
|
Bases, Numéro de Novembre 2003 - n°199 Actualité chargée pour les fournisseurs de copies de documents primaires |
Auteur : Madeleine Wolff-Terroine |
|
Quelles nouveautés pour les fournisseurs de copies de documents
primaires ?
Tous se plaignent de voir la demande diminuer – sans vouloir d’ailleurs donner aucun chiffre à cet égard – et invoquent pour cause le fait que les utilisateurs préfèrent de plus en plus fréquemment commander directement auprès des éditeurs, ceci d’autant plus que le “pay per view” se développe. Et cependant, les fournisseurs de copies de documents primaires n’ont pas l’air de si mal se porter ! Cette nouvelle concurrence les incite en effet à développer de nouveaux produits/services. SUBITO EN FACHEUSE POSTUREUn seul est en fâcheuse posture : Subito, qui avait fait une percée remarquée l’année dernière, n’était pas à Londres. En effet, par suite d’une “dispute” avec les éditeurs, Subito ne délivre plus ses documents, depuis le 20 septembre, qu’aux seuls pays germanophones. Pour le moment, les négociations continuent et Subito espère arriver très prochainement à un accord et ainsi reprendre ses activités sur un plan international. Dans ce cas, il faudra aussi qu’il améliore sérieusement les procédures de règlement des articles commandés. En effet, après avoir reçu – rapidement – l’article souhaité, le seul choix qui nous était donné pour régler la facture était de mettre l’argent dans une enveloppe (!) ou de payer par virement bancaire, ce qui nous a coûté 19,30 € HT de frais pour un article facturé 11 € ! LIVRAISON ELECTRONIQUE POUR LA BRITISH LIBRARYLa Bristish Library annonce que la livraison électronique sécurisée est désormais opérationnelle. Les prix restent les mêmes, quel que soit le mode d’envoi, et ne dépendent donc que de la rapidité de la livraison souhaitée : standard, 24 heures ou 2 heures. Ce service fonctionne 24 heures sur 24, du lundi au vendredi. Seule contrainte : les fichiers sont au format PDF ; il faut donc avoir Adobe sur son micro-ordinateur pour pouvoir lire les documents reçus. Il est bien évident que ceci n’est qu’une contrainte très relative, car tous les utilisateurs professionnels disposent depuis longtemps d’Adobe Reader, par ailleurs gratuit. Comment faire pour se servir de cette livraison électronique sécurisée ? D’abord créditer son compte, puis envoyer son adresse électronique au E-mail Customer Service, qui l’enregistre définitivement. Ce dernier enverra un message indiquant à partir de quelle date on peut utiliser le service. Et maintenant comment cela marche-t-il ? Quand la British Library a scanné le document désiré, elle envoie un courriel au demandeur indiquant que l’article est disponible. Le message indique le numéro de la commande et contient le lien avec le document. Ce dernier n’étant pas attaché à l’e-mail, il n’y a pas de risque d’interférences avec un fire-wall. Il y a là un gros progrès pour la commodité d’utilisation. Grâce à la livraison électronique, on s’affranchit en effet de la très mauvaise qualité de service de la Poste anglaise, qui rend très aléatoires les délais de livraison des documents. On regrette cependant que la British Library continue, seule, à n’être pas très “claire” sur la question du coût du copyright. Si en moyenne, il est de 5 livres, il peut très bien pour certains périodiques monter à 20 livres, et coûte alors plus cher que le document ! L'ICIST ANNONCE UNE LIVRAISON SECURISEED’autres organismes annoncent, eux aussi, une livraison électronique sécurisée, à commencer par l’ICIST canadien, présent au Online comme les années précédentes. Bien qu’annoncé en des termes un peu différents – on nous parle de plugiciel ou de fureteur (du moins dans la version française !) –, ce nouveau service fonctionne exactement comme celui de la British Library. Mais avant même l’introduction de la livraison électronique sécurisée, l’Icist annonce des performances assez rares : 92 % des documents demandés sont envoyés dans un délai inférieur à 24 heures et 52 % dans un délai inférieur à 9 heures... Qui dit mieux ? L’Icist espère bien, grâce à la livraison électronique sécurisée, arrêter la baisse des commandes de documents. Par ailleurs, cet organisme continue à développer une grosse activité d’édition, avec quinze revues de recherche scientifique dans tous les domaines et de nombreuses monographies INFOTRIEVE S'INTERNATIONALISEInfotrieve, société commerciale basée à Los Angeles, était apparue il y a quatre ans au Online. Si son catalogue de revues était riche, sa promotion s’exerçait surtout en Amérique du Nord. Avec succès semble-t-il, puisqu’elle fournit actuellement plus d’un million de copies de documents par an. Elle suit 33 000 périodiques et sa bibliothèque virtuelle contient plus de 22 millions de citations et 10 millions d’abstracts. Là encore, avec une technique analogue, mais seulement si le document initial est numérisé, on peut obtenir la communication par courriel. Devant son succès, Infotrieve a maintenant un site en Australie, et un site en Allemagne pour desservir toute l’Europe. Il est assez difficile de comparer son tarif avec celui des autres prestataires, chacun d’entre eux adoptant des modalités légèrement différentes de calcul. Disons que le prix “standard” est de 19 euros par tranche de 20 pages, copyright inclus, avec addition de 10 euros par tranche de 20 pages supplémentaires. Si les frais postaux par document ne sont que de 2 euros pour l’Allemagne, ils montent à 5 euros pour une livraison dans le reste de l’Europe. On reste un peu étonné devant une multiplication du prix par 2,5 ! Si l’on regarde le poids moyen d’un document, cela pourrait s’expliquer pour l’ex-Europe de l’Est, mais pas pour les pays membres de l’Union Européenne. NOMBREUSES PRESTATIONS POUR L'INISTEt l’INIST, direz-vous ? Nous n’irons pas ici nous donner le ridicule de décrire l’Inist, qu’utilisent tous les professionnels. Disons seulement qu’au-delà de ses activités classiques – fourniture de documents, production de Pascal et Francis et exploitation de ces bases pour des recherches ou des veilles –, l’Inist propose maintenant de nom-breuses prestations de natures différentes et relevant plus de l’activité courante d’un courtier ou d’un consultant : élaboration d’un dossier de synthèse à partir des informations données par Internet et les bases de données ; analyse statistique (bibliométrie) sur un thème donné, traitement informatique (text mining, classification automatique), veille sur Internet, recherche documentaire multibases... Quel programme ! A cela s’ajoutent des offres de formations fort diversifiées ; cela va en effet des langages XML et XSL ou de la création de pages Web en html, à la méthodologie de recherche d’informations sur Internet ou à l’édition scientifique électronique. Bref, vu au travers du Online 2003 et de leur offre, nos différents fournisseurs de documents ne donnent pas, quoi qu’il en soit, l’air de trop mal se porter. |
|