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Bases, Numéro de Mai 2004 - n°205 i-expo 2ème édition : du mieux... |
Auteur : François Libmann |
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Cette deuxième édition d’i-expo s’est déroulée dans de meilleures
conditions que la précédente. Il n’y a pas eu de grèves et la
communication fut plus intense que l’an passée, en particulier
grâce au quotidien Les Echos et à la radio BFM, nouveaux
partenaires de la manifestation.
Le nombre d’exposants était plus important qu’en 2003, sur une surface d’exposition plus ramassée, confirmant la tendance à la diminution de la surface moyenne des stands. L’ADBS enfin, sans pour autant participer à l’organisation de la manifestation, était à nouveau présente. Quant au congrès, certaines sessions ont connu du succès et d’autres moins, avec pour la première fois, en parallèle pendant les deux premiers jours, une conférence en anglais sur le thème “Information Architecture” organisée par l’éditeur américain Information Today. On notera par ailleurs le grand succès du forum gratuit, organisé par Delphes et la CCIP sur le thème L’Information économique territoriale : sources et acteurs. Le nombre de visiteurs était quant à lui en progression légère – de 5 193 à 5 680 (+ 9,3 %) – tandis que le nombre de congressistes payants était plutôt à la baisse. Certains exposants étaient satisfaits – voire très satisfaits – du visitorat, tandis que d’autres l’étaient moins, la plupart signalant la “qualité” des visiteurs. SUCCES DU VILLAGE VEILLEC’est sans conteste le village Veille qui créa l’événement de ce salon. Organisé par le magazine éponyme, il proposait un stand clé-en-main avec l’accès à un espace de démonstration au sein du village et une promotion spécifique. Le succès de cette initiative fut une agréable surprise pour ses organisateurs, puisque dix-sept sociétés ou organismes ont finalement participé à ce village qui a d’ailleurs, de façon méritée, obtenu le prix du meilleur stand. Il faut dire que cette formule était attractive pour les exposants, puisque la location d’un (petit) stand sur le village était nettement moins chère que sur le reste du salon (où les stands étaient plus grands), et que l’on bénéficiait en complément de différents services inclus dans le package. Cela n’a d’ailleurs pas été sans poser des problèmes avec l’organisateur du salon, qui y a vu une forme de concurrence. Cela étant, même si la surface des stands du village Veille était nettement plus petite que celle des autres stands de l’exposition, il n’en est pas moins vrai que le “bourdonnement” qui y régnait en a fait un pôle d’attraction. Certes, l’affluence que l’on pouvait rencontrer sur le Village était due en partie à la présence d’un grand nombre d’exposants sur une petite surface ; mais c’est aussi cette concentration qui a, en soi, attiré du monde. En tout cas, les exposants ont été ravis de cette formule ; quant aux organisateurs, ils ont démontré qu’une opération spécifique bien pensée pouvait rencontrer du succès, pour peu que l’on sache innover en répondant à des besoins latents. Une promotion adaptée est bien évidemment néces-saire ; dans ce cas précis, elle s’appuyait sur les réseaux du magazine Veille et sur le magazine lui-même. Ce succès montre par ailleurs que le concept de salon spécialisé n’est pas nécessairement rendu obsolète par : - le développement d’Internet, qui permettrait d’obtenir sans se déplacer toutes les informations que l’on souhaite ; - le fait que les professionnels ont de moins en moins de disponibilités, effet conjugué des 35 h et des réductions généralisées d’effectifs et de budgets ; - la tentation, pour les acteurs d’une certaine taille, de préférer des opérations de relations publiques dans des lieux prestigieux, pour une sélection de clients/prospects issus de grands comptes. Ce type d’actions est moins onéreux que la présence à un salon, et permet de mieux mesurer les retombées à court terme ; mais il n’est pas sûr que les clients “grands comptes” ne se lassent pas de ces invitations multiples et ne souhaitent pas une unité de lieu et de temps. Par ailleurs, cela limite aussi singulièrement la clientèle potentielle. D’après Serge Chambaud, président du comité d’organisation, il faut arrêter de penser que l’on retrouvera un jour, au moins à court terme, une manifestation dans les allées de laquelle on se bouscule ; mais le concept de salon spécialisé dans le domaine de l’information électronique a, selon lui, toujours un avenir. Ceci ne l’empêche pas, c’est même le contraire, d’avoir une réflexion poussée sur la conception, la promotion et l’organisation du salon. On peut donc continuer de penser que la profession et le secteur ont besoin de la tenue d’une telle manifestation, qui constitue un lieu de rencontre annuel permettant notamment : - de faire un tour d’horizon large de l’offre du secteur, même s’il n’est pas exhaustif ; - de “fluidifier” les relations entre un grand nombre d’acteurs du secteur, de leur faire gagner du temps ou de susciter des rencontres qui n’auraient peut-être pas eu lieu autrement ; - à des nouveaux venus de découvrir le secteur et son offre, qu’il s’agisse d’étudiants (il n’y en avait pas tant que cela cette année) ou de salariés d’entreprises ou d’organismes s’étant découvert un intérêt pour l’information électronique, l’intelligence économique, la veille sur Internet et ses outils de gestion... Ceux-là ne sont pas nécessairement dans les fichiers des uns et des autres. De nombreux exposants – dont certains acteurs importants du secteur – hésitent pourtant à venir, considérant que la présence à cette manifestation est extrêmement onéreuse et que la rentabilité, calculée à partir des nouveaux clients issus des contacts noués au salon, est insuffisante. Si Dun & Bradstreet ne participe plus depuis longtemps à ce salon, certains ont hésité jusqu’au dernier moment, comme Factiva par exemple, qui a finalement renoncé à venir. Certes, nous n’avons pas à juger de la façon dont les exposants calculent la rentabilité de leur participation à une telle manifestation ; mais on peut néanmoins faire remarquer que les grands acteurs ont une forme de responsabilité collective dans l’animation du secteur, même si les retombées ne sont pas immédiates. Le “retour sur investissement” ne se mesure pas uniquement en terme de nouveaux clients à court terme, de préférence grands comptes... UN POSITIONNEMENT QUI A EVOLUESi les anciennes manifestations IDT étaient en quelque sorte une grande réunion de famille rassemblant les documentalistes et autres professionnels de l’information, on a pu observer un glissement important du nouvel i-expo, qui se présente comme “la manifestation de l’information numérique, contenus et solutions”. Après la crise de l’an dernier, l’ADBS était certes de retour – et a même choisi i-expo pour lancer sa campagne d’image (voir pp.8-9) –, mais les documentalistes ne sont plus la seule clientèle visée par cette manifestation. En tout état de cause, on peut penser que le nombre de documentalistes ayant le temps et les moyens de venir à i-expo – et en particulier au congrès – est plutôt en baisse. Cependant, si la notion d’information numérique élargit la cible, elle introduit aussi la difficulté que les personnes potentiellement intéressées sont beaucoup plus difficiles à identifier, ce qui a motivé d’ailleurs la politique de partenariat avec de nombreuses associations. Il faut reconnaître que ces partenariats ont eu des résultats tangibles très variables d’une association à l’autre, et il y aurait sans doute plus d’opérations spécifiques à imaginer pour faire venir leurs membres. D’autre part, Serge Chambaud pense qu’outre une promotion générale plus importante, comme celle qui a été réalisée cette année, les exposants ont un rôle à jouer pour la promotion de la manifestation. Si cela paraît être une piste intéressante, il faut aussi avoir conscience qu’il faut un minimum d’altruisme ou de conscience collective à un exposant pour inviter des prospects ou des clients, au risque de leur faire découvrir des offres concurrentes, même si la présence de cet exposant à la manifestation et l’invitation qu’il envoie sont en soit valorisantes. Pour revenir un instant sur le positionnement de la manifestation, on s’étonnera qu’Internet ne soit pas plus mis en avant et utilisé, alors que la connexion quotidienne ou fréquente à Internet est un élément fédérateur du public visé. Certes, dans le village Veille notamment, de nombreux outils de recueil et de traitement de l’information issus de l’Internet étaient présentés. De même, la conférence – sponsorisée par Bases et Netsources – sur “L’évolution des outils de recherche sur Internet - regards sur l’actualité récente” compte parmi celles qui ont rencontré le plus grand succès. On peut donc penser qu’un affichage – ou une composante de l’affichage – et un contenu du salon plus orientés vers Internet permettraient d’amé-liorer la visibilité de la manifestation et de faire venir des visiteurs supplémentaires. REPENSER LE CONGRES ?Si l’on fait exception d’une année pendant la bulle Internet, la tendance du congrès depuis plusieurs années, sur le plan de la participation, est à la baisse. Comme on l’a dit, les budgets temps et argent des participants potentiels sont, d’une façon générale, plus limités. De plus, les manifestations concurrentes sont de plus en plus nombreuses, ne serait-ce que celles organisées ... par les associations partenaires. On peut se demander si organiser autant de sessions – il y en avait plusieurs en parallèle – pendant les trois jours est encore d’actualité. Ne vaudrait-il pas mieux investir plus de temps pour monter des conférences originales et/ou sur des sujets vraiment porteurs, en nombre plus limité et susceptibles d’attirer un public plus large ? Une autre question dont on peu débattre est le modèle économique de la manifestation. Dans certaines salons, les conférences sont en nombre limité et sont gratuites. Elles sont là pour attirer du monde à l’exposition. Sans vouloir trop généraliser, on notera que la conférence gratuite sur l’information territoriale a attiré un public particulièrement nombreux. Cette réflexion ne doit pas épargner la délicate question de l’articulation entre congrès et exposition. Si, en effet, les conférences attirent peut-être un public qui ne viendrait pas autrement, les exposants considèrent aussi que les personnes qui viennent ne peuvent à la fois assister aux conférences et visiter les stands. Une réduction ou une adaptation des conférences pourrait peut-être inciter davantage les congressistes à fréquenter l’exposition. On notera aussi, en le regrettant, que la synergie entre le congrès en anglais organisé par InformationToday et l’exposition a été extrêmement faible, en partie sans doute en raison des problèmes de langue... Parmi les autres questions à l’ordre du jour, on évoquera aussi la réduction de la manifestation – demandée par certains exposants – à deux jours au lieu de trois, ou encore son changement éventuel de calendrier, le mois de juin, juste avant les vacances, n’étant pas considéré par touss comme la période idéale. Cela conduit aussi à la question d’une fusion éventuelle avec d’autres manifestations, comme le KM Forum, racheté récemment par Spat, l’organisateur d’i-expo ou les journées de la Geide (il y avait cette année à i-expo un village du document numérique organisé par l’Aproged, qui est justement l’organisateur du 11ème forum de la Geide, qui doit se tenir du 19 au 21 octobre 2004 au Cnit). La prochaine édition d’i-expo est prévue du 7 au 9 juin 2005, toujours au Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris. Les changements éventuels de calendrier n’interviendront certainement pas avant l’édition 2006, compte-tenu de la durée des négociations éventuelles et des préavis nécessaires en matière de location d’espace. |
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