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Bases, Numéro de Octobre 2003 - n°198 Droit de réponse - La fin d'IDT : l'ADBS assume ses responsabilités |
Auteur : Caroline Wiegandt |
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L’annonce du retrait de l’ADBS de l’organisation d’IDT/Net puis de
la mise en liquidation de la SARL “DITINFO” associant les
organisateurs d’IDT/Net a fortement ébranlé le secteur français de
l’information électronique, et François Libmann s’en est fait
l’écho dans ces mêmes colonnes dans le numéro daté de mai
2003.
Les adhérents de l’ADBS ont reçu une information très complète sur les circonstances qui ont conduit à ce retrait et la décision judiciaire de liquidation de DITINFO, dans une lettre adressée à chacun d’entre eux le 21 octobre 2002. Mais il est légitime que cette information soit diffusée beaucoup plus largement, dans un secteur qui associe des professions aussi différentes que les éditeurs, les producteurs de bases de données, les professionnels de l’information-documentation dans toute leur diversité (archivistes, bibliothécaires, documentalistes, veilleurs, webmestres, record managers …). Il ne s’agit pas ici d’entrer dans une quelconque polémique, mais d’apporter des éléments d’information factuels. En 1974, l’ADBS crée, avec l’ANRT (Association Nationale de la Recherche Technique), le Congrès National Français sur l’Information et la Documentation. Ce congrès comporte alors une petite exposition rassemblant quelques sociétés. L’objectif de cette manifestation était double : - créer un congrès afin de permettre aux professionnels de l’information-documentation de confronter leurs expériences, leurs projets, leurs innovations ; - présenter aux professionnels des outils et produits d’information dans une exposition. L’intérêt de cette manifestation est la rencontre de deux milieux : les entreprises des technologies de l’information et les professionnels de l’information-documentation. En 1993, le GFII (Groupement Français de l’Industrie de l’Information), association qui rassemble des fournisseurs et des créateurs de produits d’information, rejoint l’ADBS et l’ANRT comme organisateur d’IDT. En 1995, les trois associations organisatrices décident, sur le conseil de leurs experts comptables, de créer une SARL, la société DITINFO, dont le rôle est d’organiser une exposition et un congrès sur le thème principal de l’information. Un premier permanent est engagé. La manifestation est annuelle, elle se déroule à Paris, au Palais des congrès. Les responsabilités sont partagées entre les associés. En 1998, la présidente de l’ADBS, Florence WILHELM, est nommée pour cinq ans gérante de la SARL, succédant à Jacques CHAUMIER, président sortant du GFII. Les associations désignent chaque année d’un commun accord un comité d’orientation chargé de préparer le contenu du congrès. Ce comité est présidé par une personnalité reconnue dans le secteur français de l’information. En 2000, l’ANRT fait part de sa volonté de quitter l’organisation d’IDT/Net en raison d’un recentrage de ses activités, ce qui se fait à l’été 2001. Il reste donc deux associés dans DITINFO : l’ADBS et le GFII, à égalité comme le prévoient les statuts de la société. LES DIFFICULTES ECONOMIQUES DES SALONS ET DES TIC DEPUIS PLUSIEURS ANNEESL’exercice 2001 est déficitaire, il enregistre une baisse sensible du chiffre d’affaires et surtout du résultat. Ce mauvais résultat confirme malheureusement une régression particulièrement marquée depuis 1998. Les éléments d’explication sont connus : - l’année 2001 est marquée par la chute des starts-up du secteur des technologies nouvelles liées à Internet - des entreprises disparaissent, d’autres réduisent les investissements et donc leur participation à des salons comme IDT. Parallèlement, les coûts du salon augmentent, en particulier le prix du Palais des congrès de Paris. Dans le même temps, de nouveaux salons sont créés sur les NTIC créant une vive concurrence ; on assiste à une multiplication de manifestations qui se développent sur des “niches” technologiques. En ce qui concerne la partie congrès, la baisse importante de participants en 2001 nous alerte, mais les dates étaient mauvaises : les “35 heures” rendent le mois de mai impraticable pour une manifestation de trois jours, et on a pu constater que les congrès se portaient mal dans les autres salons. Depuis plusieurs années, le nombre de participants à notre congrès diminuait fortement et régulièrement, malgré les efforts du comité d’orientation et ceux de l’ADBS. Plusieurs formules ont été mises en œuvre, sans pour autant parvenir à inverser la tendance. Aussi, en juin 2001, le GFII et l’ADBS décident de renforcer leurs efforts et de donner des moyens supplémentaires à DITINFO pour tenter de développer la manifestation : un professionnel de l’information est recruté comme délégué général à temps plein. Il est chargé de nouer de nouveaux partenariats, en particulier avec l’association qui organise le salon de la Geide (l’APROGED) et d’approcher KM Forum et “Documation”. Ces tentatives échouent car chacun d’entre eux veut conserver sa niche et son indépendance. LES TENTATIVES DE L'ADBS POUR TROUVER DES SOLUTIONS CONSTRUCTIVESLe salon 2002 est marqué par une nouvelle forte baisse des surfaces louées par les exposants (-25%). Cette situation, que DITINFO et le prestataire chargé de la commercialisation n’ont pas anticipée, a des conséquences financières très graves et entraîne un résultat économique du salon nettement déficitaire. Le nombre de participants au Congrès, en dépit des appréciations très positives de ceux-ci sur le programme, n’a pas augmenté par rapport à 2001. Constatant la mauvaise situa-tion financière de DITINFO et en tant que gérante de DITINFO, Florence Wilhelm a alerté immédiatement Serge CHAMBAUD, le président du GFII (il est également président du comité d’organisation d’IDT/Net). Alerté parallèlement, le bureau de l’ADBS, réuni le 9 juillet 2002, a fait des propositions concrètes au GFII dans l’objectif de redresser la situation. Devant le refus du GFII de prendre la mesure de la gravité de la situation et d’examiner ces propositions (refus d’organiser une rencontre des deux bureaux par exemple), le bureau de l’ADBS a décidé de demander au cabinet Ernst & Young de procéder à un audit de la société DITINFO et de la manifestation IDT/Net avec recommandations. Cet audit, mené au cours de la première quinzaine de juillet 2002, a malheureusement confirmé les craintes exprimées par le bureau de l’ADBS et la gérante de DITINFO. Ernst & Young nous alertait également sur le fait que leurs analystes estimaient que la crise des NTIC allait continuer fin 2002 et en 2003. Les conclusions du rapport d’audit remis le 19 juillet 2002 étaient les suivantes : - DITINFO sera en cessation de paiement au plus tard en septembre 2002 ; - il convient de réduire voire de supprimer la structure DITINFO dont les charges sont trop lourdes compte tenu de la situation économique ; - le Palais des congrès étant devenu trop onéreux, il convient de chercher un autre lieu pour la manifestation. Ce rapport a été remis au président du GFII pour information, en lui demandant de le communiquer aux membres de son bureau. Malgré les tentatives de conciliation de l’ADBS, il a été impossible de trouver un terrain d’entente avec le GFII. Les propositions de l’ADBS formulées par écrit ont été rejetées oralement, les courriers sont restés sans réponse. Devant l’impossibilité de trouver une entente entre associés sur les modalités de poursuite de l’activité de la société, constatant l’impossibilité de payer les salaires de fin août, la gérante de DITINFO a du procéder à la déclaration de cessation des paiements de la société le 30 août 2002. La déclaration de cessation de paiement n’est pas un acte dont on peut discuter l’opportunité. Il relève d’une obligation légale. Il engage la procédure judiciaire d’examen de la situation financière d’une société. Le juge saisi peut alors, selon les conclusions de cet examen : - décider de la poursuite des activités sous l’égide d’un juge commissaire et éventuellement d’un administrateur durant une période d’observation à l’issue de laquelle le sort de la société sera scellé (vente à un tiers ou poursuite des activités avec la même équipe dirigeante en cas de redressement), - ou décider de la mise en liquidation immédiate. Le Tribunal de commerce de Paris a statué le 12 septembre 2002 et a prononcé la mise en liquidation judiciaire de DITINFO. Au delà de la crise profonde qu’a mis en évidence cette décision judiciaire inéluctable dans un tel contexte, cette situation a entraîné des dissensions entre anciens associés : usage non autorisé de la marque et des logos IDT/Net par les organisateurs d’i-expo, en réponse à ces pratiques refus par l’ADBS de diffuser une annonce de la manifestation sur la liste ADBS. On peut regretter que l’absence d’accord entre les anciens associés ait eu pour principale conséquence de priver très brutalement les professionnels d’un événement qui impliquait l’ensemble des acteurs. A ce jour, il n’est pas interdit d’imaginer que les choses peuvent évoluer autrement et qu’un dialogue franc entre les acteurs de l’information électronique puisse s’ouvrir. Ce dialogue n’a de sens que s’il est mené dans le respect de chacun et s’il a pour objectif de réfléchir collectivement sur les attentes de l’ensemble des professionnels concernés (producteurs et utilisateurs). L’ADBS, qui a toujours marqué sa volonté de contribuer à faire connaître et progresser les outils et produits des systèmes d’information, est prête à apporter sa réflexion et ses propositions, qui permettront peut-être de trouver les formes correspondant aux besoins actuels des professionnels de l’information. Caroline WIEGANDT Présidente de l'ADBS |
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