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Bases, Numéro de Novembre 2006 - n°232 Un Online toujours stablePour sa trente et unième édition, la manifestation Online de Londres – dont le nom officiel actuel est Online Information 2006 – a montré une relative stabilité par rapport à l’année précédente. On constate une fois de plus que les organisateurs proposent assez peu d’innovations pour la partie exposition de la manifestation, ce qui serait pourtant de nature à augmenter significativement la fréquentation. |
Auteur : François Libmann |
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Comme on a pu l’observer dans d’autres manifestations en France,
hormis la thématique générale du salon, on peinait à discerner une
synergie entre l’exposition et les conférences payantes :
éloignement physique relativement important dans un bâtiment
annexe, horaire décalé (le “delegate drinks” offert aux exposants
se tenait à côté des salles de conférence, à une heure où
l’exposition avait déjà fermé ses portes, et non plus dans
l’exposition elle-même, comme lors de précédentes éditions), peu
d’interventions d’exposants dans le congrès, etc ; les conférences
gratuites quant à elles se tenaient au sein de l’exposition.
Les organisateurs de ces manifestations semblent par ailleurs oublier que, si l’une des motivations des visiteurs est de trouver réunie une part très significative de l’offre du secteur – et c’était encore le cas cette année –, une autre motivation réside dans la découverte de nouveaux fournisseurs et d’innovations, tant en matière de services que de produits. Or, au prix où sont les stands, on trouve fort peu de start-up proposant des produits/services innovants. Les quelques exposants venant de pays lointains, comme l’Afrique du Sud, n’étaient là que grâce aux subventions d’un organisme public de leur pays ; c’est également grâce à des subventions qu’a pu être proposé pendant plusieurs années un stand français commun, qui regroupait lui aussi plusieurs exposants, et qui fonctionna jusqu’à l’arrêt des subventions. Peut-être y a-t-il là une piste à explorer pour les organisateurs, qui pourraient proposer des solutions attractives à de petites sociétés ayant des offres particulièrement intéressantes, ce qui pourrait encore accroître l’intérêt de ces expositions. En tout état de cause, le Online de Londres ne semble pas près de disparaître et l’on attend avec curiosité les changements qu’apportera éventuellement son nouveau propriétaire, VNU ayant en effet vendu son activité salon à la firme de capital investissement 3I. Roger Bilboul, le fondateur du Online – qu’il a vendu au début de l’année 1994 –, explique en partie la pérennité de la manifestation anglaise par le fait qu’en Europe, aucune association professionnelle n’organise d’événements d’une ampleur comparable à celle de la SLA (Special Libraries Association) aux Etats-Unis ; le succès de cette dernière l’a d’ailleurs conduit à arrêter il y a plusieurs années l’organisation du National Online Meeting, l’équivalent américain de la manifestation de Londres. On peut ajouter que du fait que le Online se déroule à Londres et tout naturellement en anglais, il attire des Américains qui se sont remis à voyager, mais aussi l’ensemble des Européens du secteur, pour lesquels l’anglais est une langue de travail incontournable, sans oublier les Anglais, qui viennent en voisins dans une manifestation ayant aussi une dimension purement nationale. L’exposition de cette année comportait en fait deux parties : l’une, liée au positionnement traditionnel de la manifestation, était consacrée au contenu ; on y retrouvait une grande partie des acteurs classiques, producteurs, serveurs et éditeurs, d’ailleurs de plus en plus nombreux. L’autre partie était plus orientée vers la technique et notamment la gestion de l’information au sens large : gestion de documents, gestion de sites Web, gestion de bibliothèques... ; on trouvait même Canon, qui présentait des imprimantes comme un élément de la chaîne de gestion des documents qu’il proposait. On peut penser que cette extension – baptisée Information Management Solutions – répond à l’objectif d’assurer la pérennité de la manifestation, grâce à la présence d’un nombre suffisant d’exposants, sur une thématique assez proche pour intéresser la clientèle traditionnelle du salon. Parmi les serveurs connus, on retrouvait Thomson, au travers d’une grappe de stands parmi lesquels Thomson Scientific – où sont maintenant “logés” Dialog et DataStar –, mais aussi Thomson Business Intelligence (TBI), qui commercialise certains produits précédemment commercialisés par Dialog, tels Market Research (le nouveau nom de Profound), une version de NewsRoom baptisée News Research et une autre d’Investext rebaptisée Broker Research. Thomson Gale faisait également partie du lot. LexisNexis était également présent, mais avec une offre plutôt spécifiquement dédiée au marché anglais, aux juristes en particulier. Questel.Orbit était fidèle au poste et Factiva toujours absent, dans la mesure où cet agrégateur calcule l’intérêt de sa présence dans de telles manifestations au nombre de nouveaux clients à court terme (quelques mois), contrairement à Thomson par exemple qui, bien qu’évidemment intéressé par de nouveaux clients, considère la présence dans une telle manifestation comme un élément de sa relation client. Pour la première fois, STN partageait un stand avec Chemical Abstracts, ce qui est assez logique, tout en étant une mesure d’économie, liée au prix élevé du mètre carré. Cette tendance à la diminution de la surface des stands, génératrice d’économie pour les exposants, est d’ailleurs générale et ne date pas de cette année. Elle devrait interpeller les organisateurs sur la question du prix psychologique acceptable par les exposants, qui constitue une vraie menace pour la pérennité de leur activité ; un exposant comme Mintel par exemple, qui a eu pendant plusieurs années un très beau stand, a ainsi préféré renoncer cette année. Parmi les serveurs/agrégateurs présents, on notait aussi, sans vouloir être exhaustif, Elsevier avec Scopus et Scirus, Alacra, Highwire Press, CSA, Ovid, Fiz Chemie et un serveur sud- africain, nouveau venu dans cette manifestation et dont nous parlerons dans un prochain numéro. Comme les années précédentes, on pouvait rencontrer plusieurs éditeurs, certains offrant d’ailleurs des services d’hébergement et de diffusion pour des confrères de taille plus modeste. Les associations d’utilisateurs étaient également bien représentées, et l’on trouvait à la fois des associations purement anglaises et des associations américaines à la base, mais ayant aussi une vocation internationale, comme la SLA ou l’AIIP (Association of Independant Information Professionnals). On notait enfin une présence française relativement étoffée, illustrant le fait que, même sans subvention, un nombre non négligeable d’acteurs français trouvent un intérêt à être présents dans cette manifestation. Il est vrai qu’il s’agissait d’entreprises d’une certaine taille et/ou étant en phase d’investissement/développement. Outre Questel.Orbit, déjà cité et dont la clientèle est très internationale, Infinancials – ex Eurofinancials – était présent pour la même raison, tandis que l’Inist était là, eu égard à ses nombreux partenaires et clients hors de France. D’autres acteurs français, plus tournés vers le logiciel et le service, avaient fait le déplacement, parmi lesquels Temis, Exalead et Digimind. Ce dernier s’obstinait malheureusement à présenter son livre blanc sur le Web invisible, traduit en anglais cette fois, dans lequel il minimise la place des serveurs classiques, qu’il expédie en quelques lignes (voir Bases n°226). On peut supposer que cette obstination dans le dénigre-ment de cette partie – ô combien importante – du Web invisible, est liée au positionnement de Digimind sur l’exploitation du Web invisible essentiellement gratuit. Cette attitude est pour le moins maladroite et en tous cas fort regrettable. DES INNOVATIONS INTERESSANTESL’un des défis pour le visiteur de ce type d’exposition, qui se reproduit d’année en année, est de dénicher les nouveautés réellement intéressantes, qui n’apparaissent pas forcément – ou pas de façon évidente – dans les communiqués de presse diffusés à cette occasion. Outre quelques nouveaux venus avec des offres originales, des exposants familiers de la manifestation, et notamment les allemands Fiz Technik et Fiz Chemie, présentaient des nouveautés dont nous parlons plus loin dans ce numéro, un portail dédié à l’information scientifique concernant l’informatique pour l’un, un modèle de livre hybride pour l’autre. Mais nous avons particulièrement remarqué l’innovation que va lancer très prochainement CSA (Cambridge Scientific Abstracts), producteur/ serveur de plusieurs dizaines de banques de données bibliographiques. CSA présentait en effet CSA Illustrata, un système d’indexation de toutes les figures illustrant les articles référencés dans ses banques de données, grâce à une indexation spécifique. On peut, grâce à ce nouveau système, chercher directement par exemple les cartes géologiques d’un territoire donné ou les images de certains micro-organismes. Pour ce qui est des conférences, nous en avons suivi personnellement que quelques-unes, mais l’analyse du programme que nous avons fait dans un numéro précédent (“Online de Londres, un programme toujours très riche”, Bases n°229) en soulignait la richesse et la diversité. On remarquera d’ailleurs que les conférences payantes n’étaient pas obligatoirement d’une qualité supérieure à celles qui étaient proposées gratuitement, sachant néanmoins que la plupart de ces dernières relevaient davantage de la présentation de produits. Sur un plan général, on notait aussi le développement d’une sorte de vedettariat, certains conférenciers – plutôt bien connus dans le milieu – intervenant à de multiples occasions. Nous nous sommes intéressés plus particulièrement à la conférence consacrée aux méthodologies de recherche, et notamment à l’intervention de Phil Bradley, au titre provocateur de “The death of search”. On trouvera le fichier électronique de sa présentation sur son site www.philb.com. On retiendra surtout l’idée que l’on passe de plus en plus de la recherche d’informations (searching) à la réception (delivering) plus ou moins automatique d’informations, ce qui, on en conviendra, est un changement radical d’attitude. Dans ce cas, le principal avantage réside dans la facilité à pouvoir personnaliser le flux d’informations entrant, mais cela conduit aussi à avoir une attitude plutôt passive et cela n’a vraiment de sens que pour des sujets structurellement simples. Phil Bradley fait aussi remarquer que tout ce mouvement, prenant également en compte les développements des systèmes d’information alimentant les mobiles, est le fait de sociétés dont la vocation première n’est pas obligatoirement d’aider leurs clients/utilisateurs à faire la meilleure recherche, mais de leur délivrer un cocktail d’information et de publicité, afin de contribuer au mieux à leurs objectifs propres de rentabilité. Les sociétés réellement orientées vers la recherche existent heureusement toujours et étaient représentées, plutôt dans l’exposition d’ailleurs, mais elles sont bel et bien d’autre nature. Cette différence était aussi illustrée par la présentation de Tor Crockett de Microsoft, concernant une approche aussi sophistiquée qu’intéressante de la façon de définir l’ensemble des mots-clés les plus performants à utiliser, dans le cadre de la création de liens sponsorisés. On pourra noter pour conclure qu’il est assez remarquable que dans un domaine aussi évolutif, ayant connu des changements profonds, une manifestation globale du secteur ait pu dépasser les trente éditions annuelles en gardant un réel intérêt. |
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