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Netsources, Numéro de Novembre-Décembre 2006 - n°65 Google : du mieux et du nouveauDans une interview au Los Angeles Times en octobre dernier, le co-fondateur de Google, Sergey Brin, annonçait sa volonté de se recentrer sur le cœur de métier du moteur en améliorant les fonctionnalités des services existants, plutôt que de développer sans cesse de nouveaux produits. Il reconnaissait d’ailleurs qu’il était lui-même un peu perdu devant la myriade de services lancés en quelques mois... |
Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
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Sa demande semble avoir été entendue par ses ingénieurs, car
plusieurs services ont été améliorés ... mais la tentation était
peut-être trop grande et de nouveaux produits ont également été
lancés...
NOUVELLE INTERFACE POUR GOOGLE BOOKShttp://books.google.frLe moins que l’on puisse dire est que le service Google Books – ou plus précisément Google Recherche de Livres, le nouveau nom de Google Print – suscite, depuis son lancement fin 2004, de nombreuses polémiques, tant de la part d’auteurs et d’éditeurs – qui assignent le moteur en justice pour atteinte à la propriété littéraire et au droit d’auteur – que de bibliothèques, qui se sentent menacées*. Mais le service a également ses défenseurs, et de nouvelles bibliothèques – pour la première fois non-anglophones – ont rejoint le Projet Bibliothèque ; un accord a ainsi été signé en septembre dernier avec l’université Complutense de Madrid et, en janvier, avec la Bibliothèque Nationale de Catalogne et quatre bibliothèques catalanes affiliées. L’objectif de ce projet est d'inclure le fonds de plusieurs grandes bibliothèques dans l'index de Google Books et, comme dans un catalogue, de fournir aux utilisateurs des informations relatives aux ouvrages proposés, agrémentées dans certains cas de courts extraits ; les informations bibliographiques sont généralement réduites mais en revanche, l’intégralité du livre est consultable si celui-ci appartient au domaine public. Allant encore plus loin dans le service rendu au lecteur, Google a annoncé le 30 août dans son blog que des ouvrages libres de droit disponibles sur Google Books seraient proposés en téléchargement gratuit au format PDF. Bien sûr, cette offre ne concerne pas – du moins pour le moment – tous les ouvrages tombés dans le domaine public, mais seulement une sélection, pour laquelle Google a eu les accords des éditeurs. Lors d’une recherche sur “George Sand” par exemple, on obtient parmi les résultats : George Sand - Page 1 de Eugène de Mirecourt - 1854 - 96 pages (...) avec la mention “Affichage du livre entier”. En cliquant sur le lien, on affiche la version numérisée de l’ouvrage – et même, ô surprise, des doigts du “numérisateur” (voir copie d’écran ci-contre) – avec, dans la colonne de droite, le bouton “Télécharger - PDF - 2,3 Mo”. On regrettera ici qu’il soit impossible de limiter la requête aux seuls livres téléchargeables, mais il est néanmoins possible de restreindre la question aux livres disponibles en texte intégral ; il suffit pour cela de cocher l’option Pages entières des livres, disponible sous la zone de saisie. Il reste ensuite à cliquer sur chaque résultat pour voir si le bouton “Télécharger - PDF” est proposé ou non... En complément de cet enrichissement du contenu, l’interface de Google Books a été relookée fin novembre et un certain nombre de fonctionnalités on été ajoutées. Parmi celles-ci, on citera notamment : - l’ajout d’une fonction zoom (symbolisée par une loupe), qui permet de réduire ou d’agrandir l’image ou le texte ; - une meilleure lecture des pages, grâce à un chargement automatique de toutes les pages disponibles ; la lecture se fait ensuite en utilisant l’ascenseur ou en cliquant sur le symbole de la flèche (il fallait auparavant cliquer sur Page suivante pour charger chaque page une à une) ; - un affichage en “double-page”, pour les ouvrages qui appartiennent au domaine public et sont disponibles en texte intégral ; - un bouton Plein écran pour agrandir la place occupée par l’image, dans l’écran. Ces ajouts sont clairement destinées à améliorer la lecture à l’écran, même si Google prend bien soin de préciser (plusieurs fois) dans son aide, que l’objectif du service est d’aider l’internaute à découvrir des livres, et non à les lire. D’ailleurs, et pour éviter autant que faire se peut d’attiser la colère des éditeurs, la tendance de Google Books est plutôt à la diminution du nombre de pages numérisées qu’il est possible d’afficher (exception faite des ouvrages libres de droit...). Pour plusieurs ouvrages, seul un extrait des pages (quelques phrases) est disponible et pour les autres, l’affichage des quelques pages proposées est le plus souvent réservé aux titulaires d’un compte Google (pour en ouvrir un, il suffit d’indiquer une adresse email et un mot de passe). Google signale par ailleurs que, pour protéger les droits d'auteur associés aux ouvrages et limiter les consultations, il effectue un suivi des pages affichées par les utilisateurs qui se sont identifiés – une bonne excuse pour en savoir toujours plus sur les internautes... Cela étant, l’objectif d’aider l’internaute à découvrir des livres est bien atteint, d’autant que des informations complémentaires ont été ajoutées pour les ouvrages. En cliquant sur le lien En savoir plus sur le livre, offert en général sous le Résumé proposé, on affiche désormais une page dans laquelle il est possible de trouver – outre le résumé et la liste des pages visualisables : - des livres sur des sujets connexes : rapide présentation d’autres ouvrages sur des thèmes proches ; - les éventuelles autres éditions de l’ouvrage ; - des références sur des livres : liste d’ouvrages citant le livre en question ; - des références d’articles académiques : titres d’articles publiés dans Google Scholar qui citent l’ouvrage ; - les termes clés, qui caractérisent le contenu du livre. Si les conditions même de réalisation de Google Books sont critiquables**, il n’en demeure pas moins que le service répond plutôt bien à la mission qu’il s’était fixée, qui plus est via une interface conviviale et très agréable. Par ailleurs, les citations et références qui ont été ajoutées apportent une aide réelle à l’internaute dans sa recherche d’ouvrages et permettent au service de se démarquer des classiques catalogues de bibliothèques. GOOGLE RECHERCHE DANS LES BREVETShttp://www.google.com/patentsC’est à la mi-décembre que Google a lancé, à la surprise générale, un nouveau moteur de recherche “vertical”, permettant d’interroger cette fois plus de sept millions de brevets déposés aux Etats-Unis, auprès de l’USPTO (United States Patent and Trademark Office). Google annonce couvrir la collection entière des brevets, de 1790 à la mi-2006. La technologie utilisée est la même que celle de Google Books et le service permet une recherche sur le texte intégral des brevets déposés. Une grille de recherche avancée propose de limiter la requête à certains champs : numéro du brevet, titre, nom de l’inventeur ou du déposant, classification américaine ou internationale, date ou période de dépôt ou de délivrance. On peut aussi combiner les opérateurs spécifiques à chaque champ (ininventor: pour le nom de l’inventeur, inassignee: pour le nom du déposant...) dans une requête saisie directement depuis la page d’accueil ; comme c’est le cas pour la recherche Web, on pourra alors formuler une requête plus élaborée, en combinant par exemple plusieurs critères avec l’opérateur OR. Pour une question donnée, la page de résultats affiche la liste des brevets sélectionnés classés par pertinence ; on regrettera ici qu’il soit impossible de trier les résultats par date de délivrance. Pour chaque brevet identifié, Google indique son titre, son numéro, la date de dépôt et un extrait pertinent. En cliquant sur le titre d’un brevet, on affiche une présentation similaire à celle de Google Books : - la page Abstracts, au format html, fournit le résumé, les éléments d’identification (numéro du brevet, date de dépôt et de délivrance, inventeur, classification...), les revendications, les citations (avec un lien hypertexte vers chaque brevet citant), ainsi qu’un aperçu des images disponibles ; - les liens Drawings, Description et Claims affichent quant à eux les parties correspondantes du brevet, disponibles sous forme numérisée – mais non imprimable et non téléchargeable. Un lien est en revanche proposé vers le texte du brevet sur le site de l’USPTO ; - à tout moment enfin, une zone de saisie permet de lancer une recherche par mots sur le texte du brevet. Le positionnement de Google Search Patents est donc sensiblement différent de celui de l’USPTO. D’un graphisme sobre et relativement peu convivial, le site de l’USPTO est clairement réservé aux professionnels du domaine et leur offre d’ailleurs des possibilités de recherche bien plus sophistiquées (plus de 31 critères, utilisation des opérateurs booléens, de la troncature, des parenthèses...). Néanmoins, ces critères ne s’appliquent que pour les brevets publiés après 1976. Pour les brevets antérieurs, la recherche ne peut se faire que par date de publication, numéro du brevet ou classification US, et il est donc préférable d’utiliser Google Patents Search. Le service de Google quant à lui est clairement destiné à l’utilisateur final, qui cherche à identifier quelques brevets sur un domaine. L’interface est, comme toujours, claire et conviviale et les résultats sont bien présentés. Cela étant, et sans qu’il y ait la moindre indication sur ce sujet, il semble bien que les résultats de Google Patents Search soient systématiquement “filtrés” puisque, lors de nos tests, nous avons rarement obtenu plus de 1 000 résultats, quelle que soit la question. Ainsi, une requête avec le mot “phone” pour les brevets validés depuis 1976, affiche 60 291 résultats sur le site de l’USPTO, quand la même recherche n’en obtient que 1 077 sur Google Patents. Et ce faible nombre n’est pas dû à un faible fonds de Google, puisqu’en limitant la requête à une année on trouve, pour 1995 par exemple, 2 580 brevets validés sur le site de l’USPTO et 726 sur Google Patents (pour 2005, on en affiche respectivement 896 et 535). Il y a donc clairement un “filtrage”, qui n’est pas explicité... On regrettera enfin que ce service ne propose aucun système d’alerte, que ce soit par mail ou par flux RSS. Mais il vient d’être lancé, et l’on peut penser qu’il est amené à se bonifier. Il démontre en tout cas que les appétits de Google Inc. n’ont pas de limite. Si le service est pour l’heure vierge de toute publicité, il y a fort à parier que, comme sur Google Books, les Adwords y feront bientôt leur apparition... * on pourra lire à ce propos l’ouvrage de Jean-Noel Jeanneney, président de la BnF, intitulé “Google And the Myth of Universal Knowledge- A View from Europe”, dont une bonne partie est disponible ... depuis Google Books... ** plusieurs blogs – et notamment Affordance.info – ont publié des analyses très pertinentes sur ce sujet. |
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