase, c’est-à-dire la fourniture en ligne de tous les articles cités ; de même, un lien avec Labshelf permet l’identification des fabricants de matériel et de produits de laboratoire référencés et leur commande. Un service d’alerte est proposé. Il s’agit là d’une base classique quant à son mode d’interrogation, qui nous propose un service complet totalement intégré, ceci moyennant une souscription de 2 500 $ pour un individuel. Donc un beau produit, mais les utilisateurs non-américains rentreront-ils dans le jeu de ce marché captif ? www.scientificworld.com EDITION SCIENTIFIQUEL’édition scientifique et sa forme électronique ont été discutées par les acteurs de la cour des grands : présidents ou directeurs généraux de l’Institute of Physics Publishing, de Cambridge Scientific Abstracts, d’Elsevier, des presses de Standford, et de BioMed Central. Leurs discours étaient rien moins que triomphalistes et ils pratiquaient tous des politiques différentes, qu’il s’agisse du prix à faire payer aux abonnés papier pour accéder à la vision en ligne (gratuité ou légère majoration), du mode de paiement pour les non-abonnés désirant télé-charger un article, de la mise en ligne gratuite d’une nouvelle revue pendant quelques mois avant le lancement payant —pratique hautement condamnable pour certains —, ou encore de l’accès aux archives (c’est-à-dire déjà l’année immédiatement antérieure...). En revanche, un accord général s’est fait immédiatement contre le mythe du “free”, trop fréquent dans les milieux professionnels. A la question directe : “Est-ce que l’édition électronique est pour vous un succès financier ?”, l’American Institute of Physics (et, rappelons-le, nous sommes ici dans un domaine et un public porteurs), en accord avec ses partenaires, a nettement répondu “un succès oui, un succès financier, certainement pas”. Mais, a ajouté l’éditeur de Standford, “cela fait connaître”. Bref, si l’on excepte l’un des partenaires qui pense qu’avec les progrès de la technique, toutes les réticences devant la lecture sur écran vont disparaître (le processus cognitif et notre chiasma optique vont-ils aussi changer ?), tous ces grands éditeurs se disent incapables de faire des prévisions à cinq ans et pensent simplement que pour le moment, il faut être présent. On notera quelques pointes lancées à BioMed Central. La publicité et le lancement de ses revues électroniques reposaient sur le slogan : libre accès pour tous à tous les articles de recherche. Sans doute prévoyait-il des rentrées publicitaires ; quoiqu’il en soit, depuis le 1er janvier, il faut payer “a processing charge” de 500 $ pour être publié dans les journaux gratuits de BioMed Central. Qui plus est, BioMed Central lance maintenant de nouvelles revues, très intéressantes, mais toutes largement payantes. Gênant. CEDEROMSToute la littérature récente sur le Web invisible aurait-elle convaincu l’utilisateur que les bonnes vieilles bases de données sont certes payantes, mais que l’on y trouve de l’information sérieuse ?! Pour séduire une clientèle sur la réserve, les producteurs jouent de supports qui pourraient paraître en perte de vitesse, en particulier le cédérom. Leur argument est financier : avec un cédérom sur votre intranet, vous interrogez autant que vous le désirez, pour un coût annuel forfaitaire. A cela s’ajoute le fait que les logiciels de gestion de CD permettent un accès à Internet, et par conséquent une commande en ligne des documents pertinents. On ne s’étonnera donc pas de voir des producteurs parmi les plus importants, d’Inspec à Psychological Abstracts, vanter au Online les mérites de leurs disques. AGRO-ALIMENTAIREIfis (The International Food Information Service) annonce la mise sur le Web — sur abonnement bien sûr — de l’intégralité de la base FSTA (Food Science and Technology Abstracts), soit plus de 575 000 références issues de plus de 1 800 sources, publiées de 1969 à nos jours. Indépendamment d’un thesaurus en ligne, d’un dictionnaire, de liens avec les textes intégraux, des services intéressants sont offerts : - une base contenant plus de 2 300 liens évalués et contrôlés ; - des revues d’ensemble sur les sites Web majeurs en agro-alimentaire ; - des rapports sur les nouveautés dans les brevets ; - des comptes-rendus sur les articles essentiels récemment publiés dans le domaine. On notera que ces derniers services sont accessibles gratuitement. www.FoodScienceCentral.com SCIENCES DURESSpringer Verlag frappe un grand coup avec la mise en ligne du Landolt-Börnstein. Il s’agit là d’une “bible” en chimie, physique et technologie, qui comprend 290 volumes et 140 000 pages imprimées. Colossal ! Cet ouvrage de référence est édité en anglais depuis 1961. Plus de 1 600 experts travaillent aux nouvelles éditions. Une étude de marché avait montré que 80 % des utilisateurs estimaient qu’une édition online — avec ses facilités de consultation et ses recherches dans des index —, serait une addition souhaitable, facilitant la lecture ultérieure du texte imprimé. Désormais, chaque volume imprimé est accompagné de son disque. La version en ligne du Landolt Börnstein est intégrée dans Link, le portail de Springer-Verlag. Il est prévu que dans un avenir proche, des utilisateurs n’ayant pas souscrit à l’édition complète pourront acquérir des articles grâce à un nouveau système de facturation. link.springer.de SANTEPour la première fois, Reuters Health Information était présent au Online. Il s’agit là d’une facette très intéressante de Reuters. Plus de 100 articles nouveaux concernant la santé sont publiés chaque jour dans trois produits éditoriaux : - Reuters Health eLine, conçu pour le grand public, avec aussi une édition en espagnol et une en portugais ; - Reuters Medical News, pour les médecins et pharmaciens ; - Reuters Health Industry Briefing, pour l’industrie pharmaceutique, les biotechnologies et les fabricants d’équipements. La qualité des informations venant des périodiques majeurs, des congrès, des rapports officiels, des agences sanitaires nationales et internationales, est remarquable. Les sources sont toujours fournies, et il n’y a jamais ces affirmations trop rapides, si fréquentes dans la presse. C’est payant ? Bien sûr : 3000 $ pour une souscription aux nouvelles médicales ; mais il s’agit là d’un journalisme de très haut niveau. www.reutershealth.com |
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