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Bases, Numéro de Mai 2002 - n°183 Propriété intellectuellePremier lancement de Plutarque |
Auteur : François Libmann |
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Le projet Plutarque avait été annoncé il y a un an déjà, mais c’est
finalement lors de l’édition 2002 d’IDT que la première version de
Plutarque Expert a été lancée.
Comme son nom l’indique, cette première version est destinée aux professionnels de l’information spécialisés en propriété industrielle. Dans les mois qui viennent, de nouvelles fonctionnalités seront ajoutées à la version expert, et la version destinée aux utilisateurs finaux sera lancée. Plutarque est le service proposé par la société Jouve, qui est le nouveau délégataire de service public de l’INPI pour la diffusion d’informations sur les brevets, les marques, les dessins et modèles et la jurisprudence. Questel.Orbit — l’ancien délégataire — continue à diffuser ces informations, qu’il achète désormais au nouveau délégataire ; mais il a du changer, sur son système, le nom des banques de données concernées. Questel.Orbit continue bien sûr à diffuser des banques de données de propriété intellectuelle qui ne font pas partie de la délégation de service public de l’INPI ; entrent dans cette catégorie de nombreuses banques de données sur les marques de différents pays et, dans le domaine des brevets, les bases Pluspat et World Patent Index de Derwent, ainsi que des banques de données sur les brevets américains. Nous reviendrons sur Plutarque plus en détail dans quelques mois, après en avoir testé les possibilités, quand l’ensemble des développements prévus auront été réalisés. Les professionnels qui souhaitent utiliser Plutarque dès maintenant (l’abonnement est gratuit, la visualisation des documents est payante) peuvent le faire en se connectant à www.Plutarque.com/expert, en téléchargeant les conditions générales de vente et en retournant le contrat. Les fonds disponibles sont : - Les brevets (40 millions de documents) • français depuis 1966 (1961 pour les BSM) ; • européens, depuis l’origine (1978) ; • internationaux (PCT) depuis l’origine (1978). - Les marques • françaises depuis 1976 • communautaires depuis 1996 • internationales, depuis 1966 selon l’arrangement de Madrid, depuis 1996 pour le Protocole de Madrid. - Les dessins et modèles • français depuis 1910 • internationaux depuis 1979. - La jurisprudence : décisions françaises, européennes et communautaires depuis 1823 (brevets), 1904 (marques), 1994 (dessins et modèles). D’autre part, Jouve a repris l’exploitation et la commercialisation depuis mars dernier d’Icimarques, qui permet la recherche et la consultation sur Internet (www.icimarques.com) ou sur Minitel (08 36 29 36 30), des informations liées aux marques françaises, commu-nautaires et internationales en vigueur en France. Le projet ePatentLa réunion d’utilisateurs qu’a organisée l’INPI pendant IDT a été aussi l’occasion de présenter le projet européen ePatent, dont l’objectif est de proposer aux utilisateurs non-professionnels un accès en langage naturel (en français, en anglais, en espagnol et en allemand) aux banques de données brevets. Ce programme réunit différents offices de brevets : l’INPI pour la France, l’UKPO pour le Royaume-Uni, l’OEPM pour l’Espagne et l’OEPA pour l’Autriche, sachant que d’autres offices viendront les rejoindre dans un deuxième temps. Les autres participants à ce projet sont Jouve pour l’intégration et Lingway pour les technologies linguistiques. Cette société, dont le PDG est Bernard Normier, a été créée en septembre 2001 par des linguistes et des informaticiens issus de Lexiquest (le nouveau nom de la société Erli, rachetée en février dernier par la société américaine SPSS). Ce nouveau service est conçu comme une extension du service français Plutarque. L’objectif général est de contribuer au développement en Europe, pour les PME/PMI en particulier, de l’utilisation des brevets à la fois comme source d’information et comme outil de protection, afin d’améliorer la position de l’Europe en matière d’innovation, comparée à ses concurrents. ePatent a pour vocation de lever deux barrières de langage : celle des langues telle que l’anglais, l’allemand ou l’espagnol, mais aussi celle propre au langage des brevets et à sa codification, qui n’est pas du tout intuitif pour le commun des mortels. Concrètement, une question en langage naturel sera traduite par le système en exploitant la Classification internationale des brevets (CIB) et en prenant en compte les tournures spécifiques utilisées dans la rédaction des brevets ; on citera, à titre d’exemple, des tournures comme “la présente invention concerne un distpositif...” ; “...et procédé pour sa fabrication...” ; “l’invention concerne notam-ment un procédé...”. Pour cela, la technologie utilisée est le Traitement Automatique du Langage Naturel (TALN, NLP en anglais pour Natural Language Processing). Il s’agira d’une extension du système de traitement du langage naturel CIB-LN, mis au point par Erli ; ce système est utilisé depuis le 1er septembre 1998 par le service inpi.fr, et permet la recherche en langage naturel sur les deux dernières années de brevets français, européens et internationaux (PCT). Dans le cas d’ePatent, une base de données multilingue a été construite sur la langue des brevets, en prenant en compte le niveau terminologique (les mots utilisés) et le niveau phraséologique (les tournures de phrases, le style). Cette base de données est utilisée aux différentes étapes : recherche, filtrage, traduction ; les informations utilisées proviennent des titres et des résumés des brevets. L’utilisateur reçoit en réponse à sa question une série d’extraits pertinents, avec surlignage des termes importants, de brevets classés par ordre décroissant de pertinence, accompagnés d’outils lui permettant de comprendre les documents dans les différentes langues. Même si les traductions automatiques ne sont pas parfaites, c’est une aide tout-à-fait significative. ePatent a vocation à s’ouvrir à tous les acteurs européens. C’est ainsi que l’Office Européen des Brevets et la DPMA, l’office allemand, s’y sont déjà associés. Pour l’extension à d’autres langues, il n’y a a priori pas de problème technologique particulier. Il s’agit essentiellement de volonté politique et de financement. Si d’autres pays européens souhaitent voir ajouter leur langue, par exemple l’italien, le portugais ou le finlandais, ils devront financer eux-mêmes les développements, sauf s’il y a un nouveau contrat avec l’Union Européenne. L’OMPI (Organisation Mondiale de la Proprieté Intellectuelle) envisage, pour sa part, de financer des développements pour certaines de ses langues officielles, en l’occurrence le chinois, l’arabe ou le russe, l’arabe pouvant ouvrir la voie. On s’étonnera de ne pas voir le japonais, pour lequel il y a de vrais besoins (dans certains domaines, la plupart des brevets sont en japonais et n’ont pas d’équivalent). Mais il faut savoir que le japonais, pas plus que l’allemand, ne fait partie des langues officielles des Nations Unies, dont relève l’OMPI. |
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