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Accueil > Bases > Anciens sommaires > Factiva : toujours en évolution

Bases, Numéro de Décembre 2002 - n°189


Factiva : toujours en évolution

Auteur : François Libmann

 
Les responsables de Factiva ont annoncé à Londres toute une série de nouveautés, confirmant que Factiva était un produit en constante évolution.
   
On citera :

- l’ajout d’informations historiques, jusqu’à 25 ans, pour différents instruments financiers tels que les actions, fonds, indices de marché, devises, emprunts d’Etat US, etc.
   
Ces informations, qui proviennent en particulier de Reuters et Sunbard (Tradeline), sont visualisables de plusieurs façons ;

- une interface en japonais ;
- la possibilité de visualiser les résultats sur la partie gauche de l’écran, tandis que la stratégie figure sur la droite de l’écran. Cette possibilité, ajoutée à Factiva suite aux demandes des habitués de RBB, n’est disponible qu’à partir de l’écran de recherche standard ;
- l’accès aux rapports Dun & Bradstreet et Investex ;
- la possibilité d’interroger Factiva à partir d’un Macintosh utilisant les systèmes OS 8,9 ou 10 ;
- des éléments de la banque de données Celex sur le droit européen en français, en anglais et en allemand, mais depuis le 1er septembre 2002 seulement. Le chargement de telles informations, après les références des normes de l’Afnor, les annonces du Balo (Bulletin des Annonces Légales Obligatoires) et les appels d’offres européens (Tenders Electronic Daily), risque de parasiter un nombre croissant de recherches. On atteint là les limites du concept de la banque de données unique, regroupant des milliers de titres, pas tous de même nature. Les banques de données thématiques même plus restreintes, comme ce que l’on trouve par exemple sur Dialog et DataStar et, dans une certaine mesure, sur LexisNexis, ne présentent pas cet inconvénient ;
- le lancement de Public Figures & Associates, qui est une banque de données un peu particulière, destinée à aider les organismes qui luttent contre le blanchiment de l’argent et, plus largement, la fraude internationale et qui leur est réservée.

Elle contient des informations sur les dirigeants politiques du monde entier, ainsi que leurs proches, sur le plan familial ou celui des affaires. Elle permet par exemple de vérifier rapidement si une personne venant effectuer un important dépôt d’argent liquide est un proche d’un dirigeant, ce qui le rendrait immédiatement suspect. Près de 300 000 personnes sont recensées dans la base. Le coût d’accès à cette base est de 125 000 $/an. Elle est disponible partout dans le monde sauf... en France, où Factiva attend l’agrément de la Cnil
   
Quelques semaines après le Online, nous avons rencontré Patrick Kervern, Directeur Marketing pour la zone Europe Continentale, Moyen Orient et Afrique, et Paul Brummit, Manager pour la France, l’Espagne et les Pays-Bas.
   
Le “pay as you go”, enfin
   
Ils nous ont annoncé en avant-première le prochain lancement – très attendu – d’une formule d’accès en “pay as you go” au contenu – en fait à presque tout le contenu – de Factiva. Dans cette formule, qui sera lancée en février, l’utilisateur paye un abonnement annuel de 39 $ (prix de lancement jusqu’au mois de juin 2003) et ensuite les articles à l’unité au prix de 2,95 $. Les paiements se font obligatoirement par carte de crédit.
   
On pourra s’étonner qu’il ait fallu aussi longtemps (19 mois, Factiva.com ayant été lancé en juillet 2001) pour proposer un accès adapté aux “petits” utilisateurs ou à ceux qui ont des consommations variables de façon imprévisible.
   
Cela illustre clairement la priorité qu’avait donné Factiva aux grands comptes, ce qui est sans doute un héritage culturel, Reuters autant que Dow Jones étant plutôt habitués à travailler avec de gros clients.
   
Cela tient aussi, nous a-t-on dit, aux problèmes du logiciel de micro-paiement, la SSII qui le fournissait ayant disparu. Cela illustre enfin un peu trop une sorte de désintérêt pour une partie de la clientèle, qui n’est pas nécessairement du goût de tous les utilisateurs, alors que les concurrents de Factiva proposent depuis longtemps des formules adaptées.
   
Ces clients de la formule “pay as you go” ne seront toutefois pas tout à fait des clients comme les autres, puisqu’ils n’auront pas accès à la totalité du service.
Ils n’auront, en effet, pas accès aux rapports Investex et Dun & Bradstreet, ni aux graphiques sur les cours des sociétés.
   
Ce lancement prochain de l’accès en “pay as you go” a été l’occasion de clarifier la segmentation des clientèles de Factiva et la façon de les gérer, c’est-à-dire, concrètement, de préciser à quels services chaque type de client a droit.
   
Le service en “pay as you go” est considéré comme de l’e-business. Il n’y a donc pas d’interlocuteur commercial pour les clients utilisant cette formule.
   
Ils n’ont pas droit non plus à une assistance téléphonique, mais seulement à une assistance en ligne.
   
Le niveau suivant est constitué par les entreprises petites et moyennes qui sont suivies par un commercial, mais au téléphone seulement.

Le prix théorique d’entrée est de 560 € par mois pour cinq utilisateurs. Ce montant donne droit à 170 documents, avec une tolérance de 20 %, ce qui donne un maximum réel de 204 documents. Le document est, dans ce cas, compté à 3,30 €, vestige du temps où le dollar valait nettement plus que l’euro. On nous a assuré que le changement important intervenu sur les valeurs respectives du dollar et de l’euro, sera prochainement pris en compte.
   
Cela étant, le contrat proposé se négocie avec le gestionnaire du compte, en fonction de différents paramètres. Ce contrat est revu après six mois. Les consignes de Clare Hart, la CEO de Factiva, sont d’éviter aux clients les mauvaises surprises.
   
Ensuite, on trouve les grandes entreprises, pour lesquelles l’interlocuteur commercial se déplace et qui ont droit à des formations dans leur entreprise.
   
On trouve enfin les très grands comptes, une dizaine en France environ, qui souvent sont des filiales de groupes internationaux ayant un contrat global avec Factiva. La nature des prestations auxquelles ont droit ces clients privilégiés n’est pas rendue publique.
   
Pour les grands comptes, la facturation n’est plus fonction du nombre de documents visualisés. En effet, l’expérience montre que pour 500 utilisateurs, le prix moyen est de 50 $ par utilisateur et par mois et de 12 $ par utilisateur et par mois pour 10000 utilisateurs.
   
Par ailleurs, la migration des clients français de Reuters Business Briefing et de Dow Jones Interactive vers Factiva se poursuit et devrait être terminée avant le 30 juin 2003, date à laquelle RBB et DJI ne seront plus accessibles.
   
Cette migration a posé quelques problèmes en France, en partie à cause de flottements dans l’équipe commerciale, mais ce problème est aujourd’hui résolu.
   
On notera que les utilisateurs de RBB éprouvent parfois de la difficulté à passer d’un système dans lequel le temps de connexion est facturé (à un niveau d’ailleurs assez peu élevé) mais où les documents sont gratuits, à un système dans lequel les documents sont facturés relativement cher (2,95 $) mais pas le temps de connexion.
   
Ceux qui avaient pris l’habitude de décharger un grand volume de documents pour les examiner après devront changer de méthode.
   
Les responsables de Factiva en France affirment avoir fait preuve de souplesse et de compréhension sur le plan des tarifs pour les périodes transitoires.
   
La taxonomie : un axe de développement
   
On sait que, dès le départ, l’indexation a été une préoccupation importante pour Factiva. L’idée était d’aller plus loin que les indexations offertes par RBB et DJI.
   
Le résultat est une indexation des documents quelle que soit leur langue, réalisée à partir de technologies élaborées permettant un auto-apprentissage et également d’un traitement humain en complément.
   
Un premier objectif de 80 % avait été fixé lors du lancement de Factiva, tant pour la précision (nombre de documents pertinents/nombre de documents renvoyés) que pour le rappel (recall) (nombre de documents pertinents/nombre de documents disponibles).
   
Ce taux de 80 % de précision est à la fois beaucoup en terme d’efforts au niveau de la production et un peu décevant en terme d’utilisation, car une proportion de 20 % (1 sur 5) de documents non pertinents ne passe pas inaperçue, comme nous l’avions remarqué lors de nos tests au lancement de Factiva.
   
On notera que ni le traitement automatique, ni le traitement humain ne permettent d’atteindre une fiabilité parfaite.
   
Le nouvel objectif est aujourd’hui de parvenir à 88 % de précision.
   
On remarquera par ailleurs que cette indexation est nettement plus développée que celle des produits directement concurrents.
   
En effet, LexisNexis n’indexe que les documents en anglais avec un vocabulaire encore assez limité, même s’il est en développement. Il présente en revanche l’originalité d’attribuer un pourcentage à chaque mot-clé, selon l’importance qu’a le concept correspondant dans le contenu de l’article (Bases n° 148, mars 1999).
   
Quant à Newsroom (Bases n°188, novembre 2002), son lancement est encore récent et on peut espérer des améliorations significatives, avant que son indexation puisse être valablement comparée à ce que propose Factiva.
   
Cet investissement lourd sur la taxonomie et la connaissance des différents outils logiciels disponibles et de leur combinaison, ainsi que sur l’organisation nécesssaire à la réalisation d’une indexation performante, a conduit Factiva à vendre cette expertise en tant que telle pour indexer des contenus internes.
   
Cette activité, dont le nom est FUSION, s’est d’abord développée aux Etats-Unis, mais quelques projets sont  aujourd’hui en cours en Europe.
   
Il faut souligner que la taxonomie recommandée dans le cadre de ces interventions n’est pas nécessairement celle utilisée par Factiva.
   
Ce nouvel axe de développement élargit le champ des concurrents de Factiva qui, pour cette activité, ne sont plus LexisNexis ou Dialog, mais plutôt Autonomy ou Semio, ce dernier ayant récemment été racheté par Entrieva, nouveau nom de Webversa.
   
Le développement de cette activité a fait apparaître, a contrario, les risques liés à des choix technologiques effectués trop rapidement.
   
Les responsables de Factiva notent aussi que les professionnels de la documentation font leur apparition dans le pilotage de ces projets, ce dont on ne peut, évidemment, que se réjouir.


 

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