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Bases, Numéro de Novembre 2003 - n°199 Google : référence incontournable, même au Online |
Auteur : François Libmann |
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On sait combien Google est devenu une référence aujourd’hui pour
tous ceux qui, professionnels ou non, sont amenés à chercher des
informations. Pourtant, Google comme ses concurrents ignorent
superbement une manifestation comme le Online de Londres.
Google n’en est pas moins présent dans l’esprit de nombreux professionnels, qu’ils soient du côté de l’offre ou de la demande d’information. Le fait d’être à ce point une référence – explicitement ou implicitement – ne peut pas être ignoré, car les attitudes et les discours des uns et des autres en sont influencés. Roger K. Summit, le fondateur et longtemps dirigeant de Dialog, qui est toujours présent en tant que conseiller du président actuel, insiste bien sur l’extrême attention qu’il faut porter à Google. Il dit se réjouir de l’augmentation du nombre d’utilisateurs de cet outil, car il voit cela d’abord comme l’augmentation du nombre d’utilisateurs d’outils électroniques de recherche d’information. Ceci étant constaté, il considère que c’est ensuite à un serveur comme Dialog de proposer à ces nouveaux utilisateurs l’étape suivante de leur démarche. Mais cette objectif de faire évoluer les utilisateurs finaux vers des pratiques plus performantes génère des défis que doivent relever les professionnels de l’information, comme le soulignait Mary Ellen Bates, journaliste américaine spécialisée bien connue, à l’occasion du petit-déjeuner de l’AIIP (Association of Indepen-dent Information Professionals). Il faut, en effet, d’abord convaincre les utilisateurs de Google que les possibilités de recherche avancée de cet outil (et des autres d’ailleurs) permettent d’améliorer sensiblement la qualité des résultats d’une recherche, alors qu’elles sont très peu utilisées. Cela constituerait déjà un premier pas vers une attitude plus active, pour ne pas dire plus professionnelle, dans la recherche d’information. Il faut ensuite faire comprendre à ces utilisateurs de Google que des serveurs comme Dialog, Factiva, LexisNexis ou d’autres offrent non seulement beaucoup plus d’informations, mais aussi que ces informations sontnettement plus validées, dans la mesure où elles sont en général déjà parues dans des publications où il y a au minimum un rédacteur en chef. Sur ces serveurs par ailleurs, le choix des résultats et leur ordre d’apparition répondent à des critères prenant en compte unique-ment les éléments de la recherche et les éléments contenus dans les documents identifiés : ordre anté-chronologique ou de pertinence décroissante... Chez Google en revanche, les critères de classement des résultats sont différents, dans la mesure où Google prend en compte d’autres documents que ceux identifiés par la stratégie de recherche (par exemple ceux qui ont des liens pointant vers les pages sélectionnées), et que ces derniers peuvent faire l’objet de manipulations (spamindexing). Il faut enfin faire comprendre aux internautes que les possibilités de recherche sur les grands serveurs sont beaucoup plus développées que la recherche avancée sur Google. Dans la mesure où partir du “familier” des gens est l’une des meilleures méthodes pour les faire progresser, il y a sans doute des discours à développer plus activement. Il sera intéressant, à ce sujet, de voir comment sera utilisé Factiva, accessible maintenant aux utilisateurs de Microsoft Office qui en font la demande. Leur fera t-on prendre conscience de l’étendue du fonds de Factiva, du fait qu’une stratégie légèrement plus complexe que la simple utilisation comme critère de recherche des mots qu’ils ont surlignés à l’écran (c’est ainsi que le lien se fait entre l’application et la recherche dans Factiva) permet d’améliorer significativement les résultats d’une recherche. Dans tous les cas, il s’agit d’un changement radical d’échelle de la population qui a accès aux outils électroniques de recherche d’information. Ce vieux rêve des pionniers des banques de données de voir “les utilisateurs finals” en nombre infiniment plus important que les professionnels de l’information interroger eux-mêmes les banques de données est en train de se réaliser sous nos yeux. Peut-être les professionnels de l’information ont-ils un rôle à jouer pour que cela se passe le mieux possible. |
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