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Bases, Numéro de Mars 2003 - n°192 Delphes, un premier pas vers le tout électronique |
Auteur : François Libmann |
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Les producteurs de la banque de données Delphes, essentiellement
les Chambres de Commerce et d’Industrie, viennent de mettre en
place une toute première initiative pour permettre à leurs
utilisateurs d’accéder instantanément au texte intégral, sous forme
électronique, des articles dont ils auront trouvé la référence dans
Delphes.
Rappelons que Delphes propose environ 170 000 références avec résumé et indexation d’articles (le plus souvent) issus de plus de 600 publications, en très grande majorité françaises. Seules les cinq dernières années de la base ainsi que l’année en cours sont disponibles en ligne, soit actuellement à partir de 1998. Un premier intérêt de cette banque de données tient à l’existence de résumés et d’une indexation performante qui permet, en général, de réaliser des recherches plus efficaces que dans le texte intégral des documents, surtout s’il s’agit de recherches un tant soit peu conceptuelles. Le deuxième intérêt de Delphes tient à la sélection des titres couverts qui, à côté de publications très connues et facilement accessibles comme Les Echos ou L’Usine Nouvelle, prend en compte un grand nombre de sources régionales : des quotidiens comme La Dépêche du Midi ou Le Courrier de Bourg en Bresse et des pays de l’Ain, ainsi que des lettres écono-miques régionales comme Le Rennais ou Références Pays de la Loire et de titres de presse spécialisée non accessibles en ligne par ailleurs, comme le Journal du Textile ou le Bulletin du Bois. Il est bien entendu que seule une sélection des articles de ces titres est retenue, le critère étant que ces articles concernent les marchés (de plus en plus), les produits ou les entreprises. Le fait que les textes complets des articles ne soient pas disponibles facilement sous forme électronique est compensé, au moins en partie, par l’existence d’un service performant de photocopies à la demande, sur la grande majorité des sources. Un premier pas vers l’électronique vient d’être franchi puisque, pour les références d’articles issus de 130 publications, un lien a été établi avec le site de l’éditeur. Ces liens ne sont disponibles pour le moment que sur Europresse, DataStarWeb, Factiva et Delphes-Indexpresse. Sur Dialog, il faut que cette modification soit planifiée et, en ce qui concerne Questel. Orbit, la question est à l’étude. L’idée est séduisante, même si cela ne peut pas s’appliquer à toutes les publications, certaines n’ayant pas de site Web ou pas d’archives en ligne sur leur site. Malheureusement, cette limita-tion n’est pas la seule. Sauf rares exceptions, il ne suffit pas en effet d’arriver sur le site de l’éditeur pour retrouver instantanément l’article correspondant à la référence de laquelle on est parti. En effet, le lien se fait en général avec la page d’accueil ou l’écran de recherche et pas avec l’article lui-même. En d’autres termes, il n’y a pas de lien profond (deep-linking). Par ailleurs, la très grande majorité des publications ne donnent pas accès librement et gratuitement à leurs archives. Des tests effectués sur Factiva ont fait apparaître plusieurs cas de figure. Pour Les Echos, on arrive directement sur la page de recherche dans les archives. Une fois l’article identifié, soit l’on a déjà un compte avec Les Echos et on visualise l’article qui sera facturé, soit on peut l’acheter avec une carte de crédit. Pour Le Monde on arrive sur la page d’accueil où l’on peut faire une recherche simple, ou se diriger vers les archives. Une fois l’article identifié, soit on a la chance qu’il s’agisse d’un article en accès libre, soit il faut l’acheter en débitant un “pack archives” acheté préalablement, ou bien encore on l’achète en payant avec une carte de crédit. Pour LSA, il faut être abonné à la revue papier pour accéder gratuitement aux archives en ligne ; sinon, il en coûte 30 € TTC pour six mois. Pour Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment, il est nécessaire d’être abonné à la version papier de ce titre. Nous avons également observé que, dans certains cas, on ne retrouve pas l’article sur le site de l’éditeur ; nous n’avons par exemple pas retrouvé un article de Challenges, ni un de La Vie Financière. Cependant, la référence de Delphes précise qu’“une partie des archives est accessible en ligne aux conditions fixées par l’éditeur”. Cela signifie qu’il n’y a aucune garantie de la présence en ligne de la totalité du contenu d’une publication. On notera que La Tribune n’a pas souhaité établir de liens vers son site. On est donc encore très loin du passage immédiat et “sans couture” (seamless) d’une référence de Delphes au texte de l’article correspondant sous forme électronique. On est encore plus loin de la facturation de l’article par le serveur sur lequel on interroge Delphes. Pourtant, cela n’a rien de farfelu, puisque STN le propose pour des articles de type scientifique et technique, et Questel.Orbit pour des brevets. On aurait pu penser aussi à une autre solution encore plus simple : Europresse, Factiva et DataStar proposent parmi leurs bases en texte intégral certains des titres indexés par Delphes – par exemple Les Echos pour les deux premiers, Stratégie pour Factiva ou Le Monde pour Europresse et DataStar. Il serait donc théoriquement possible d’établir un lien entre la référence de Delphes et l’article en texte intégral situé sur le même serveur. Jusqu’à présent, les serveurs n’ont pas souhaité avancer dans cette direction. En attendant, on peut toujours repérer soi-même les titres disponibles en texte intégral et les interroger pour récupérer sous forme électronique le texte d’un article identifié dans Delphes. Il est frappant d’observer le décalage considérable entre cette situation et ce que l’on observe dans le domaine des publications scientifiques, techniques et médicales, où il s’agit d’une pratique de plus en plus courante, même si elle ne s’applique pas encore à tous les articles de toutes les publications. D’après Dominique Vallée, sous-directeur chargée de Delphes à la CCIP, cette première étape est pourtant importante, dans la mesure où elle indique clairement la direction dans laquelle veulent aller les producteurs de Delphes. Mais les obstacles sont nombreux et il faut bien reconnaître qu’ils se trouvent essentiellement du côté des éditeurs. On a déjà vu que la majorité des éditeurs dont les publications sont référencées dans Delphes n’ont pas (pas encore) d’archives sous forme électronique. Pour ceux qui en disposent, on observe souvent réticence et incompréhension devant cette initiative. On est encore loin des relations transparentes et fructueuses appelées de ses vœux par Dominique Vallée, entre une banque de données de résumés avec indexation et de liens et l’ensemble des éditeurs. Mais ce que l’on observe actuellement en matière de mise à disposition de titres de presse sous forme électronique nous fait penser que cela peut évoluer très rapidement. |
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