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Bases, Numéro de Octobre 2003 - n°198 www.bl.uk/gabrielUn portail pour les bibliothèques nationales |
Auteur : Madeleine Wolff-Terroine |
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Gabriel. Quoi, Gabriel ? Le bel archange de l’Annonciation ?
Bien sûr que non, voyons ! Mais notre Gabriel annonce, lui aussi, une bonne nouvelle : le portail de toutes les bibliothèques nationales d’Europe, participant à la Conférence des bibliothèques nationales européennes. Le site, géré par la British Library, a pour objectif d’offrir un point d’accès unique à toutes les bibliothèques nationales d’Europe, leurs services, leurs catalogues, les expositions en ligne qu’elles proposent. Aujourd’hui, 42 bibliothèques nationales des 39 états membres du Conseil de l’Europe participent à Gabriel. Ce site se veut résolument européen ; Gabriel – The Gateway to Europe’s National Libraries – parle français, allemand et anglais. Et l’acronyme de Gabriel a été choisi pour deux raisons. La première est son universalité. Ce prénom est courant dans de nombreuses langues euro-péennes et l’archange Gabriel existe dans les trois religions monothéistes. D’autre part, c’est un hommage à Gabriel Naudé, dont on connaît “l’Avis pour dresser une bibliothèque” (1626), un des premiers ouvrages théoriques sur le sujet. Si l’utilisateur désire un service plus rapide, il est d’ailleurs invité à se connecter à un endroit plus proche : Francfort, Helsinki, La Haye ou Ljubljana. La page d’accueil, volontairement sans images et très dépouillée, propose dans une fenêtre une “Recherche dans toutes les pages de tous les serveurs Web disponibles à partir de Gabriel” ! ; le moteur de recherche est maintenu par la British Library. Quelques actualités sont données, ainsi qu’une invitation à visiter deux services de Gabriel auxquels on ne pense pas a priori, les Trésors des bibliothèques nationales européennes et la Bibliothèque Universalis. Une colonne sur la gauche donne accès à la liste des services proposés et offre des informations sur Gabriel et ses projets. Un clic sur les bibliothèques nationales nous donne la liste des 39 pays avec la ou les langues disponibles pour chacun des pays. Heureuse surprise, l’anglais est partout offert, de nombreuses bibliothèques proposant aussi leurs services en français et en allemand. On peut cependant mesurer le recul de l’influence française en voyant des pays de vieille culture francophone – comme la Pologne – ou même de langue romaine, comme la Roumanie, n’avoir que l’anglais comme langue de communication. Pour chaque pays, on a le nom et l’adresse de leur bibliothèque nationale, avec l’historique, les missions, les collections et les départements. En cliquant sur un département, on obtient sa description détaillée, ses conditions d’accès, les possibilités et les coûts de repro-duction. Suivent ensuite les services en ligne : pour l’Autriche par exemple, on dispose des catalogues en ligne dans les trois langues, des bibliographies nationales en anglais, des catalogues collectifs nationaux en anglais et en allemand et du site interne de la bibliothèque nationale autrichienne. L’Allemagne ajoute à ce type d’informations ses collections électroniques, en particulier de nombreuses sources juridiques et légales. Si au lieu d’attaquer par un pays, l’utilisateur désire un seul type d’information, il cliquera sur “Services en ligne” : il lui sera alors proposé les catalogues mais aussi les collections d’articles de périodiques, (hélas dans neuf pays seulement), les services Internet, les services partagés. Il est même possible d’obtenir toutes les expositions en ligne dans les différentes bibliothèques ou de se tenir au courant des activités et des projets de Gabriel et de ses associés. On voit immédiatement à quelle énorme réserve Gabriel nous donne accès ; grâce à ce site, il sera sans doute moins difficile de localiser une source que nous aurions eu du mal à découvrir en nous limitant à nos ressources nationales. Et indiscutablement, l’accès, les explications, les catalogues en langues autres que les langues nationales facilitent énormé-ment l’exploration. A côté de cet ensemble de ressources qui peut nous être très utile professionnellement parlant, s’ajoutent deux bijoux : - les trésors des bibliothèques nationales européennes : cette exposition virtuelle nous montre quelques-uns des joyaux de nos bibliothèques : manuscrits, incunables… On dispose ainsi de collections peu accessibles, comme celles de Chypre ou de la Léthonie ; à l’heure actuelle le site est riche de 140 contributions et de nouvelles additions sont prévues ; - la Bibliotheca Universalis : elle met à la disposition du public les œuvres majeures du patrimoine mondial scientifique et culturel, avec textes, images et son… On peut soit interroger directement la collection, soit la feuilleter, par pays, par date, par sujet ou par institution. On notera la participation particulièrement importante de la France grâce aux livres numérisés dans Gallica (collection autour du monde, Expositions Universelles, 1889, 1890). Donc, pour le travail ou pour le plaisir, croyez-nous, allez donner un coup d’œil à Gabriel. www.bl.uk/gabriel |
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