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Bases, Numéro de Février 2006 - n°224 Google Finance : quand Google marche sur les plates-bandes de Yahoo!Le 21 mars, Google a lancé un service d’informations financières en version bêta, baptisé Google Finance. Selon Katie Jacob-Stanton, chef de produits du groupe, la décision de lancer ce nouveau service a été prise suite à un sondage effectué auprès des utilisateurs du moteur, pour savoir quels produits seraient le mieux à même d’accroître encore la valeur ajoutée de la sphère Google. ... |
Auteur : Jennifer Clerté |
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A l’issue de ce sondage, deux propositions ont fait l’objet de
nouveaux développements : les cartes avec Google Maps et la
finance, avec Google Finance.
Ce dernier regroupe en fait des informations détaillées issues de nombreuses sources (Reuters...), concernant les sociétés cotées sur les marchés des Etats-Unis bien sûr, mais aussi sur ceux d’Amsterdam, de Bruxelles, de Lisbonne, de Paris et de Toronto. La couverture internationale est d’ailleurs amenée à s’étendre progressivement. Certes, des services de ce type sont d’ores et déjà proposés par plusieurs sites Web et l’on compte dans le domaine de l’information financière sur Internet des acteurs de poids. Yahoo! Finance est ainsi en tête avec 31,4 millions de visiteurs par mois, suivi de MSN Money et AOL Finance, qui comptent respectivement 21 et 14,3 millions de visiteurs par mois. Yahoo! représenterait 31,9 % de part de marché, selon la société d’étude Web Hitwise. Pour se démarquer de ses concurrents, il était donc crucial pour le géant du Web de ne pas se limiter à faire du neuf avec du vieux. Loin de reproduire à l’identique les outils déjà disponibles, Google propose donc plusieurs nouveautés susceptibles de faire de l’ombre à Yahoo! et MSN. UN ACCUEIL PERSONNALISELa page d’accueil du service est accessible à l’adresse suivante : http://finance.google.com. Si l’intérêt principal de Google Finance réside dans les informations nombreuses et variées fournies sur les sociétés cotées, sa page d’accueil offre néanmoins certaines options originales. L’écran est en effet divisé en deux parties : • à gauche, sont regroupées les informations économiques et financières générales (Market Summary), avec les données quotidiennes des principaux indices du marché boursier américain : Nasdaq Composite Index, Dow Jones Industrial, S&P 500 et NYSE Composite Index. Ces données sont suivies des actualités économiques et financières de la rubrique Business de Google News (Today’s Headlines) ; • l’espace de droite est consacré à l’information personnalisée. Ainsi, à chaque fois que l’utilisateur effectue une recherche sur une société, celle-ci est mémorisée, dans la limite de 12 sociétés. Lors de chaque nouvelle connection, on retrouve ensuite dans un tableau intitulé Recent Quotes les dernières cotations des actions de ces sociétés. Sous ce tableau, la rubrique Related News regroupe quelques articles relatifs à ces sociétés et issus de Google News. Enfin, on trouve bien sûr le champ de requêtes en haut de la page d’accueil. TOUJOURS A LA POINTE DE LA RECHERCHEContrairement à plusieurs sites financiers, qui ne permettent qu’une recherche par “Ticker symbol”, la zone de saisie de Google Finance peut être utilisée pour effectuer des recherches par “Ticker symbol”, mais aussi par nom de société, pays, nom de dirigeant, ou mot-clé concernant le domaine d’activité de l’entreprise. Il semble en fait – mais Google ne donne aucune indication sur ce point – que la recherche se fasse sur une partie de la “fiche profil” des entreprises et notamment sur le “portrait” de la société (issu le plus souvent de fiches Reuters) et la liste des dirigeants. Quelle que soit la requête, Google affiche ensuite les listes des sociétés puis des fonds de placement qui répondent à la question, avec pour chaque résultat le nom et le code de l’action, ainsi que différentes données s’y rapportant (cours, variation, capitalisation boursière). Un clic sur le nom permet alors d’obtenir le profil détaillé de l’entreprise (ou du fonds de placement). DES FICHES PROFIL RICHES ET CLAIRESLa partie supérieure de l’écran présente les données boursières de l’action. Ces données chiffrées sont suivies d’un graphique reproduisant l’évolution du cours de l’action, qu’il est possible de consulter depuis avril 2001. Un curseur, situé en haut du graphique, permet de naviguer le long de celui-ci et de se positionner sur la période de son choix. A la droite de ce graphique, se trouve la liste des actualités rediffusées par Google News à propos de la société. Rappelons que Google News indexe plus de 4 500 sources d’actualités anglophones ; on trouve donc des articles issus de sources économiques et financières (Forbes, Trading Markets, NewsRatings.com...), mais aussi de revues spécialisées (Therapeutics Daily...). L’atout du service réside dans le fait que les actualités sont mises en relation avec le graphique. Chaque titre est ici précédé d’une lettre, qui est représentée également sur le graphique. Et l’on peut alors, en cliquant sur la lettre – depuis le graphique ou depuis le fil des actualités –, voir si l’actualité en question a eu une quelconque incidence sur l’évolution du cours de l’action. Cette mise en corrélation des actualités et du graphique est sans doute l’une des grandes innovations de cet outil. Cette première partie de l’écran est suivie de plusieurs encadrés regroupant différents types d’information : • Company Facts présente les principales données connues sur la société : chiffre d’affaires, bénéfice, nombre d’employés, adresse, site Web, etc ; • Company Summary offre un portrait détaillé de la société et de son activité. Ce descriptif est issu le plus souvent des Company Profiles proposés par Reuters. Dans ce cas, un lien More from Reuters donne accès à la fiche complète sur le site (www.investor.reuters.wallst.com) ; • Company Financial livre les différentes données financières disponibles : compte de résultats, bilan, cash flow... • Related Companies établit la liste des sociétés qui se trouvent d’une manière ou d’une autre en rapport avec la société sélectionnée : entreprises du même secteur, concurrents ou partenaires… Google indique que ces résultats sont déterminés par un algorithme de recherche, qui identifie automatiquement les entreprises ayant été associées dans le passé, à partir de recherches sur le Web, dans la presse et dans d’autres sources. En complément de cette liste, Google indexe l’entreprise sélectionnée dans une arborescence secteur > industrie > catégorie > sous-catégorie relativement fine, et permet d’un simple clic d’afficher la liste des autres entreprises indexées dans une rubrique donnée. Pour Sanofi-Aventis par exemple, Google propose : • Sector: Healthcare > Industry: Biotechnology & Drugs • Category: Healthcare > Scientific Products > Analytical Instruments • Category: Healthcare > Biopharmaceuticals > Neurology > Psychiatric Disorders. L’origine de cette indexation n’est malheureusement pas précisée. • Management fournit la liste des dirigeants de la société avec leur fonction et, quelquefois, leur âge, la date d’entrée en fonction et leur photographie. Très souvent, un lien est proposé vers la biographie du dirigeant, issue de Reuters. Parfois, un lien est également proposé vers la fiche Trading activity de Yahoo! Finance, qui présente les prises de participation du dirigeant en question ; • Blog Posts propose les trois derniers billets parus dans des blogs et retrouvés par Google Blog Search, à propos de la société consultée ; en fait, la recherche n’est pas faite avec le nom de la société mais avec son “Ticker symbol”. Un lien More blogs affiche la page de résultats, sur Google Blogsearch ; • Discussions diffuse, de la même façon, le dernier message posté sur les forums de discussion – et retrouvé via Google Groups – contenant le Ticker symbol de la société ; • More Resources propose enfin des liens vers d’autres sites d’informations financières, disposant d’éléments complémentaires sur la société consultée. Une recherche sur The Coca Cola Company affiche ainsi des liens vers les sites suivants : • TheStreet, qui offre des estimations d’analystes ; • Edgar Online, qui diffuse les rapports des sociétés visées par la SEC (Securities and Exchange Commission) ; • MSN Money, qui permet de connaître les actionnaires majoritaires ; • Wikipedia, qui met à disposition des internautes une présentation des sociétés consultées ; • MarketWatch, qui contient des informations concernant les options ; • Yahoo! Finance, qui propose une liste d’études financières, mais aussi un graphique comparant le cours des actions des principaux concurrents (pour Coca Cola par exemple, on retrouve un graphique comparant les cours de son action et de celles de Cadburry Schweppes, Pepsi Co et National Beverage) ; • Aol Finance enfin, qui présente le calendrier de événements propres à chaque société. Le point fort de Google Finance est donc d’agréger, en une page présentée de façon claire et synthétique, des informations issues de multiples sources, partenaires mais aussi concurrentes... Une stratégie certes audacieuse mais qui, eu égard au trafic généré par la “sphère Google”, profitera aussi à ses concurrents... QUOI DE NEUF SOUS LE SOLEIL?Au total, Google Finance présente plusieurs avantages par rapports aux produits concurrents offerts par Yahoo! et MSN. On apprécie en premier lieu la présentation synthétique – la sobriété des interfaces a toujours été l’un des points forts de Google – , avec toutes les informations disponibles sur une seule et même page. On aime également qu’un seul et même champ de requête permette d’effectuer des recherches sur le nom de la société, son Ticker symbol, le nom d’un dirigeant ou sur un mot-clé. Quant au graphique interactif, il constitue sans doute la principale attraction technologique de l’outil. Pour ce qui est des actualités, Google, comme Yahoo! et MSN rediffusent les informations retrouvées par leur moteur de news. Yahoo! et MSN ont cependant fait le choix de créer leur propre équipe de journalistes, afin de proposer en complément des articles de fond rédigés par des experts et exclusivement disponibles sur leur site. Yahoo!, par exemple, dispose d’une équipe de 12 journalistes qui écrivent des articles exclusifs pour les rubriques sectorielles du site. Par ailleurs, Yahoo! Finance et MSN Money offrent des interfaces de leurs services financiers pour plusieurs pays dont la France. Si les données sur les sociétés cotées seront sensiblement les mêmes que sur Google Finance, ces services offriront en revanche des articles de la presse nationale que l’on ne retrouvera pas sur Google Finance, restreint à la presse anglophone. Par exemple, à la date du 20 avril, l’actualité la plus récente concernant Renault (sur Google Finance) était une dépêche de Reuters datant du 10 février, quand Yahoo! Finance France (http://fr.finance.yahoo.com) comme MSN Money France (http://money.msn.fr) offraient des dépêches et articles publiés le jour-même. Google précise toutefois dans son communiqué qu’il compte étendre son service et offrir ultérieurement des interfaces propres à différents pays. Mis à part ce point, il faut admettre que Google Finance remporte la palme haut la main, puisqu’il est aussi le seul à prendre en compte les blogs et les forums de discussion et à offrir de très nombreuses biographies de dirigeants. Il y a fort à parier que Yahoo! Finance et MSN Money, qui se reposaient un peu sur leurs lauriers, offrent prochainement quelques nouvelles fonctionnalités, afin de ne pas se laisser distancer par cet incorrigible empêcheur de tourner en rond qu’est Google ! INFORMATIONS : http://finance.google.com |
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