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Bases, Numéro de Avril 2006 - n°226 Les traditionnels prix i-expoTradition solidement établie dans la manifestation, une série de prix ont été remis à l’occasion du salon. Rappelons que, exception faite notamment du prix spécial du jury, les prix sont décernés à des exposants qui ont spécifiquement fait acte de candidature.
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Auteur : François Libmann |
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Cette année par exemple, la distinction entre le prix i-expo
mention entreprise et le prix i-expo de la veille et de
l’intelligence économique, n’a pas parue totalement évidente aux
candidats qui, pour la plupart, présentaient des produits dans
l’une et l’autre catégorie, l’un des candidats concourant même dans
les deux catégories avec le même produit, sans doute pour augmenter
ses chances !
PRIX I-EXPO, MENTION ENTREPRISECe prix récompense un service d'information ou un logiciel, développé par une entreprise, qui répond de façon innovante à un besoin du marché. Le premier nominé pour ce prix était Polyspot, pour son produit Polyspot Entreprise Search 3.5. C’est une solution de recherche et de navigation qui peut utiliser de multiples sources, tant internes qu’externes, dans des formats très variés (plus de 300), comprenant par exemple des sites Web ou des agrégateurs tels que Factiva et LexisNexis. Les concepteurs du produit estiment que lors d’une recherche, après quelques précisions de la question, un utilisateur ne doit pas obtenir plus de dix réponses. Polyspot offre donc des méthodes de filtrage dynamique qui ne font pas appel à la linguistique, mais à la gestion de la terminologie et à une analyse de co-occurrence des termes, de leur position respective et de leur rareté. Polyspot s’appuie sur la technologie MatchPoint, co-développée par la société américaine TripleHop Technologies et par la société française du même nom – qui n’avait pour autant aucun lien capitalistique avec la première. TripleHop avait reçu en 2004 le prix de l’info-logiciel Henri Alardo (Bases n° 205). Depuis, la société américaine a été rachetée par Oracle et la société française, restée indépendante, a changé son nom en Polyspot. Elle intègre dans ses produits une technologie Oracle dérivée de MatchPoint. Signalons par ailleurs que Find.com le moteur de recherche prometteur lancé en 2004 avec cette technologie, semble avoir arrêté ses activités, faute d’avoir pérennisé son financement. Le second nominé était Digimind pour son produit Digimind Finder, l’un des quatre modules (lancé récemment) de la plate-forme de veille Digimind Evolution. Cet outil se définit comme un métamoteur du Web invisible, et propose d’interroger des banques de données, non indexées par les moteurs de recherche. L’outil utilise pour cela un algorithme d’apprentissage automatique des règles d’extraction. Outre les fonctions classiques de “métamoteur” sur les sites de son choix, Digimind Finder se distingue par les possibilités de recherche qu’il offre au sein des résultats obtenus. Les résultats trouvés dans les sites interrogés sont en effet regroupés dans plusieurs fenêtres et indexés à la volée ; l’utilisateur peut ensuite lancer des requêtes bien plus complexes sur le texte intégral de ces documents. L’objectif de Digimind Finder est de permettre une meilleure exploitation des ressources du Web invisible dans l’alimentation d’un système de veille. Cet intérêt a conduit Digimind à publier au début de l’année un livre blanc, qui a été présenté en appui de la candidature de Digimind Finder. Nous avons été quelque peu surpris que ce livre blanc, dans un domaine qui bouge aussi vite, s’appuie pour l’essentiel sur les données d’une étude publiée en 2000 par la société Bright Planet. Nous avons été encore plus surpris de constater que la description de l’offre des grands serveurs (LexisNexis, Dialog, DataStar, Factiva) était expédiée en quelques lignes, sous le prétexte que “ces banques de données à très forte notoriété” ne représentaient que quelques pourcents du Web profond ! Laisser croire qu’une veille stratégique professionnelle puisse être conduite en considérant ces sources comme marginales nous laisse pour le moins perplexe. Le troisième nominé, qui a remporté le prix, était BEA Conseil pour la version 3.0 de KB Crawl. KB Crawl est un outil de surveillance de sites Web, qui permet de suivre les modifications apportées à des pages ou sur des sites choisis. L’utilisateur peut demander à être informé de tous les changements ou de certains seulement, grâce à la possibilité de filtrer ces nouveautés par des mots-clés. Les pages et les sites surveillés peuvent être dans un grand nombre de formats, les nouveautés de la version 3.0 étant la possibilité de prendre en compte les pages en format flash ou le contenu textuel d’une image. Cette version 3.0 voit aussi une amélioration de l’ergonomie du produit et la mise à disposition de modules externes complémentaires, tels que KB Crawl Mail, qui permet de gérer les mails d’alerte. Ce prix étant destiné à récompenser une entreprise plutôt qu’un produit, on dira quelques mots de la stratégie de BEA Conseil, SSII créée il y a 10 ans, qui a vu la part de KB Crawl dans son chiffre d’affaires passer de 8 % en 2003 à 45 % en 2005. On notera le parti pris de BEA Conseil d’offrir avec KB Crawl un produit à un prix très raisonnable, qui ne couvre certes pas toutes les problématiques de surveillance des différentes composantes du Web, mais qui s’inscrit comme une réponse performante à une problématique bien ciblée. KB Crawl peut de plus être couplé avec d’autres outils comme Alexandrie de GB Concept, Cindoc, Polyspot ou Temis. PRIX I-EXPO DE LA VEILLE ET DE L’INTELLIGENCE ECONOMIQUENouveauté de l’année 2006, ce prix récompense le service ou l'outil qui répond de façon innovante aux besoins d'une activité de veille ou d'intelligence économique. Deux candidats seulement ont été nominés. Le premier est Swets Information Services, pour SwetsWise Searcher. Swets Information Services compte parmi les plus grandes agences d’abonnement. D’après le Sniel en effet, elle détenait en 2004 28,6 % du marché français, derrière le leader Ebsco Information Services. Elle offre une plate-forme baptisée SwetsWise, composée de cinq modules intégrés dans une même interface ; on trouve notamment un module de gestion des abonnements, un autre permettant l’accès à des publications électroniques et le module SwetsWise Searcher, qui est une interface de recherche fédérée sur des bases de données, des documents internes, des fils RSS…. Parmi les originalités de cette solution, on notera le processus de test automatisé réalisé sur les 600 connecteurs mis à disposition des utilisateurs, avec envoi par mail d’un lien vers un nouveau connecteur si un problème a été détecté. Un autre élément important est l’utilisation de la technologie de Vivisimo, pour réaliser une clustérisation très rapide des résultats. Le deuxième à avoir été nominé est Organic Information Solutions pour son produit InfoCodex Veille, qui a remporté le prix. Organic Information Solutions avait déjà remporté le prix i-expo jeune entreprise en 2005 et nous avions présenté Infocodex à cette occasion (Bases n° 217, juin 2005). Cette société est spécialisée dans les solutions multilingues de classification automatique et de recherche de documents utilisant des techniques d’analyse sémantique et de reconnaissance de concepts. Ce nouvel intervenant sur le marché français (il est d’origine suisse) présentait une application du produit InfoCodex à la veille. Le système recherche à une fréquence paramétrable dans les sources, tant internes qu’externes, que l’utilisateur aura sélectionnées. Puis, le moteur d’extraction des connaissances extrait les concepts : - soit de l’ensemble des recherches depuis l’origine, ce qui permet de voir, le cas échéant, l’apparition de nouveaux concepts et, en tous les cas, l’évolution de l’importance des concepts détectés ; - soit de la dernière mise à jour, ce qui permet de comparer les concepts mis à jour à ceux des mises à jour précédentes. PRIX I-EXPO, MENTION ORGANISME PUBLICCe prix récompense un service d'information ou un logiciel, développé par un organisme public, qui répond de façon innovante à un besoin du marché. Un seul candidat a été nominé dans cette catégorie, ce qui a fortement réduit le suspense ; comme l’on pouvait s’y attendre, l’Inist-CNRS a donc remporté le prix pour son portail terminologique multidisciplinaire TermSciences. TermSciences est né du souhait de l’Inist de trouver une nouvelle forme de mise à disposition du vocabulaire d’indexation de ses banques de données Pascal et Francis, dont l’édition papier a été arrêtée il y a plusieurs années. Ce souhait de l’Inist a rencontré des problématiques analogues auprès d’autres EPST (établissement public à caractère scientifique et technique). Compte-tenu de l’évolution des technologies c’est, bien évidemment, une solution en ligne qui a été choisie, permettant de faire évoluer le concept et les possibilités offertes. TermSciences propose aujourd’hui plus de 600 000 termes désignant plus de 180 000 concepts. L’objectif est, pour chaque terme, de proposer une ou des définitions, les contextes d’utilisation, des traductions en plusieurs langues et des synonymes. Pour le moment, tous ces éléments ne sont pas présents pour tous les termes, mais l’objectif est d’enrichir progressivement les éléments disponibles. Les termes proviennent de plusieurs sources : - les vocabulaires d’indexation des banques de données de l’Inist, Pascal et Francis ; - le thésaurus du MeSH en français et en anglais dans le domaine médical ; - le vocabulaire des biotechnologies de la reproduction de l’Inra ; - le thésaurus de la BDSP (banque de données en santé publique). Il est prévu de rajouter d’autres données, telles que le thésaurus du Cemagref, ainsi que son lexique d’hydrologie et le thésaurus de linguistique de l’Atilf (Analyse et traitement informatique de la langue française, un laboratoire du CNRS). Des contacts sont en cours avec d’autres organismes, pour élargir encore le contenu de TermSciences. Une fois un terme sélectionné, il est possible d’un simple clic de lancer une recherche sur ce terme et ses synonymes dans Article@Inist, PubMed, la BDSP, le moteur spécialisé dans l’IST Scirus ou Google Scholar. TermSciences est gratuit pour le moment et a vocation à le rester, l’Inist apportant une grande partie des moyens nécessaires à son fonctionnement. PRIX SPECIAL DU JURYLe prix spécial du jury pour la meilleure initiative de l’année récompense une initiative dans le secteur de l'information professionnelle, émanant aussi bien d'une société, d'un organisme public, d'une association ou d'un groupe de travail... Deux candidats ont été nominés pour ce prix. Le premier est Scopus, le nouveau produit d’Elsevier, mettant à disposition des chercheurs (essentiellement) plus de 27 millions de références d’articles de type scientifique et technique. Son interface a été mise au point après une longue concertation avec des chercheurs et des professionnels de l’information. Nous avons présenté Scopus en détail dans le numéro 223 de Bases. Le second nominé, qui a remporté le prix, est l’association Internet+, pour son produit Internet+ Pro. Ce service veut relancer sur Internet le système du Kiosque, qui avait si bien marché avec le Minitel. Un premier Kiosque, visant plus particulièrement le grand public, avait été lancé en juin 2005 sous le nom d’Internet+. Le service fonctionne de la façon suivante : l’utilisateur paye ses achats d’information ou de service à son fournisseur d’accès Internet (FAI), qui en reverse le montant diminué de sa marge au fournisseur de l’information ou du service. Ce service a plutôt bien démarré puisque, sur les six premier mois d’exploitation en 2005, trois millions d’achats ont été réalisés, représentant un chiffre d’affaires de 6,3 millions d’euros. A l’occasion d’i-expo, une version professionnelle baptisée Internet+ Pro a été lancée. Le service est plutôt œcuménique, puisque les principaux fournisseurs d’accès y participent – Alice, Club Internet, AOL, Wanadoo/Orange et Neuf Cegetel – et qu’il est soutenu par nombre d’associations importantes dans le secteur : l’ACSEL (Association pour le commerce et les services en ligne), la FNPS (Fédération nationale de la presse d’information spécialisée), le Geste (Groupement des éditeurs de services en ligne) et le GFII (Groupement français de l’industrie de l’information). Parmi les premiers services disponibles sur Internet+ Pro, on notera les dépêches de l’AFP, les informations financières sur les entreprises proposées par Verif et Coface-Services, l’annuaire inversé Quidonc, les outils juridiques de NetPME, les services de Thybris, Les Echos, Pressedd, les cotes des véhicules d’occasion de l’Argus (!), MediaDico et le Who’s Who. Le principe du service professionnel est très légèrement différent de celui destiné au grand public. En effet, les entreprises ou administrations qui souhaitent que leurs collaborateurs puissent y accéder acquittent un abonnement de 30 ou 60 € par mois, qui leur permet de définir précisément quel salarié a accès au service, de limiter éventuellement les services accessibles et de fixer le cas échéant un plafond de consommation. Le jury a considéré que cette initiative pouvait constituer un événement marquant pour l’industrie de l’information professionnelle, en offrant un dispositif simplifié d’achat d’information pour les entreprises. LES AUTRES PRIXLe prix du meilleur stand a été décerné au stand de l’Office Européen des Brevets et le prix du dessin d’humour sur le thème “Information numérique, à la conquête de nouveaux territoires”, a été décerné à ROUSSO, en partenariat avec l’association Gueules d’Humour. |
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