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Netsources, Numéro de Juillet-Août 2006 - n°63 Google de-ci, de-là : pêle-mêle de nouveautésLe moteur préféré des internautes – Google bien sûr – a très vite compris les atouts des campagnes de presse et il fait tout pour occuper l’espace media, laissant fort peu de place à ses concurrents. C’est ainsi que ses communiqués de presse se multiplient, à un rythme qui donne le tournis. A la date du 31 août (soit à la fin de la 35ème semaine de l’année 2006), on pouvait compter dans son Press Center (http://googlepress.blogspot.com) pas moins de 95 annonces parues depuis le 1er janvier 2006, soit une moyenne de 2,7 actualités publiées par semaine ! |
Auteur : Béatrice Foenix-Riou |
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Certes, l’intérêt des annonces varie fortement – les communiqués
peuvent aussi bien présenter les résultats financiers du trimestre
que de nouveaux partenariats, annoncer l’enrichissement de services
existant que le lancement de nouveaux produits –, mais les
journalistes en quête de matière sont assurés de trouver là de quoi
enrichir leurs articles....
En complément de ces annonces destinées à la presse, il faudrait ajouter les nombreux billets publiés sur le blog officiel de Google (http://googleblog.blogspot.com/), ainsi que tout ce qui n’est pas réalisé par Google mais par des passionnés ; de nombreux sites Web, des blogs et des ouvrages sont en effet dédiés au moteur de recherche et les applications développées à partir de ses API sont diverses et variées... Devant cette actualité foisonnante, que nous ne pouvons pas toujours reprendre dans nos colonnes, nous avons eu envie de regrouper dans un article les nouveautés des derniers mois qui nous semblent les plus intéressantes, tant pour ce qu’elles apportent à l’utilisateur que pour ce qu’elles dévoilent des orientations futures du moteur... TOUT GOOGLE SUR UNE PAGEIl y a fort longtemps, l’activité première de Google était la recherche sur le Web. Puis vinrent (dans le désordre) la recherche sur les groupes de discussion, les images, les actualités, les vidéos, les cartes satellites, les livres, les blogs, le disque dur, etc. Ces services sont accessibles, en général, depuis un lien sur l’interface du moteur de recherche (Google.com, Google.fr...) et/ou via une adresse spécifique. Mais le nombre de services augmentant sans cesse, tous les liens ne peuvent bien sûr être proposés au-dessus de la zone de saisie du moteur... Google a donc profité du mois d’août pour revoir légèrement sa page d’accueil. Tous ses services sont désormais regroupés sur une page, accessible depuis le lien plus>> ou more>>, situé au-dessus de la zone de saisie. Si cette page s’avère fort utile, on regrettera que l’interface de Google.fr ne liste que les services en français (21 au total, classés dans les catégories Services Google et Outils Google), quand Google.com donne accès à 36 services (en anglais), classés dans les catégories Search, Explore and innovate, Communicate, show & share et Go mobile. On notera que l’accès à cette page depuis Google.com se fait en deux étapes ; un premier clic sur le lien more >> affiche une petite fenêtre avec les choix Books, Froogle, Groups, even more >>, et il faut cliquer sur ce dernier choix pour obtenir la page en question. Dans le même temps, Google a réduit le nombre de liens proposés au-dessus de la zone de saisie. Il n’en reste plus que quatre sur Google.fr (Web, Images, Groupes et Actualités) et cinq sur Google.com : Web, Images, Video, News et Maps. Le précieux lien Annuaire notamment, qui permettait d’interroger l’Open Directory, a disparu il y a peu de l’interface française et a été relégué sur la page plus >>. Sur la version américaine, il était depuis longtemps remplacé par le catalogue de produits Froogle, qui à son tour vient d’être évincé et a rejoint la page more >>... Certes, la version française de l’Open Directory est incomplète (de nombreuses rubriques n’ont pas d’éditeur) et sa mise à jour aléatoire. Mais l’ODP figurait parmi les rares annuaires généralistes encore valides... La disparition du lien risque fort de réduire encore un peu l’utilisation de ces outils, pourtant indispensables... GOOGLE SCHOLAR : NOUVELLES INTERFACES, NOUVELLES FONCTIONNALITEShttp://scholar.google.com/frC’est en novembre 2004 que Google a inauguré son service Google Scholar (voir Netsources n°53), destiné plus spécialement au monde universitaire et de la recherche. On y trouve essentiellement des articles scientifiques, des thèses, des ouvrages, des preprints, des rapports techniques, des comptes-rendus de congrès et autres travaux académiques en tous genres. Pour indexer ces documents (ou simplement les référencer), Google a donc conclu de nombreux partenariats avec des éditeurs publics et privés, des bibliothèques, des universités, des revues en open access... afin de rendre visible ce qui jusqu’ici appartenait souvent au Web invisible... Souhaitant internationaliser son service, Google a d’autre part cherché à multiplier à la fois les accords avec les bibliothèques de différents pays – le programme Liens vers des bibliothèques est ainsi proposé aux établissements de Hongrie, Islande, Israël, Portugal, Suède, Suisse... – et les interfaces dans différentes langues. Une version espagnole et une autre allemande de Google Scholar ont ainsi été lancées il y a quelques mois et, en juillet dernier, c’est l’interface en français qui a fait – très discrètement – son apparition sur le Web. Cette dernière est accessible depuis l’adresse http://scholar.google.com/fr ; on regrette qu’elle n’ait pas (encore ?) d’URL en propre, comme c’est le cas pour l’Allemagne (http://scholar.google.de) et l’Espagne (http://scholar.google.es). La version française – qui a choisi pour accroche “Sur les épaules d’un géant” – propose, sous la zone de saisie, les options “Rechercher sur le Web” et “Rechercher les pages en français” ; mais en fait, il s’agit bien de rechercher les références bibliographiques. En ce qui concerne les critères de recherche, ils sont classiques et identiques à ceux de la version internationale, avec notamment la possibilité de limiter la sélection aux titres des articles ou aux noms des publications ou des auteurs. Quant à la page de résultats, elle affiche les documents classés par pertinence, ce qui a pour conséquence que l’on obtient souvent de nombreux articles pouvant être très anciens en première page. Une petite amélioration a été apportée récemment avec le lien “Articles récents”, proposé en haut de la page de résultats ; contrairement à ce que l’on pourrait penser (et souhaiter) toutefois, ce lien ne permet pas d’obtenir un classement ante-chronologique des documents, mais un classement par pertinence des articles publiés après 2001... On peut faire varier cette date pour se limiter aux articles publiés depuis 2002, 2003... ou encore, depuis la grille de recherche avancée, aux articles parus entre deux dates données. D’autre part, afin d’enrichir sa collaboration avec les bibliothèques, Google Scholar indique, à droite du titre de l’article, la ou les bibliothèques – parmi celles qui participent au programme – qui sont abonnées à la revue sous forme électronique. Les chercheurs inscrits dans l’une de ces bibliothèques peuvent alors, dans les Préférences de Google Scholar, indiquer le nom de celle-ci et accéder ensuite directement à leur compte en ligne, afin de pouvoir obtenir le texte intégral du document. Sur ce point justement, un nouveau partenariat a été signé entre Google et l’Inist (Institut scientifique et technique du CNRS) le 11 juillet dernier. Dans le cadre de cet accord, les collections du fonds documentaire de l’Inist ont été référencées dans Google Scholar et le seront dans le moteur de recherche Google d’ici la fin du mois de septembre. Désormais, lorsque l’un des résultats de Google Scholar est présent dans le catalogue de l’Inist, la mention cat.inist.fr figure après le nom de la source. Lorsque l’on clique sur le titre de l’article, on affiche une page issue du Catalogue Cat.inist.fr, qui donne la référence bibliographique complète – avec souvent un résumé détaillé – et un lien vers le service de fourniture de documents de l’Inist (auquel il faut être abonné pour commander le document). Cat.inist.fr donne aujourd’hui accès à 12,5 millions de références bibliographiques (depuis 1973), issues des collections du fonds documentaire de l'Inist-CNRS et couvrant l'ensemble des champs de la recherche mondiale en science, technologie, médecine, sciences humaines et sociales. Ce fonds inclut une part importante des documents référencés dans les banques de données Pascal et Francis. On signalera enfin qu’une nouvelle fonctionnalité est proposée depuis le 22 août, sur la version américaine de Google Scholar uniquement. On trouve maintenant, au bas de chaque référence de la page de résultats, le lien Related Articles. Celui-ci permet d’afficher d’autres documents – bizarrement, il y en a toujours 101 – considérés comme couvrant le même champ que la référence initiale, mais avec éventuellement une approche – et donc des mots-clés – différents. Comme le dit Google dans son blog, c’est en quelque sorte un moyen de “sauter d’une épaule de géant à une autre”... Le concept est en tout cas intéressant et mérite à l’occasion d’être testé. Il se rapproche de la fonction “Pages similaires” sur le Web (opérateur related:) qui, curieusement, fonctionne très mal depuis quelques mois... Alors que la requête related:www.bnf.fr obtenait une trentaine de réponses toutes pertinentes (comme le site de la Biblioteca Nacional de España, de la British Library, de la BPI...), la même recherche aujourd’hui affiche quatre résultats, dont le site de la BnF, Gallica (le catalogue de la BnF) et une page offrant les coordonnées de la BnF, issues d’un site touristique ! De la même façon, related:www.societe.com identifie sept pages ... issues de Societe.com, alors que la même question permettait auparavant de repérer d’autres annuaires d’entreprises. Bizarre, bizarre ... L’enquête piétine. GOOGLE VIDEO STOREhttp://video.google.fr
Mais les finalités de Google Video évoluèrent rapidement. Afin d’enrichir le contenu de son offre, le moteur offrit au internautes un espace d’hébergement gratuit ; grâce à l’application Video Uploader, chacun pouvait télécharger ses fichiers, quels que soient leur poids ou leur durée. Après une première phase de collecte des œuvres, les vidéos furent ajoutées au programme et purent donc être recherchées et visualisées sur l’interface Google Video. Puis, Google modifia profondément sa politique de distribution et se transforma, pour la première fois de son histoire, en place de marché. Lors du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, en janvier 2006, Larry Page a ainsi annoncé l’ouverture d’un “Google Video store”, permettant aux internautes d’acheter ou de louer des fichiers vidéos tels que documentaires, émissions de télévision, retransmissions sportives, clips musicaux... Parallèlement aux clips gratuits téléchargés par les internautes, Google propose en effet de visionner, de façon payante, des émissions de CBS, des matchs de basket de la NBA, des interviews de Charlie Rose, des clips musicaux de Sony BMG, des dessins animés de Classic Media, des programmes éducatifs, des clips issus de la collection Getty Images, des films de producteurs indépendants... Plus généralement, tout internaute téléchargeant une œuvre sur Google Video peut choisir si le visionnage de cette œuvre doit être payant ou non. Mais contrairement à la politique d’Apple avec iTunes, c’est ici le fournisseur qui fixe son prix. Celui-ci peut varier par exemple de 0,49$ pour un clip de deux minutes à 19,99$ pour une vidéo deux heures. Google quant à lui se rémunère à hauteur de 30 % du chiffre d’affaires généré. L’utilisateur pour sa part a la possibilité d’acheter ou de louer la vidéo ; en fait, selon les cas, il peut la télécharger sur son ordinateur et/ou la visionner en ligne pendant 24 heures. Le règlement s’effectue grâce à un système de paiement en ligne. La lecture des vidéos ne peut cependant se faire qu’en utilisant le Google Video Player, ceci pour protéger les données... Les vidéos libres de droit peuvent quant à elles être téléchargées sur un ordinateur personnel ou sur des appareils portables comme l’iPod vidéo d’Apple. L’interface de Google Video se démarque clairement des autres services Google et a adopté un aspect “marchand”. L’écran d’accueil affiche une profusion de clips, classés par catégories. Les possibilités de recherche sont basiques : on peut afficher les clips d’une catégorie (Top 100, Comedy, Music videos, Movies, Sports...), ou lancer une recherche par mot sur le titre et la description des clips. Depuis la page de résultats, on peut affiner la sélection en limitant selon la durée ou le type de video (gratuit ou payant) ; on peut aussi classer les résultats par date ou par titre. Aujourd’hui, il semble que Google Video entre dans une nouvelle phase de développement. Le service occupe en effet une place privilégiée au sein des multiples diversifications de Google, puisqu’il est depuis peu accessible via un lien, au-dessus de la zone de saisie du moteur Google.com. Et des versions nationales de ce service ont été lancées simultanément en juillet en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, au Royaume-Uni et au Canada. Dans son communiqué, Google promet une page d’accueil dans la langue du pays et un contenu vidéo propre à chacun (avec, bien sûr, un accès à l’index mondial). Pour la France, Google a ainsi conclu des partenariats avec l’INA, Arte, la Cousteau Society, mais aussi avec Allocine, Canalplay... Actuellement cependant, si Google Video France (http://video.google.fr) offre bien une page d’accueil en français, avec des vidéos classées par catégories (comme dans la version américaine), l’offre provient majoritairement des Etats-Unis. On notera par ailleurs que, pour le moment du moins, seule la version américaine propose des vidéos payantes. Google entend donc prendre pied sur le marché de la vidéo. Malgré sa notoriété, il aura sans doute du mal à s’imposer face à des sites comme YouTube.com, qui connaît depuis son lancement un succès phénoménal (19,6 millions de visiteurs en juin !). Il devra d’autre part compter sur la concurrence de services tels iTunes d’Apple, ou encore Yahoo! Video, dont la version américaine propose elle aussi aux internautes – depuis peu – de télécharger et de partager leurs vidéos... GOOGLE SYNONYMEShttp://david.dotgeek.org/google/syn/Cela fait plusieurs années que Google a lancé son “laboratoire d’idées” Google Labs (http://labs.google.com), qui permet aux internautes de découvrir en avant-première les outils d’aide à la recherche sur lesquels travaillent les ingénieurs de Google. On a ainsi vu apparaître en décembre 2004 l’outil Google Suggest (http://labs.google.com/suggest, voir Netsources n°53), qui affiche une petite fenêtre contenant, au fur et à mesure de la saisie de la requête, dix mots ou expressions commençant par les lettres déjà saisies, avec en regard le nombre de résultats qu’une requête avec eux obtient sur Google. S’inspirant de cet outil, David Coallier, un jeune développeur passionné (voir son blog http://blog.agoraproduction.com/), a conçu en juin dernier un service similaire mais bien plus intéressant. Réalisé d’après ses dires en quelques heures, pour répondre aux attentes de sa petite amie, Google Synonymes offre une interface exactement semblable à celle des produits “made in Google Labs”, mais avec une URL qui lui est propre. A la manière de Google Suggest, la saisie d’un mot affiche une fenêtre comprenant cette fois-ci une liste, pouvant être importante, de synonymes. D’après son concepteur, l’application identifie automatiquement la langue du navigateur et recherche dans des thesaurus – on ne sait pas lesquels – des synonymes dans cette langue. On ne peut donc pas choisir sa langue d’interrogation, sauf à disposer de plusieurs navigateurs dans des langues différentes. Google Synonymes fonctionne aujourd’hui pour des mots en français, en anglais, en espagnol et en allemand. Certes, le service est imparfait et possède encore quelques bugs : l’application ne fonctionne pas avec Internet Explorer (!), les accents sont mal gérés... Mais il se révèle néanmoins très performant, du moins pour les mots en français. La comparaison des réponses obtenues, pour une même requête, sur le Dictionnaire des Synonymes de l’université de Caen (voir Netsources n°61) et sur Google Synonymes, montre que les deux outils ont une pertinence comparable, même si le dernier fonctionne sans doute de façon moins rigoureuse. On regrette d’autant plus que Google Synonymes soit une application créée “à la va-vite” par un passionné, qui n’a pas les moyens mis à la disposition des “Googlers”... Mais l’outil mérite que l’on s’y intéresse... http://david.dotgeek.org/google/syn/ |
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