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Accueil > Bases > Anciens sommaires > L'Européenne de Données développe son offre à un rythme très soutenu

Bases, Numéro de Novembre 2003 - n°199


L'Européenne de Données développe son offre à un rythme très soutenu

Auteur : François Libmann

 
L’objectif de L’Européenne de Données de devenir, avec son service Pressed, le guichet électronique de la presse française, est en bonne voie de réalisation.
   
Au rythme actuel très élevé de la mise en ligne de nouveaux titres, rythme qui ne devrait pas faiblir, l’offre de L’Européenne de Donnée est en passe de changer de nature.
   
Le chargement à marche forcée de la presse spécialisée, associé à celui de la presse quotidienne régionale, conduit à une offre de contenu qui n’a plus grand chose à voir avec celle qui a longtemps prévalu, à savoir les principaux quotidiens de presse nationale, quelques grands hebdos et les dépêches de l’AFP.
   
Par là même, ce que l’on peut tirer de cette nouvelle offre a également évolué. Ainsi, dans le cas de recherches rétrospectives, le volume et la qualité des dossiers que l’on peut constituer pour nombre de questions ont considérablement augmenté, même si l’antériorité n’est pas toujours très grande pour les titres récemment chargés.
   
Mais surtout, une offre de cette ampleur permet à L’Européenne de Données d’aborder, avec des arguments solides, un marché nouveau pour les serveurs français – celui des panoramas de presse –, avec deux avantages par rapport aux prestataires traditionnels qui détenaient la totalité du marché pour les panoramas de presse externalisés :
- la possibilité de formuler des requêtes complexes qui seront exécutées automatiquement, évitant ainsi les risques liés à une sélection manuelle ;
- une tranquillité totale sur le problème des droits de copie, sujet sur lequel, on le sait, les éditeurs et les journalistes sont devenus particulièrement attentifs.
   
Bien sûr, les prestataires traditionnels peuvent, par définition, se procurer n’importe quelle publication papier ; et il y en a largement plus de 3 000 en France. La couverture de leurs services pourra donc être, pendant longtemps encore, bien plus importante que celle d’un serveur. Néanmoins, il y a désormais une réelle concurrence avec avantages et inconvénients entre les deux types de services.
   

PLUSIEURS CENTAINES DE TITRES EN LIGNE

   
A la fin du mois de novembre, l’offre de titres en ligne de L’Européenne de Données peut se découper ainsi :

- France Actu Régions offre les 219 éditions du jour de 13 titres de la presse quotidienne régionale ;
- l’offre de presse quotidienne nationale et spécialisée représente plus de 300 titres, dont une quinzaine sont le contenu des sites Web de différents titres ;
- l’offre de presse africaine représente 124 titres, dont 45 en français.
   
Si l’on analyse cette offre, on pourra noter les points suivants :

- la presse quotidienne nationale est très bien couverte ; ne manque que l’Agefi, dont Diva-Press, qui appartient au même groupe que l’éditeur de ce titre, a voulu garder l’exclusivité en le retirant de Pressed ;
- l’AFP, avec cinq fils plus l’AFP Documentaire, offre la plus grande antériorité du marché : 1983 pour les fils Général et Economique et 1981 pour l’AFP Documentaire ;
- la presse magazine généraliste est plutôt bien couverte, avec L’Express, Le Point, Spectacles du Monde, Valeurs Actuelles, Le Figaro Magazine et bientôt Le Monde Diplomatique, disponible depuis longtemps sur Europresse seulement ; il manque encore un titre comme Le Nouvel Observateur, qui devrait arriver en 2004 ;
- la presse magazine à orientation économique com-porte des classiques disponibles depuis longtemps, comme L’Expansion et L’Entreprise ; d’autres titres ont été chargés plus récemment, comme Enjeux Les Echos et Le Nouvel Economiste, qui viennent d’être chargés sur Europresse – et sur LexisNexis pour le second ; manquent encore Capital, Management, Challenge …
- de nombreuses lettres économiques sont venues rejoindre celles de la SGP (Société Générale de Presse), dis ponibles depuis longtemps (La Correspondance Economique...) ;  on citera par exemple les neuf lettres sectorielles des Echos – telles que La Lettre du Transport et de la Logistique ou Capital Finance – et la Lettre de l’Expansion ;
- sur le plan de la presse légale, le Bulletin des Associations va rejoindre le Balo et le Bodacc, dont trois ans d’antériorité sont disponibles aujourd’hui, avec l’objectif de porter cette antériorité à dix ans, comme chez ORT.
Une interface spécifique est d’ailleurs disponible pour le Bodacc ;
- les communiqués de presse sont largement représentés avec les principales sources : Company News, PR Newswire...;
- sur le plan sectoriel, on notera que certains domaines sont plutôt bien couverts, comme l’agro-alimentaire, la cosmétique, les finances, la banque/assurance – avec notamment les lettres de Publi-News récemment chargées (voir Bases n°191 - février 2003) –, les transports – avec diverses publications de La Vie du Rail –, l’administration et les collectivités locales, même s’il manque encore La Gazette des Communes, disponible par ailleurs sur son site (www.lagazettedescommunes.fr).
   
Le secteur santé-médecine est aussi bien couvert avec plus de cinquante titres édités, en particulier, par Abstracts Medecine et Masson.
   
D’autres secteurs sont nettement moins bien couverts, comme le BTP, le tourisme ou le textile, la presse santé grand public (avec néanmoins Topsanté.fr) ou la presse féminine grand public. Ces deux derniers domaines intéressent beaucoup les clients de L’Européenne de Données, comme l’a montré une récente enquête. Un un effort particulier  va être fait pour étoffer l’offre dans ces secteurs.
   
Quelques grands titres intéressants ont par ailleurs été chargés récemment, comme Lire (également sur Europresse), Télérama, Le Moci et Le Monde de l’Education.
D’autres titres seraient les bienvenus, comme L’Usine Nouvelle, LSA ou Le Moniteur. On peut penser qu’un changement prochain de leur actionnariat pourrait faciliter les négociations pour le chargement de ces titres, par ailleurs disponibles sur leurs sites respectifs.
   
Quant à la presse quotidienne régionale, France Actu Régions offre maintenant, comme on la dit, le contenu du jour des 219 éditions de 13 quotidiens régionaux, le dernier à les rejoindre étant Ouest France, déjà disponible par ailleurs avec des archives en totalité sur son site et en partie sur Factiva. D’autres titres devraient allonger prochainement la liste.
   
On rappellera que France Actu Régions n’a pour objectif que de mettre en ligne la presse quotidienne régionale du jour, pour permettre la réalisation de panoramas de presse, et que les informations d’un jour sont effacées par celles du lendemain.
   
Ce principe, qui heurte le bon sens et la logique, est imposé par une vision quelque peu extrémiste des droits de copie dans le monde de la PQR, tant de la part des éditeurs que des journalistes, semble t-il.
   
Les archives de certains titres de PQR sont néanmoins disponibles en ligne : ceux de Nice Matin et Sud Ouest depuis longtemps, mais après une sélection en fonction de l’intérêt documentaire. Il n’y a donc pas tous les articles, et ceux qui sont mis en ligne ne le sont que le lendemain de leur parution.

On trouve aussi les archives du Télégramme et, chargées plus récemment, celles de La Nouvelle République.
   
On peut quand même espérer que le bon sens va prévaloir et que les archives de tous les titres de PQR disponibles pour un panorama de presse vont rester en ligne au-delà du jour de leur parution.
   
Ceci ne dépend pas de France Actu Régions, dont la mission se limite aux panoramas de presse avec les seules éditions du jour ; mais on peut espérer qu’une familiarisation avec l’existence de la presse en ligne fera évoluer les esprits et donc les accords.
   
Si l’on récapitule ce qui concerne la PQR en ligne le jour de la parution, elle est disponible soit chez Pressed dans le cadre de France Actu Régions, soit sur le site des quotidiens qui offrent ce service avec des conditions financières très variables : Ouest France, L’Est Républicain, Le Dauphiné Libéré...
   
Les quotidiens de PQR présents sur les autres serveurs comme Europresse, LexisNexis et Factiva n’offrent en général pas l’édition du jour.
   
On trouve néanmoins l’édition du jour du Progrès et du Télégramme sur Europresse, ainsi que du Parisien, que l’on peut assimiler à de la PQR ; ce dernier n’est d’ailleurs pas disponible – curieusement – sur Pressed. L’édition du jour du Télégramme est également disponible sur LexisNexis.
   
On sait que, par ailleurs, l’accord de L’Européenne de Données avec France Actu Régions prévoyait la possibilité de concessions de licences sur le contenu de France Actu Régions. Un premier accord sera vraisemblablement signé dans le courant du premier trimestre 2004.
Pierre-Henri Chaix, le directeur de Pressed – l’activité serveur de L’Européenne de Données –, est de par sa fonction en contact avec de très nombreux éditeurs. Il constate chez beaucoup d’entre eux un changement d’attitude, lié en particulier à la dynamique créée par Pressed, qui fait prendre conscience à un nombre croissant d’éditeurs de l’existence et du développement d’un marché de la diffusion multititres de leur contenu sous forme électronique ; ce marché peut générer un vrai revenu, bien au delà des droits sur les photocopies quand ils sont effectivement touchés.
   
Les serveurs/agrégateurs sont, dans ce schéma, des intermédiaires utiles, d’autant que cela n’empêche pas les éditeurs qui le souhaitent de maintenir une diffusion sur leur site,  visant en général plutôt le grand public comme cœur de cible.
Ce mouvement entre en résonance avec celui des utilisateurs, qui préfèrent éviter de signer autant de contrats qu’il y a d’éditeurs.
   
On retrouve là, encore et toujours, une réelle valeur ajoutée des serveurs. Elle n’a pas disparu, même si elle fut un temps mise en cause par le développement d’Internet et son corollaire de mise en ligne  facile des contenus.  La valeur ajoutée des serveurs est toujours de mise.
   
Il reste cependant quelques éditeurs qui ne veulent pas voir leurs titres diffusés sous forme électronique ; c’est le cas par exemple du Canard Enchaîné ou du Journal du Textile. Parmi les raisons avancées par ces irréductibles, figure la crainte de voir la diffusion électronique cannibaliser la diffusion papier.
   
Cette crainte légitime est difficile à mesurer, d’autant que la présence en ligne d’un titre a tendance à augmenter sa noto-riété, ce qui peut jouer dans l’autre sens.
   

UN SERVEUR DE PRESSE AFRICAINE

   
Pour la presse africaine, le contenu de L’Européenne de Données s’est élargi, comme c’est logique, à la partie anglaise d’Allafrica, disponible déjà sur plusieurs serveurs. Un complément avec des informations de nature plus économique a été apporté, avec les 27 titres proposés par Liquid Africa, une plate-forme financière et boursière basée en Afrique du Sud. Cela a conduit L’Européenne de Données à devenir, fort discrètement, l’un des serveurs ayant une offre des plus significatives de presse africaine.
  

... ET DELPHES ?

   
On notera par ailleurs l’absence dans l’offre de Pressed de la banque de données Delphes, qui dépouille 600  titres de presse française et propose les résumés d’une sélection d’articles issus de ces titres, avec une indexation assez sophistiquée.
   
Il faut remarquer que si Delphes n’est pas sur Pressed, cette banque de données est sur presque tous les autres serveurs/agrégateurs s’intéressant de près ou de loin à la presse française : Europresse, Questel. Orbit, Factiva, Dialog, DataStar et bientôt LexisNexis, excusez du peu !
En fait, Delphes fut un temps  disponible sur L’Européenne de Données ; mais en 1997, Questel avait souhaité être le seul diffuseur de Delphes.
Comme à l’époque, les relations entre la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris et L’Européenne de Données n’étaient pas au beau fixe pour d’autres raisons, Delphes a été déchargée de ce serveur.
   
Depuis, le sujet est devenu un peu sensible, certains éditeurs mettant en cause parfois violemment l’activité de Delphes, considérant que le fait d’écrire puis de vendre un résumé à partir d’un article est une atteinte au droit de l’auteur et de l’éditeur de l’article.
Il faut dire qu’il n’y a à ce jour aucune jurisprudence allant dans ce sens.
   
On peut aussi s’interroger sur le bien fondé d’une position qui paraît un peu extrême.
Il ne s’agit aujourd’hui que d’une prise de position, rappelée d’ailleurs publique-ment lors d’une table-ronde à l’occasion du dernier i-expo.
Les responsables de Delphes considèrent pour leur part que les résumés de Delphes comportent beaucoup de “mots-outils”, destinés à sélectionner les documents plutôt qu’à les remplacer.
   
Cela étant, le problème des résumés d’articles de presse dépasse aujourd’hui largement le cadre de Delphes, tout en devenant beaucoup plus sensible.
En effet, certains panoramas de presse sont parfois diffusés avec les résumés des articles et non les articles eux-mêmes, leur réalisateur considérant alors qu’ils n’ont pas à payer de droit de copie, ce qui n’est pas du tout du goût de certains éditeurs. Il n’est pas exclu que des contentieux apparaissent prochainement à ce sujet.
  
Compte-tenu du poids fortement croissant des éditeurs diffusant le texte intégral de leur publication via L’Européenne de Données, les responsables de ce serveur hésitent à agiter ce qui pourrait être considéré par certains comme un chiffon rouge.
   
De leur côté, les producteurs de Delphes ne restent pas immobiles pour autant. Ils ont, en effet, pris une première initiative pour établir des liens entre leurs références et le site de certains éditeurs (voir Bases n°192, mars 2003) et l’on peut penser que la réflexion et les initiatives sur la question ne vont pas s’arrêter là.
De toutes les façons, les producteurs de Delphes ne pourront pas ne pas réagir au développement de l’offre de Pressed, dont le nombre de titres de presse en ligne a déjà atteint la moitié de ceux dépouillés par Delphes, même s’il ne s’agit pas obligatoirement des mêmes.
   
L’indexation de Delphes et le dépouillement de titres absents de Pressed risque en effet de devenir un avantage de moins en moins déterminant.
   

DE NOUVELLES FONCTIONNALITES

   
Un opérateur “atleast”, permettant de sélectionner les articles dans lesquels un mot apparaît plus de n fois, disponible chez la plupart des agrégateurs (sauf Dialog, DataStar et Profound), a été mis en place récemment sur Pressed. Il s’écrit mot>=n (exemple : metalurgie>=3).
Il permet en particulier d’identifier plus facilement les articles centrés sur un sujet. C’est un excellent complément à la recherche de termes limités aux titres, ou aux titres et aux chapô.
   
De même, une nouvelle inter-face dédiée aux panoramas de presse avec des fonctionnalités très travaillées, sera disponible début 2004, consacrant l’importance que prend la réalisation des panoramas de presse dans l’utilisation de Pressed.
   

QUEL IMPACT SUR LE MARCHE ?

   
Le chargement massif de nouvelles sources  de presse française sur L’Européenne de Données est encore trop récent pour que son impact puisse vraiment se mesurer sur le marché, d’autant que son inertie est assez grande. En effet, peu de professionnels utilisent plusieurs agrégateurs de presse française et les contrats sont en général sur une base annuelle.
On peut penser néanmoins que les parts de marché des agrégateurs de presse française sont maintenant amenées à évoluer à court terme et, sans doute à moyen terme, celui des prestataires de panoramas de presse.

 

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