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Accueil > Bases > Anciens sommaires > Le commerce international à la carte

Bases, Numéro de Avril 2002 - n°182


Le commerce international à la carte

Auteur : Aurélie Vathonne et Corinne Dupin

 
Les données relatives au commerce international sont publiées par un grand nombre de pays ; on trouve rarement une si grande richesse — que ce soit sur le plan géographique, sur celui de l’antériorité ou du détail des données — pour les autres indicateurs économiques (production, consommation, taxes…).
   
Ces statistiques sont issues des déclarations douanières remplies par les exportateurs et les importateurs, et sont vérifiées par les douanes. Elles sont collectées par les organismes nationaux de statistiques puis transmises aux organismes internationaux.
   
Pourtant, il n’existe pas de statistiques de commerce irréprochables (voir encart) et elles seront toujours à manier avec précaution, bien qu’émanant de sources on ne peut plus officielles. Elles permettent à un large public — qui va du consultant aux organismes de promotion du commerce, en passant par les responsables export des entreprises — d’analyser les parts de marché, les tendances dans les flux commerciaux, de surveiller les mouvements de marchandises au niveau mondial, etc.
   
Au cours des dernières années, la disponibilité de ces données sous forme électronique s’est considérablement accrue, sur cédérom d’abord puis, avec le développement d’Internet, dans des bases de données en ligne. On peut distinguer globalement deux types de services :
   
- les bases de données commerciales, comme Tradstat ou World Trade Atlas : ce sont des services proposés par des sociétés privées, qui offrent de nombreuses fonctionnalités et un niveau de détail très fin ; en revanche, le nombre de pays couverts n’est pas très important en comparaison des autres services (30 pays pour Tradstat, une quarantaine pour World Trade Atlas) ; leur coût est relativement élevé ;
   
- les bases de données offertes par des organismes officiels internationaux : elles ont une couverture géographique qui peut être mondiale (113 pays dans le service Trademap proposé par le Centre du Commerce International) ou “régionale” (les pays de l’OCDE pour la base ITCS, l’Union Européenne pour Comext…), ou encore ne couvrir qu’une industrie (l’agroalimentaire pour Faostat http://apps.fao.org) ; les données sont souvent plus agrégées — donc moins détaillées — que dans les bases de données dites commerciales.
   
Tous ces services permettent d’obtenir et de comparer des chiffres caractérisant les échanges commerciaux entre un pays donné (ou un groupe de pays tel que l’Union Européenne) et le reste du monde (on parle alors de pays “partenaires”). Ces chiffres permettent, pour toute marchandise, de mesurer les importations et/ou les exportations en quantité ou en valeur.
   
Mais la conception des services, le public et le but visés diffèrent.

   

WTA ET GTA DE GTIS : DES PRODUITS INTERACTIFS

   
Ainsi, on trouve des services dont le point fort est l’interactivité dans la construction des tableaux. C’est le cas de World Trade Atlas / Global Trade Atlas.
   
La société américaine GTIS (Global Trade Information Services), créée en 1993 par Donald Brasher, expert en commerce international (ancien analyste au sein du Département du Commerce américain, aujourd’hui son concurrent), propose deux produits aux positionnements quelque peu différents :
   
- World Trade Atlas (WTA) permet d’accéder aux données sur les importations, les exportations et la balance commerciale. L’abonnement est conçu sur la base du choix d’un ou plusieurs pays déclarant(s), pour le(s)quel(s) on accède à toutes les données (tous codes SH —voir encadré — confondus), et de la fréquence de mise à jour ;
   
- Global Trade Atlas (GTA) offre l’accès aux données sur les importations et les exportations uniquement. Le principe est de choisir un ou plusieurs codes SH, un ou plusieurs pays déclarants, et le type d’actualisation des données souhaité. L’utilisateur crée ainsi le profil de son choix.
   
Cet outil s’adresse plus directement aux entreprises désireuses de suivre le produit qu’elles fabriquent et ses produits concurrents, ou encore aux syndicats professionnels.
   
Les sources de GTIS sont les organismes officiels des statistiques des 40 pays couverts (l’Australian Bureau of Statistics, le Secretariat of Foreign Trade du Brésil, le Customs Committee of Russia, etc.) et Eurostat pour les quinze pays de l’Union Européenne.
   
Les fonctionnalités de ces deux produits sont sensiblement les mêmes. Le principe d’interrogation est celui de l’entonnoir ; il s’agit d’entrer successivement les différents critères : choix des importations ou des exportations (mais pas de tableau cumulé comme dans Tradstat ou ITCS), pays déclarant, pays partenaires, choix des codes SH, etc.
   
L’originalité et l’intérêt de ces produits résident dans le fait qu’il est possible de modifier de façon interactive l’essentiel des critères. Seule la quantité n’est pas paramétrable et, sur WTA, le choix de la monnaie doit être fait au tout début de la recherche (dans GTA en revanche, cet élément est modifiable au même titre que les autres).
   
La souplesse et l’interactivité de ces produits sont appréciables. C’est ainsi que l’on peut, à tout moment et très simplement, changer les paramètres du tableau d’un simple clic (pour changer l’intervalle de temps sur WTA, pour passer des importations aux exportations sur GTA...),  au moyen de menus ou de boutons. Il est en outre possible de revenir très facilement aux données obtenues précédemment, de passer des données d’importation aux données d’exportation, etc.
   

TRADEMAP

   
On retrouve cet avantage de l’interactivité dans le produit Trademap, proposé par le Centre du Commerce International.
   
L’utilisateur est d’abord invité à choisir un flux (import ou export) puis un produit. Il obtient dans un premier temps la liste de tous les pays important (ou exportant) le produit choisi, les pays étant classés par ordre décroissant de valeurs ; il peut, à ce stade, passer d’un simple clic des exportations aux importations.
   
En cliquant ensuite sur l’un des pays, il visualise le détail du flux considéré avec tous les pays partenaires. Depuis ce nouveau tableau, il peut obtenir les mêmes données, exprimées cette fois non plus du point de vue du pays en question mais de celui des pays partenaires (les fameuses données miroirs, qui engendrent parfois des différences notables mais fournissent une information précieuse, voir encart).
   
Il peut aussi obtenir un tableau ventilant les données concernant tous les produits appartenant à la même catégorie que celle du produit choisi au départ, etc.
   

TRADSTAT SUR DATASTAR : MULTIPLES OPTIONS

   
D’autres services, tels que Tradstat, ont été conçus de façon radicalement différente.
   
Pendant longtemps, et en tout cas avant l’arrivée de World Trade Atlas sur le marché, Tradstat fut la seule base de données commerciale à proposer des données détaillées (codes à 8 chiffres du Système Harmonisé) sur le commerce international. On pouvait y accéder par le même NUA que le serveur DataStar et la production de tableaux n’y était guère conviviale, même en utilisant l’option “recherche guidée”.
   
Au cours de l’année 2000, Tradstat a migré sur le Web et a considérablement amélioré son accès. Le service actuel permet de créer très facilement des tableaux d’importations ou d’exportations entièrement sur mesure. Mais contrairement à son principal concurrent, Tradstat demande à l’utilisateur de définir tous les critères avant l’extraction des données. Le tableau, une fois généré, n’est plus modifiable (c’est le même principe pour le service ITCS offert par l’OCDE). Pour compenser ce manque de souplesse, Tradstat propose à l’utilisateur une série impressionnante d’options et de critères :
   
Tout d’abord, il existe cinq rapports standard et pre-formatés, parmi lesquels choisir au départ :
   
- Import/export report : il permet de visualiser sur un même tableau les chiffres d’importations et ceux d’exportations pour un pays et un produit ou groupe de produits, avec le détail concernant les pays partenaires ; cette option est offerte aussi par la base ITCS de l’OCDE ;
   
- Trend report : il détaille ou bien les importations ou bien les exportations pour un pays et un produit ou groupe de produits ; on utilise généralement ce type de rapports pour étudier l’évolution d’un marché sur une période (données mensuelles sur une année ou données annuelles sur 3 ou 5 ans) ;
   
- Key Countries report : ce rapport s’utilise plutôt à des fins d’analyse macro-économique ; il exprime à la fois les chiffres d’importations et d’exportations concernant un produit ou une industrie, et ce pour tout ou partie des 30 pays Tradstat, mais sans le détail concernant les pays partenaires. On saura donc par exemple que le Portugal exporte/importe au total x tonnes de saumons, mais on ne saura pas vers/de quels pays ;
   
- Region report : ce rapport détaille soit les exportations, soit les importations d’un produit ou groupe de produits, et ce pour une région constituée de plusieurs pays mais considérée comme simple unité ; par exemple, le region report conso-lide tous les chiffres des pays membres de l’Union Européenne et exprime les importations ou les exportations de cette zone avec les pays partenaires. Pour l’instant, ce type de rapport n’est possible que pour l’Union Européenne, mais lorsque d’autres pays seront ajoutés au service, il est prévu de l’étendre à d’autres zones telles que l’Asie ;
   
- Sector breakdown report : il délivre le total des échanges au sein d’un secteur pour un pays, et détaille pour chaque produit appartenant à ce secteur les importations ou les exportations sur une période donnée. Il suffit de déterminer une industrie (exemple : le secteur des produits laitiers) et le rapport généré donnera la ventilation pour chaque produit ou pour les x principaux produits, en quantité et en valeur, mais sans le détail concernant les pays partenaires.
   
Après le choix du type de rapport, l’utilisateur se voit offrir de nombreuses options qui vont permettre de produire un tableau entièrement personnalisé :
 la liste des pays partenaires peut être constituée de tous les pays, d’un seul, ou bien d’une zone pré-définie (par exemple un continent, l’OPEC ou la Scandinavie…), ou encore d’un groupe de pays entièrement personnalisé ;
   
- la période considérée peut être définie par une année ou une suite d’années (les données annuelles de certains pays remontent au début des années 80), par un mois ou une suite de mois (dans les trois dernières années), les n derniers mois ou encore l’année en cours, avec le détail mois par mois et la possibilité d’inclure le cumul depuis le début de l’année ;
   
- la quantité peut être exprimée en 9 unités incluant : la tonne métrique, le kilo, le gramme, la livre…
   
- les valeurs peuvent être obtenues dans toutes les monnaies nationales des 30 pays auprès desquels Tradstat recueille son information ;
   
- les quantités sont toujours exprimées, mais l’on peut choisir de visualiser en outre la valeur totale des flux et le prix (ce qui est appelé ici le prix est en fait le calcul de la valeur moyenne d’une unité), et les pourcentages de valeurs ou de quantité pour chaque pays partenaire ;
   
- les chiffres peuvent être triés par ordre décroissant de quantité ou de valeur importée ou exportée, ou ordonnés en fonction de l’ordre géographique des pays partenaires (pays européens groupés, puis pays méditerranéens, puis pays africains…).
   
L’essentiel de ces possibilités se retrouve sur WTA/GTA mais de façon plus souple et conviviale ; en revanche, les quantités n’y sont exprimées que dans l’unité originelle.
   
Ces deux orientations techniques dans la conception respective des services ont évidemment une incidence sur la facturation adoptée : dans le cas de World Trade Atlas ou TradeMap, le service est payé de façon forfaitaire chaque année (1 500 à 4 920 $ par exemple pour WTA, plusieurs milliers de $ pour Trademap) et l’abonnement permet à l’utilisateur de créer des tableaux en nombre illimité ; en revanche, sur Tradstat, l’utilisateur est facturé à l’usage, c’est-à-dire au tableau généré, dont le prix varie de 20 à 165 $.
   
DES PRODUITS A VALEUR AJOUTEE
   
Malgré leurs différences, WTA/GTA et Tradstat visent la même cible — essentiellement les entreprises — et se retrouvent en concurrence frontale. Pour justifier le prix relativement élevé de leurs produits, ils se démarquent des bases offertes par les organismes officiels en proposant des fonctions et services à valeur ajoutée :

- une mise en ligne très rapide (environ 2 mois contre 1 à 2 ans dans les bases d’organismes officiels) ;
- un niveau de détail inégalé (nomenclature jusqu’à 10 chiffres) ;
- la possibilité de combiner plusieurs produits isolés ;
- une fonction d’alerte avec envoi automatique par e-mail sur Tradstat ;
- une présentation très conviviale des chiffres : les tableaux Excel sont particulièrement bien présentés sur WTA/GTA, alliant clarté et esthétique, tandis que Tradstat offre la possibilité de produire cinq types de graphiques (dont camemberts, histogrammes, courbes…) assortis d’une kyrielle d’options de présentation (taille et couleur de la police de caractère, des trames de fond, des traits…) ;
- le nombre de pays couverts reste faible dans les deux cas, mais la couverture tend à s’enrichir d’année en année : WTA/GTA marque des points en proposant les chiffres de la Russie, de la Pologne et une bonne couverture de l’Amérique du Sud ;
- Tradstat pour sa part offre une plus grande antériorité (jusqu’à 1981 pour certaines séries contre 1990, et pour certains pays seulement dans WTA) ;
- autre atout, et non des moindres, la très grande réactivité du service d’assistance pour WTA/GTA.
   
Tout autre est l’objectif de Trademap qui compte très peu d’entreprises parmi ses clients. Ce service, offert par le Centre du Commerce International, s’adresse en priorité aux Organismes Nationaux de Promotion du Commerce.
   
En ce sens, il incite un nombre grandissant de pays à publier leurs données, afin de développer le commerce, notamment dans les zones les plus défavorisées.
   
C’est donc l’un des atouts de Trademap qui, en dépit de données qui restent relativement agrégées (nomenclature à 6 chiffres), offre la couverture de 113 pays et permet ainsi aux analystes d’avoir une vision mondiale des marchés, de la concurrence et des partenaires potentiels.
   
Les données sont issues de la base Comtrade des Nations Unies, sans doute la base de données de référence au niveau du Commerce International, qui alimente aussi le cédérom PC-Tas. En outre, Trademap offre une sorte de pre-analyse, avec le calcul automatique d’indicateurs, les taux de croissance sur 5 ans, etc. Le volume important de données mises à disposition explique sans doute le prix élevé du service (36 000 $ de licence puis 5 000 $ /an ; pour les pays les moins avancés : 12 000 $ de licence puis 1 000 $/an).
   
De façon générale, les données détaillées ne sont jamais accessibles gratuitement.
   
Pour l’Union Européenne, l’utilisateur aura cependant tout intérêt à se tourner vers Eurostat, et sa base de données Comext, qui est d’ailleurs l’une des sources de WTA/GTA. Commercialisée il y a encore quelques années par le Wefa Group elle n’est plus accessible directement en ligne, mais des devis sont proposés pour chaque demande d’extraction dans tous les datashops (services d’accès aux données statistiques européennes). Elle est également disponible sur cédérom.
   
Cependant le choix d’un service est délicat.
   
Les bases de données en ligne que nous avons privilégiées dans cet article ont l’avantage de délivrer des données régulièrement mises à jour. L’utilisateur occasionnel ou celui qui n’est pas spécialisé dans un secteur optera pour un système de paiement à la consultation comme Tradstat. Pour le spécialiste du commerce international, l’idéal est de pouvoir consulter à la fois une base de données couvrant les marchés mondiaux (Trademap, ITCS), pour obtenir une vision globale, et d’approfondir l’analyse de certains pays-cibles avec des bases de données détaillées (Tradstat, WTA/GTA), permettant d’examiner les flux de produits spécifiques.
   

LES STATISTIQUES EN MIROIR

   
Une même transaction commerciale devrait théoriquement s’exprimer de façon cohérente, qu’elle soit considérée du point de vue de l’exportateur ou de l’importateur, les chiffres d’exportations du premier correspondant aux chiffres d’importations du second. Or, on constate des disparités parfois importantes entre les flux import et export, pour un même produit entre deux pays : les données “en miroir”, censées refléter les mêmes chiffres dans un sens comme dans l’autre, sont quelquefois asymétriques.
   
Plusieurs causes peuvent être avancées :
   
- les données statistiques couvrent 94 à 99,8 % des échanges de marchandises selon les pays membres de l’Union Européenne par exemple. Certaines quantités, considérées comme négligeables, ne sont pas prises en compte par certains pays, alors que d’autres les mentionnent. Ces différences de couverture, si elles ne sont pas corrigées par des “ajustements”, produisent des données miroirs asymétriques ;
   
- les “ajustements” auxquels se livrent justement les différents pays occasionnent également des disparités, puisque tous les pays n’appliquent pas ces méthodes de correction des chiffres ;
   
- des données statistiques concernant certains produits sont considérées comme confidentielles et, à ce titre, tues par certains pays, tandis que leurs pays partenaires ne les considèrent pas comme telles et les communiquent, ou bien font état de la transaction en la classant sous un code produit différent…
   
- le commerce “triangulaire” existe au sein des Etats membres de l’UE notamment : un pays A vend un bien à une entreprise d’un pays B, qui ensuite le vend à une entreprise d’un pays C, alors que la marchandise n’a physiquement transité qu’une seule fois, du pays A au pays C. En pareil cas, la transaction apparaît entre A et C, A comme C considérant B comme un pays partenaire, alors que B n’enregistrera pas la transaction parce qu’il n’y aura pas eu sur son territoire de mouvement «physique» des marchandises ;
   
- les sociétés peuvent rencontrer des difficultés lors de la classification de leurs produits, commettre des erreurs, mal interpréter un code ;
   
- le délai d’enregistrement des données peut varier d’un pays à l’autre ;
 la même transaction peut être enregistrée différemment lorsque l’exportateur l’exprime en FOB (Free on Board), c’est-à-dire en prenant en charge tous les coûts jusqu’au point de livraison, et lorsque l’importateur l’exprime en CIF (Cost, Insurance & Freight), en incluant les coûts de transports internationaux et l’assurance ;
   
- lorqu’il existe un commerce régulier et traditionnel entre deux pays voisins, il peut ne pas être déclaré (ex : le bétail en Afrique de l’Ouest...) ;
   
- lorsque les données sont exprimées en valeur, les distorsions entre les chiffres sont souvent plus grandes en raison de l’inflation, du taux de change… La quantité est un indicateur plus fiable.
   
NOMENCLATURES ET CLASSIFICATIONS
   
Il existe une multitude de classifications pour indexer les produits (SIC et NAICS aux Etats-Unis, CPV pour les marchés publics, CPA, NACE…), qui constituent des instruments de base sans lesquels il serait impossible d’élaborer des données statistiques. « Il est difficile d’imaginer les effets qu’un petit code de six chiffres peut avoir sur les mesures internationales visant à réduire le réchauffement de la terre, (…) ou sur la capacité d’un pays en développement à offrir à sa population des soins médicaux fondamentaux. » Cette remarque de Monsieur Nagase, de l’OMD, confirme en outre que la qualité des nomenclatures détermine la qualité de l’information recueillie et diffusée.
   
La plus répandue dans le commerce international est le HCDCS (Harmonized Commodity Description and Coding System), plus communément désigné sous le nom de Système Harmonisé (SH ou HS en anglais). Elle a été mise au point par l’ex Customs Cooperation Council (CCC) à Bruxelles, appelé maintenant Organisation Mondiale des Douanes (OMD ou WCO en anglais), pour faciliter le travail des douaniers. Elle est par conséquent organisée en fonction des propriétés physiques des marchandises (matériau de fabrication) plutôt que de leurs caratéristiques économiques.
   
Pourtant, l’analyse économique requiert de considérer les flux de produits sous l’angle du stade de fabrication ou de l’usage final qui en est fait. C’est ainsi qu’une nomenclature parallèle a vu le jour, développée par les Nations Unies : la SITC (Standard International Trade Classification).
   
Le Système Harmonisé constitue la référence et est utilisé par plus de 170 pays. Disponible en anglais et en français, il organise les produits échangés en 21 sections, 97 chapitres et environ 5 000 groupes de produits. Chaque code comporte de 6 à 11 chiffres : les 6 premiers (correspondant aux groupes de produits) sont identiques d’un pays à l’autre. Les deux chiffres suivants sont utilisés au niveau national pour décrire des produits d’intérêt particulier pour le pays ; ils peuvent donc varier d’un pays à l’autre mais les 15 pays de l’Union Européenne ont harmonisé leur classification sur 8 chiffres (elle est alors désignée sous le terme de « nomenclature combinée »). Un neuvième chiffre est utilisé pour exprimer des statistiques au niveau national. Enfin, les importations des pays tiers vers l’Union Européenne doivent être exprimées sur 11 chiffres (nomenclature TARIC).

Le Système Harmonisé est révisé environ tous les 5 ans et il vient tout juste de subir un rafraîchissement au début de l’année 2002.
   
La SITC est moins détaillée que le Système Harmonisé dans la mesure où elle ne comporte que 10 sections et 67 chapitres ; en outre, elle est composée de codes à 5 chiffres. Cependant, elle est disponible dans plusieurs langues : Arabe, Chinois, Anglais, Français, Russe, Espagnol.
   
Les Institutions internationales utilisent plutôt la SITC alors que les statistiques nationales sont généralement exprimées selon le Système Harmonisé. Mais les deux organismes qui ont mis au point ces nomenclatures ont travaillé en coopération pour que les deux systèmes soient compatibles. Il existe d’ailleurs des tables de correspondance qu’on peut visualiser ou télécharger sur Internet entre le Système Harmonisé sur 6 niveaux et la SITC sur 5 niveaux.
   
INFORMATIONS
  
- WTA / GTA
Global Trade Information Services - Brigitte Daviet Stringfield
Tél.: +1 803 765 1860 - bstringfield@gtis.com

- Trademap
Centre du Commerce International (Suisse) - Christian Delachenal
Tél.: +44 22 730 0268 - delachenal@intracen.org

- Tradstat - Dialog Corporation - Marie-Christine Delpino
Tél.: 01 55 23 52 53 - Fax : 01 49 07 08 08 - contact_france@dialog.com
   
- ITCS - OCDE Paris Centre - François Barnaud
Tél.: 01 45 24 87 72 - Fax : 01 45 24 19 50 - françois.barnaud@oecd.org
   
- Comext/Eurostat - Datashop Paris
Tél.: 01 53 17 88 44 - Fax : 01 53 17 88 22 - datashop@insee.ft
   
- PC-Tas (cédérom) - www.intracen.org/pctas
pc-tas@intracen.org ou tradestat@im.org


 

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