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Netsources, Numéro de Mai-Juin 2007 - n°68 Actualité "Googlienne"Sergey Brin, l’un des fondateurs de Google, avait déclaré il y a quelques mois lors d’une interview au Los Angeles Time, qu’il était un peu perdu devant la myriade de services lancés par son moteur. Ce n’est guère étonnant, car il ne se passe pas de mois sans que Google ne lance un ou plusieurs services – d’où l’intérêt de sites comme Zorgloob Logiciels, qui recense pas moins de 125 services offerts par Google (voir p.9) ! On trouvera ci-après la description de quelques nouveautés, parmi celles qui nous ont intéressées – ou interpellées ! ... |
Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
GOOGLE STREET VIEW : ATTENTION, GOOGLE BROTHER VOUS REGARDE...Les images satellites offertes depuis quelques temps par Google Earth et Google Maps ont connu un succès planétaire (plus de 200 millions de téléchargement pour Google Earth !). Leur résolution pour certaines villes est excellente, à tel point que plusieurs organismes officiels se sont inquiétés de la précision avec laquelle on pouvait voir quelques lieux stratégiques ; suite à ces inquiétudes d’ailleurs, un certains nombre d’emplacements – centrales nucléaires, bases militaires, etc – ont été “floutés” sur les images. Google vient aujourd’hui de franchir une nouvelle étape avec le lancement, à l’occasion de la conférence O’Reilly Where 2.0 en mai dernier, du service Google Street View, limité pour le moment à quelques grandes villes américaines. Lorsque l’on se connecte à la carte des Etats-Unis depuis l’interface Maps.google.com – et uniquement depuis cette interface – on remarque, à gauche des boutons Traffic, Map, Satellite et Hybrid, l’apparition d’un nouveau bouton intitulé Street View. Un clic sur ce dernier affiche le symbole d’un appareil photo à l’emplacement de quelques villes (San Francisco, New York, Las Vegas, Denver et Miami pour l’instant) ; il signifie que pour ces villes, on dispose de photos 3D prises au ras du sol, en mode panoramique et que l’on peut se promener dans cet univers. En zoomant sur ces villes, on obtient un plan dans lequel les rues disposant du service Street View – généralement la plupart – sont surlignées en bleu. En déplaçant le symbole d’un petit personnage à l’endroit souhaité, on ouvre une fenêtre avec une photographie en 3D de l’endroit en question. Les curseurs habituels permettent de zoomer ou de se déplacer de gauche à droite et de visualiser au fur et à mesure les photographies correspondantes. Des flèches au sol indiquent également le sens de la rue (est/ouest...) et l’on peut, en cliquant sur ces flèches, visionner un véritable panorama – pour le moins “bluffant” – de cette rue, qui permet notamment de voir des photos de passants, vaquant à leurs occupations... C’est la précision de ces photographies – les personnes sont tout à fait reconnaissables – qui a soulevé quelques émotions outre-Atlantique, notamment de la part des défenseurs de la vie privée. Même s’il est tout à fait légal aux Etats-Unis de publier des images prises dans des lieux publics – ce qui n’est pas le cas en France –, certaines photos peuvent à tout le moins être “embarrassantes” pour les personnes (à titre d’exemples, on peut apercevoir un homme entrant dans une librairie “pour adultes”, un autre escaladant une grille, une femme en string, un couple s’enlaçant, etc.). C’est pourquoi Google tente de calmer le jeu en permettant aux internautes qui le souhaitent de demander la suppression de certaines photos. Dans le même temps, des sites se sont déjà spécialisés dans la traque des images insolites(1) et le magazine Wired a lancé sur son blog un concours incitant les visiteurs à soumettre et à voter pour la meilleure photo urbaine découverte sur Google Street View(2). Pour obtenir une telle précision, Google a fait appel notamment à la société Immersive Media, qui possède des caméras haute résolution, utilisées sur le toit de voitures qui sillonnent les villes. Mais ce n’est pas tout. Dans un billet intitulé “Street view : Google prépare son armée”, Zorgloob nous relate la découverte, dans un parking de Google, d’une armée de chevrolets pré-équipées presque prête à s’attaquer aux rues américaines... Attention... Google Brother vous regarde... GOOGLE UNIVERSAL SEARCH : NOUVEAU LOOK POUR GOOGLE.COMC’est en 2001 que Google a ajouté sur sa page d’accueil, entre son logo et la zone de saisie, une série d’onglets – qui sont ensuite devenus des liens – vers ses principaux services (pour la France par exemple : Web, Images, Groupes, Actualités, et “plus”). Ces fameux liens ont désormais changé de place sur la version américaine (www.google.com), avec le lancement en mai dernier d’une nouvelle interface baptisée Google Universal Search. Cette interface réserve en fait la partie centrale de l’écran au logo et à la zone de saisie (avec, juste en dessous, les traditionnels boutons “Google Search” et “I’m Feeling Lucky”) et rassemble les liens vers les autres services dans le coin supérieur gauche de l’écran : Web, Images, Video, News, Maps, Mail. Ceci permet à Google de proposer davantage de liens directs et d’offrir en complément un lien more, qui affiche un menu déroulant donnant accès à 14 autres services, dont Blog Search, Blogger, Books, Finance, Labs, Patents, Scholar... Mais la modification la plus importante réside dans la page de résultats, qui se veut justement “universelle” et comprend à ce titre des résultats issus du Web bien sûr, mais aussi quelques données tirées des différents modules (selon les questions, ce peut être News, Images, Videos, Patents...). L’avantage est qu’il n’est plus nécessaire de se connecter à des services distincts comme Google Patents ou Google Video pour poursuivre sa recherche ; il suffit désormais d’un simple clic pour obtenir les documents souhaités... L’interface Universal Search n’est accessible aujourd’hui que depuis Google.com. GOOGLE IMAGES : MEILLEURE COPIE QU’EXALEADExalead a lancé le 19 avril une nouvelle fonctionnalité réellement innovante : la recherche de contenus dans les images et, plus précisément, la restriction de la recherche aux seules images contenant des visages (cette fonctionnalité ayant été développée grâce à un partenariat avec la société LTU Technologies, voir Netsources n°67). Comme l’on pouvait s’y attendre, Google a réagi très vite – on peut penser que cette amélioration était depuis longtemps prévue, puisqu’il avait racheté il y a un an la société Neven Vision, spécialiste de la reconnaissance faciale ; un nouveau filtre a été ajouté en juin dans la grille de recherche avancée du module Images. Ce filtre permet de restreindre la recherche en limitant la sélection selon le type de contenu, afin d’obtenir des images représentant : tous types de contenu, des actualités ou des visages. Les quelques tests que nous avons pu faire ont montré que l’utilisation du filtre “visages” s’avérait très efficace, alors que plusieurs erreurs étaient apparues lors des mêmes tests sur Exalead. Sébastien Billard confirme cette impression dans son blog Referencement Design et Cie(3). Dans un billet intitulé “Google plus physionomiste qu’Exalead”, il donne en effet les résultats d’un test qu’il a réalisé sur les deux moteurs, à partir de l’analyse des 20 premiers résultats obtenus, en réponse à 30 requêtes (soit 600 images vérifiées pour chaque moteur). Lors de ce test, Google a retourné 16 “faux positifs” (image considérée comme un visage mais n’en contenant aucun), soit un taux d’échec moyen de 2,7 %, quand Exalead affichait 60 faux positifs, soit un taux d’échec de 10 %.... GOOGLE NEWS : LE CHOC DES PHOTOS AVANT LE POIDS DES MOTS ...En matière de communication, les images ont un impact souvent considérable. Google l’a bien compris et a enrichi en ce sens son module Google News qui propose, depuis juin dernier, une nouvelle option de présentation des résultats tirés de l’actualité. Que ce soit depuis la page d’accueil ou en réponse à une requête, il suffit de cliquer sur le lien Image Version – offert dans une colonne sur la gauche depuis la page d’accueil et dans le haut de l’écran via les résultats – pour obtenir une nouvelle page de résultats faisant la part belle aux images. La majeure partie de l’écran est en effet dédiée aux photographies tirées des articles pertinents – seuls les articles contenant des photos sont donc ici sélectionnés. Ces dernières sont présentées sous forme de vignettes avec, sous chacune, l’URL de l’article et le nom de la source. Les titres des articles sont quant à eux classés dans une colonne sur la droite, avec le nom de la source et la date de publication. Lorsque l’on glisse le curseur sur une vignette ou sur le titre d’un des articles, on affiche sous celui-ci un extrait contenant les termes de la requête. Les résultats sont classés par défaut par pertinence, mais Google propose aussi un classement chronologique, ou un classement par date sans élimination des doublons. Cette présentation est pour l’instant disponible sur certaines versions seulement de Google News : les Etats-Unis (en anglais et en espagnol), le Canada (en anglais et en français), l’Australie et la Chine. Bien sûr, la présentation classique des résultats est toujours disponible, via le lien Standard Version. GOOGLE TRADUCTION : LA RECHERCHE MULTILINGUEwww.google.com/translate_t?hl=frAltaVista fut l’un des premiers moteurs à offrir un outil de traduction automatique, baptisé Babel Fish. Accessible à l’adresse http://babelfish.altavista.com, cet outil permet de traduire, d’une langue source vers une langue cible, un mot (ou un texte) ou bien une page web dont on indique l’URL. Utilisant la technologie Systran, Babel Fish propose aujourd’hui des traductions depuis 36 couples de langues source/cible, dont 12 ont l’anglais comme langue source (vers le français bien sûr, mais aussi vers le chinois, le coréen, le hollandais, le russe, le japonais...) et 7 le français (vers l’anglais, l’allemand, le grec, l’italien, le portuguais, le hollandais et l’espagnol). Yahoo! ayant racheté (indirectement) AltaVista, il offre ces mêmes possibilités de traduction – via le lien Outils de traduction, situé à droite de la zone de recherche, sur l’interface Yahoo! Search(4) – et propose en complément, depuis octobre 2005, un système de recherche multilingue qui, toujours avec Systran, traduit la requête de l’internaute du français vers l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’italien, puis lance la recherche sur le mot dans ces diverses langues et enfin rapatrie les pages pertinentes en les retraduisant en français (voir Netsources n°58). Quant à Google, il dispose lui aussi d’un traducteur, accessible en cliquant sur le lien Outils Linguistiques, proposé à droite de la zone de saisie. Il a longtemps utilisé la technologie de Systran, tout en annonçant qu’il travaillait à développer son propre système ; et justement, si l’on en croit l’aide en ligne, il utiliserait aujourd’hui un système de traduction statistique développé par ses ingénieurs(5). Ce système offre cependant moins de possibilités que Babel Fish, puisque 25 couples de langues source/cible sont proposées sur Google, contre 36 sur Babel Fish ; 12 couples ont l’anglais comme langue source (avec néanmoins une différence : on trouve l’anglais/arabe sur Google et l’anglais/grec sur Babel Fish) et 2 seulement ont le français (vers l’anglais et l’allemand). Il semble d’autre part que cet outil soit en phase de développement, car Google a lancé il y a quelques mois une nouvelle interface, avec des fonctionnalités supplémentaires. Accessible à l’adresse www.google.com/translate_t?hl=fr, Google Traduction offre depuis peu trois modules : - le premier, intitulé “Texte et Sites Web”, correspond à l’outil de traduction pour un mot ou une page web ; - le second, baptisé “Résultats de recherche”, permet de traduire une requête dans une langue donnée, lance la recherche avec le(s) mot(s) traduit(s), et rapatrie les pages pertinentes avec en regard la page dans la langue cible et la traduction dans la langue source. Même s’il faut se méfier des traductions automatiques, ce système peut s’avérer très utile pour localiser par exemple les pages concernant un produit particulier dans une langue donnée ; malgré tous les travers des traductions automatiques, elles permettent en général de comprendre “le sens” des informations et de repérer les pages qui méritent une traduction plus fiable... On regrettera néanmoins qu’il soit impossible d’utiliser les opérateurs avancés de Google (intitle:, site:...) ; - le troisième module est un Dictionnaire multilingue, qui propose les définitions et traductions de mots dans dix couples de langues sources/cibles, comportant l’anglais à chaque fois, avec le français, l’allemand, l’italien, l’espagnol et le coréen. Pour chaque mot (les expressions ne sont pas prises en compte), l’outil donne une définition, la traduction et des expressions connexes permettant d’en comprendre le sens (avec leur traduction). Le mot “veille” est ainsi illustré par “la veille au soir”, “la veille de Noël”, “la veille”... mais pas par “veille économique”... Mais „niemand ist vollkommen“ (traduction en allemand – par Google – du dicton “personne n’est parfait”...) 1. http://www.geo-trotter.com, http://streetviewr.com 2. http://blog.wired.com/27bstroke6/2007/05/request_for_urb.html 3. http://s.billard.free.fr/referencement/ 4. http://fr.search.yahoo.com 5. Toutefois, bizarrement, lorsque l’on compare par exemple une même page web traduite du français vers l’anglais, par Google Traduction et par Babel Fish, la page obtenue avec les deux systèmes est pratiquement – mot pour mot – la même... |
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