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Netsources, Numéro de Janvier-Février 2003 - n°42 Répertoires sélectifs au fil du Web |
Auteur : Madeleine Wollf-Terroine |
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La société Search Engine Watch, une référence internationale en
matière d’analyse et de suivi des moteurs de recherche, a publié
dans le numéro de janvier de sa newsletter une série d’articles au
titre provoquant et volontairement à contre-courant.
Considérons-les plutôt comme un rappel à la raison. En date du 15 janvier en effet, ce journal, parangon du Web, nous rappelle quoi ? Les “bonnes vieilles” bases de données, et en quels termes : “Un mythe persistant dit que vous pouvez Tout trouver sur le Web. C’est bien loin de la réalité”. Heureusement, poursuit Search Engine Watch, “une profusion de banques de données existe, qui sont souvent de qualité bien supérieure à ce que vous pouvez trouver (ou ne pouvez pas trouver) sur le Web. De très nombreuses personnes considérent que faire une recherche ou chercher une réponse à une question implique d’aller simplement auprès d’un moteur de recherche, de saisir un ou quelques mots-clés, en espérant avoir en retour quelque chose de pertinent. Indiscutablement, le Web est une incroyable ressource, mais ce n’est pas un lieu où l’on trouve une réponse à toutes les questions”. Et notre journal, rappelons-le consacré au Web, vante les “public libraries”, grâce auxquelles on peut accéder gratuitement à de nombreuses bases de données : presse, biographies… ajoutant “ces bases contiennent une grande quantité de matériel auquel vous n’aurez jamais accès en utilisant un moteur de recherche”. Plus importante encore est la phrase finale : “que le prix élevé des services d’information à valeur ajoutée tels que Lexis Nexis, Dialog et Fac Espérons que ces considérations de bon sens seront lues par tous ceux que nous remarquons tous les jours, dans les listes de discussions, qui demandent qu’on leur signale des sites où trouver l’information qu’ils recherchent ... mais il faut que cela soit gratuit. Beaucoup semblent d’ailleurs ignorer jusqu’à l’existence des grandes banques de données. Seule consolation : cet article s’adresse d’abord aux anglo-saxons, censés pourtant être pionniers en matière d’information électronique. Ce que nous observons et déplorons chez nous n’est donc pas réservé à la “vieille Europe”. Continuant sur sa lancée, SearchEngine dans son numéro suivant vante la valeur des répertoires et annuaires non commerciaux présents sur le Web. Bien évidemment, il cite l’Open Directory connu de tous les lecteurs de Netsources, mais aussi RDN (rdn.ac.uk), le répertoire réalisé par le gouvernement et le ministère de l’éducation du Royaume-Uni, et EEVL (eevl.ac.uk), le portail britannique des sciences de l’ingénieur. Moins connus en revanche sont les répertoires sélectifs suivants. - Librarians’ Index to the Internet (www.lii.org)Ce répertoire, qui a débuté en 1990 à Berkeley, contient aujourd’hui la description de 11 000 sites, accessibles par catégories (avec de nombreuses subdivisions), ou par mots-clés (avec des possibilités de recherche avancée : et, ou, sauf, choix des champs, troncature).Chaque entrée contient une description de plusieurs lignes, précise l’organisme gestionnaire du site, et donne l’URL complète. Chaque semaine l’équipe éditoriale se réunit avec des volontaires pour identifier les nouvelles ressources du Web et rédiger un projet de description. Un éditeur le revoit pour vérifier que cela correspond aux critères de sélection du site et aux standards de style. Le site est riche et bien fait, mais à orientation très américaine. - Infomine (infomine.ucr.edu)Réalisé par un réseau de bibliothèques universitaires (dont celle de l’Université de Californie), Infomine présente les mêmes caractéristiques que le répertoire précédent.Le site décrit plus de 110 000 sites, et donne pour chacun des informations détaillées comme le niveau attendu de l’utilisateur (expert, débutant…), le ou les éditeurs, les mots-clés associés, etc. Il offre quelques critères de recherche intéressants et rarement présents sur les sites Web, comme par exemple la possibilité de se limiter aux sites gratuits ou payants, de ne prendre que les sites sélectionnés et commentés par des experts ou de faire jouer un robot : ainsi, une recherche sur Linux passe de 52 sites choisis par un expert à 213 ressources signalées par un robot. Là encore, on perçoit une orientation américaine, mais moins exclusive que dans le site précédent. - The Internet Public Library (www.ipl.org)The Internet Public Library est réalisé à l’université du Michigan avec un programme ambitieux : “finding, evaluating, selecting, describing and creating information resources and assistance to individuals”.Outre ses 20 000 entrées commentées, ses excellents conseils gradués pour tous ceux qui veulent faire une recherche sur le Web, il présente toute une série de special collections comme Associations on the Net, un Reference center avec entre autres Telephone & Address, Biographies, Dictionnaries, Quotations, Calculation and conversion tools (particulièrement intéressant). A cela s’ajoutent environ 20 000 livres numérisés, avec même des auteurs français, Racine, Fontenelle, Pasteur ou Claude Bernard. Academic Info (www.academicinfo.net)Réalisé à Seattle, Academic Info est lui aussi à visée éducative, mais tout aussi général. Il est bien précisé qu’il indique de préférence des sites anglophones ; mais ceci ne signifie pas anglo-saxons. Un test fait sur la sociologie nous a orienté aussi bien vers “Baudrillard on the Web” que vers le Robert-Kock Institute à Berlin, ou le site de Frédéric d’Astous du réseau Francophone de Sociologie.Quelle que soit la catégorie explorée, la liste des sites présentés débute toujours par un site aisé à consulter et à comprendre, avant d’aborder les autres sites plus complexes ou plus spécialisés. Comme dans les répertoires précédents, tous les sites présentés sont commentés. De plus, dans des sous-catégories, indépendamment des liens, divers types d’informations sont offerts sur le thème exploré : par exemple, les organismes et associations concernés, les bibliothèques (y compris des bibliothèques hors Etats-Unis), les études récentes, les livres numérisés… On trouve donc là encore sur ce site quantité de “tuyaux” intéressants. Un défaut agaçant : il vous invite à chaque subdivision – et elles sont nombreuses – à devenir, moyennant 100 ou 250 $, sponsor de la page, le lien avec la carte de crédit étant présent sur l’écran ! Cela doit vous donner le plaisir de voir votre nom écrit sur la page d’écran ! The Online Books Page (digital.library.upenn.edu/books)Toujours dans la même veine, sous le titre accrocheur “What if Amazon were free ?”, Search Engine Watch signale un site peu connu en France, The Search Online Books Page.Réalisé à l’université de Pennsylvanie, c’est un répertoire de sites offrant un libre accès à des livres numérisés. Si la collection des 18 000 titres anglais n’est peut-être pas d’intérêt majeur pour nous, la partie appelée “Archives” contient dans sa section Foreign Language un répertoire de tous les sites rassemblant les collections de livres numérisés dans plus de 30 langues, allant de notre Gallica à la Bibliotheca Augustana à Augsbourg. On peut y trouver des textes difficilement accessibles chez nous. Une autre section des Archives présente des textes et/ou des sites classés par spécialités : Agriculture, Politique, Science… On y trouve aussi un répertoire de toute la littérature écrite par des femmes, accessible par nom d’auteur, par époque ou par pays d’origine ; pour la France, vous y trouverez Louise Labé et Mademoiselle de Seudery ou encore, pour la littérature contemporaine, Marie Ndiaye et Marguerite Duras ; ayant besoin d’informations sur cette dernière, nous avons pu constater la richesse et le sérieux de cette collection. Et pour terminer, il nous semble que l’on peut remercier Search Engine Watch d’avoir rappelé à ses lecteurs, en dépit de son titre, que tout n’est pas trouvable sur le Web, même avec le meilleur moteur de recherche. |
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