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Bases, Numéro de Octobre 2003 - n°198 Revirement stratégique pour Hoppenstedt |
Auteur : François Libmann |
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A la fin des années 90, l’éditeur d’informations sur les
entreprises allemandes Hoppenstedt avait fait sensation, en
retirant progressivement sa banque de données de tous les serveurs
sur lesquels elle était disponible.
Ces serveurs étaient fort nombreux puisqu’à l’époque, cette banque de données était un classique que l’on trouvait depuis longtemps pratiquement partout, notamment – d’après l’édition 1994 du Répertoire international des banques de données pour le marketing et les études – chez Questel, Dialog, DataStar, FTProfile, LexisNexis, Genios et GBI. Cette mesure avait été prise au moment où le développement d’Internet permettait pour la première fois à des producteurs de banques de données, de vendre leurs informations directement et facilement à leurs clients. Dans une interview à Information World Review publiée le 31 juillet 1999, Wolfgang Benscheck, alors directeur général chez Hoppenstedt pour l’information sur les sociétés, déclarait que cette décision avait été prise à l’automne 1998 pour plusieurs raisons : - l’existence d’une “barrière le plus souvent opaque” créée par les serveurs entre les producteurs de banques de données et leurs clients, dont ils ignoraient en général tout, même le nom, les empêchant de commu-niquer directement la moindre information ; cette absence de relation avec les clients a d’ailleurs empêché Hoppenstedt de leur demander leur avis sur un éventuel retrait des serveurs ; - la difficulté pour le producteur de suivre vingt versions différentes de sa base, sur dix serveurs ayant tous leur propre langage d’interrogation ; - la volonté d’assurer un meilleur service d’assistance, les services d’assistance des serveurs étant nécessairement moins “pointus” que celui du producteur, compte tenu de l’étendue de l’offre des serveurs. On notera au total que si beaucoup de producteurs ont eu la tentation de suivre l’exemple d’Hoppenstedt, assez peu l’ont fait de façon aussi brutale. Beaucoup, en revanche, ont développé leur site pour donner un accès direct à une partie de leurs clients, ou à de nouveaux clients, mais sans pour autant quitter le/les serveurs sur le(s)quel(s) ils étaient disponibles. Parmi les “petites” bases ayant quitté leur serveur, on peut citer la banque de données Coffeeline longtemps sur Dialog, spécialisée dans le café comme son nom l’indique. Elle a longtemps été disponible sur le site www.coffeeline.com, mais cette adresse affiche aujourd’hui un écran indiquant que le nom de domaine est à vendre. Une base comme Forensic Science Database a pour sa part été déchargée à cause d’un changement de format dans la production des données, les rendant incompatibles avec le format de DataStar. On citera aussi, sur DataStar, Insurance Online (INON), que son producteur – une compagnie d’assurance suisse – a décidé en 1997 de réserver à ses clients. Dans le cas particulier de ces trois bases, on peut penser que les serveurs n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour les retenir, dans la mesure où elles n’étaient sans doute pas très consultées. Le cas de Cambridge Scientific Abstracts, qui a retiré ses 19 bases de Dialog (voir BASES n°186, septembre 2002), est différent. Il s’agit là, très vraisemblablement, d’un problème entre le producteur et Dialog et non pas d’une attitude générale du produc-teur vis-à-vis des serveurs, dans la mesure où les bases de Cambridge Scientific Abstracts sont restées présentes sur STN, sauf une (ISMEC), dont la production a été arrêtée. On notera que dans un autre domaine, le Los Angeles Times et le Washington Post ne sont plus disponibles sur Dialog. Mais là encore, le fait qu’ils soient toujours présents – pour le moment du moins – sur LexisNexis et Factiva, laisse à penser qu’il s’agit d’un problème spécifique de Dialog avec certains producteurs des banques de données qu’il héberge. Ces retraits de plusieurs bases de Dialog conduisent à se demander si ce serveur a voulu modifier, d’une façon qui n’a pas été acceptée, certains termes de ses contrats avec les producteurs, ou si les producteurs ont eu des exigences nouvelles que n’a pas acceptées Dialog. Cela étant, on notera que si les reproches faits à l’époque aux serveurs sont peu ou prou d’actualité, leur légitimité et leur valeur ajoutée sont actuellement beaucoup moins mise en cause, tant par les producteurs de banques de données que par les utilisateurs. Cela explique sans doute pourquoi les nouveaux responsables d’Hoppenstedt ont décidé de revenir en arrière et de proposer à nouveau leur base sur certains serveurs. On peut penser aussi que les demandes de certains clients et anciens clients ont joué un rôle non négligeable. HOPPENSTEDT : QUELS DOCUMENTS SUR QUELS SERVEURSLes données d’Hoppenstedt se décomposent en deux parties : les informations de type annuaire, baptisées Hoppens-tedt Firmen Profile et la partie informations financières, baptisée Hoppenstedt Bilanzen. Ces informations sont aujourd’hui disponibles sur LexisNexis et le serveur allemand GBI, et une partie des données financières est disponible sur Genios, autre serveur allemand. Des négociations sont en cours avec ce dernier serveur pour le reste. Le chargement sur d’autres serveurs n’est pas envisagé, pour le moment du moins. Le service reste bien sûr disponible sur le site Web du producteur. Une version en anglais est également en projet, suite aux demandes insistantes des clients non germanophones. Sans doute peut-on dire qu’une écoute plus attentive des clients a été considérée par Hoppenstedt comme un moyen de développer son activité et l’on ne peut que s’en réjouir. Aujourd’hui, LexisNexis propose : - Hoppenstedt Firmen Profile, fichier HOPCOM, dans les bibliothèques GERMAN, BURSEF, COMPNY, EUROPE ET WORLD, qui offre des informations sur les 160 000 sociétés allemandes les plus impor-tantes, c’est-à-dire qui ont un chiffre d’affaires supérieur à un million d’euros ou plus de 20 salariés. L’ensemble de ces entreprises représente environ 80 % de la création de valeur en Allemagne. Pour chaque entreprise, on trouve les coordonnées, la date de création, un code activité, les actionnaires, les principaux dirigeants, une description de l’activité, quelques chiffres. - Hoppenstedt Bilanzen, fichier HOPBAL dans les mêmes bibliothèques, propose un “Kurzbilan”, c’est-à-dire un bilan très résumé (une vingtaine de lignes) pour près de 9 000 entreprises, dont 500 compagnies d’assurance et 1 100 établissements bancaires. D'AUTRES BASES SUR L'ALLEMAGNELexisNexis offrait déjà d’autres sources sur les entreprises allemandes : - Creditreform German Companies (fichier VVCDCO dans les bibliothèques GERMAN, BUSREF, COMPNY, EUROPE et WORLD) contient des informations sensiblement équivalentes à celles de Hoppenstedt Firmen Profile, mais pour près de 900 000 sociétés. On notera que les entreprises sont indexées avec un code activité à 5 chiffres, dont on trouve la description en allemand et en anglais dans la fiche détaillée présentant la base ; - Creditreform Bilanzdatenbank pour la version allemande (fichier CRBDDE) et Creditreform Balance Sheets pour la version anglaise (fichier CRBSGE), toutes deux dans les bibliothèques COMPNY, EUROPE, GERMAN et WORLD, proposent des éléments de bilan plus détaillés que dans Hoppenstedt Bilanzen pour près de 30 000 sociétés. - On signalera aussi la partie consacrée à l’Allemagne au sein de l’annuaire international de Dun & Bradstreet, sachant que comme il ne se trouve que dans la bibliothèque D&B (fichier DMIGER), on a de bonnes raisons de l’oublier lorsque l’on cherche des informations sur les entreprises allemandes. Plus de 4 millions de documents sont disponibles dans cette base. Ce nombre élevé comparé aux banques de données évoquées plus haut tient en particulier au fait que les différents établissements d’une société constituent des documents isolés. - Enfin, Hoover offre quelques centaines de descriptions d’entreprises allemandes (bibliothèque COMPNY fichier HVRPRO pour les Hoover Profiles et HVRCAP pour les Hoover Capsules). Outre LexisNexis, DataStar est aussi une source intéressante pour les informations sur les entreprises allemandes. Si les données d’Hoppenstedt n’y sont pas disponibles, on trouve en revanche les deux banques de données de Creditreform, l’annuaire des entreprises (DVVC) et les informations financières (COIN pour la version en anglais et FINN pour la version en allemand). Sont disponibles aussi Econovo (ECNE) et EcoRegister (ECCO), qui offrent les annonces légales obligatoires des sociétés allemandes. Comme sur LexisNexis, on trouve l’annuaire de Dun & Bradstreet (DBWG), mais aussi Kompass (KPEF pour la version avec les codes en français), qui propose des fiches pour 100 000 entreprises allemandes. On signalera enfin le fichier de Dun & Bradstreet European Financials Records, qui donne pour un prix assez élevé des informations financières sur des entreprises allemandes (le prix d’un document complet est de 116,09 FS). Cette base donne également quelques informations financières pour plus de 49 000 entreprises allemandes, sachant que le chiffre d’affaires n’est disponible que pour 18 500 d’entre elles. Si l’on est tenté, comme il est naturel, de comparer le nombre de sociétés pour lesquelles des informations financières sont disponibles, il convient de prendre en compte un paramètre qui change le classement apparent. En effet, pour de nombreuses sociétés, on ne trouve pas de bilan récent. A titre d’exemple, dans Creditreform, le dernier bilan disponible de la société Harley-Davidson GmbH est celui de 1995, et on a les informations depuis les années 1990, ce qui représente un intérêt surtout historique. Quant à ce que la société est devenue depuis, c’est le mystère total, au moins dans cette base. Si donc l’on refait la comparaison entre Hoppenstedt Bilanzen et Creditreform Balance Sheets, on obtient respectivement 42 et 0 bilans publiés en 2003, 3375 et 15 bilans publiés en 2002. La comparaison est plus délicate avec DEFR, dans la mesure où il est difficile de savoir précisément quelles sont les informations financières disponibles. Disons simplement que l’on trouve des données financières de 2003 pour 42 entreprises. La base d’Hoppenstedt est donc la mieux placée pour les bilans récents, alors que le nombre total de bilans qu’elle propose pourrait laisser penser le contraire. |
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