
|
Bases, Numéro de Mai 2003 - n°194 Vascoda.deUn portail pour l'information scientifique |
Auteur : Madeleine Wolff-Terroine |
|
L’Allemagne a toujours aimé l’information spécialisée.
Lors de l’éveil de l’Europe à l’information électronique, l’Allemagne avait adopté une attitude très différente de celle de la France ou du Royaume-Uni, en créant les FIZ (Fach Information Zentrum), centres d’information spécialisés ; cela nous a valu STN en chimie, Dimdi en médecine, etc. Aujourd’hui, l’Allemagne récidive avec Vascoda. Vascoda est le point d’accès central à toute l’information scientifique disponible en Allemagne. A cette fin, un réseau a été constitué avec 37 organismes – dont le financement provient du gouvernement fédéral –, bibliothèques, centre de recherches et serveurs. On connaît les spécialisations des grandes bibliothèques allemandes, Hanovre (ingénierie), Cologne (médecine), etc. Mais l’accès n’est pas restreint au catalogue de ces bibliothèques : d’autres ressources internes sont offertes, comme la consultation des bases de données gratuites implantées sur le site, l’accès au document en texte intégral (grâce à des réseaux internes) avec possibilité de pay-per-view, etc. Si l’on veut faire une recherche thématique, 27 bibliothèques virtuelles vous sont proposées : à vous de choisir entre MathGuide (mathématiques), ViFaPhys (physique), EconBiz (business et économie) ou ViFaPharm (pharmacie)... Ces bibliothèques virtuelles sont toutes organisées de façon différente, cherchant à coller le mieux possible aux besoins et aux modes de pensée de leurs utilisateurs. Si l’on se connecte à l’Engineering Subject Gateway, on se trouve en face d’un portail classique, avec recherche par thèmes et sujets de plus en plus fins ; on peut en même temps préciser si, par rapport au sujet recherché, on ne désire que des organisations, de la littérature technique, des congrès, des logiciels, des listes de discussions… La recherche peut évidemment être faite directement ; on peut aussi interroger des bases de données gratuites implantées à Hanovre (et nous avons été impressionné par leur nombre) ainsi que les bases de Fiz Technik (avec licence). Et bien d’autres choses. Totalement différent est Géoguide, fait à l’Université de Göttingen, et qui couvre la géographie et les sciences de la terre : tous les sites indiqués sont brièvement décrits et une appréciation est donnée sur leur clarté, leur contenu, l’indexation de leurs documents et la qualité des liens qu’ils proposent. En cliquant sur Metadata, on obtient une description complète du site, son origine, son éditeur, sa dernière mise à jour, les restrictions éventuelles d’accès, le niveau d’utilisateur auquel le site convient… La même politique est appliquée aux périodiques du domaine. Notre dernier exemple sera la pharmacie. Négligeant la recherche par sujet ou thème, toujours à peu près identique, nous sommes allés explorer les 79 bases de données proposées et là, nous avons découvert qu’il ne s’agissait pas uniquement de bases de données au nombre desquelles était notre bien française BIAM, mais aussi d’innombrables textes, formu-laires, manuels : du Codex allemand (Rote Liste) à son homologue anglais ou suisse, d’une banque de données à destination des vétérinaires à une base sur les végétaux toxiques ou aux molécules en 3D. Ces quelques exemples, dans des secteurs différents, montrent la richesse et les potentialités de ce réseau réalisé sous l’égide du Ministère fédéral de l’éducation et de la recherche et de la Fondation allemande pour la recherche. Et l’on évoque immédiatement le réseau anglais (RDN, qui partant d’une conception assez voisine, arrive cependant à une concentration plus importante - voir BASES n°178). Mais là aussi, réalisation voulue par le Joint Information System Committee, c’est-à-dire par le gouvernement central. Voyez-vous quelque chose d’analogue se profiler chez nous ? Mais non, nous en restons toujours à l’e-commerce et à l’intelligence économique ! En attendant, allez voir Vascoda. Il doit être officiellement inauguré pour le congrès de l’IFLA à Berlin au début du mois d’août ; mais dès maintenant, la quasi-totalité des bibliothèques virtuelles est accessible. Et nous avons gardé la meilleure information pour la fin : sauf notre dernier exemple (et ce n’est qu’une question de temps), tout – du moins dans nos explorations – était en anglais, des explications et des thématiques à la description des sites. Alors essayez ! www.vascoda.de |
|